La résilience de Thierry Messervier

Après des années bantam difficiles qui l’ont vu se convertir momentanément comme défenseur, le gardien de but de Carignan, Thierry Messervier, n’a pas baissé les bras. Ça l’a ultimement mené dans le giron de l’Université Plymouth State, au New Hampshire.
Le hockeyeur avait toujours évolué dans les catégories élite, mais à sa première année bantam, il a frappé un mur, étant rétrogradé dans le CC.
« Pour un gars qui a toujours joué compétitif, de se faire fermer la porte au nez comme ça, c’est rough, admet Messervier. La deuxième année a été encore pire. Ça a été le dernier clou dans mon cercueil, ça ne me tentait plus du tout. »
À ce moment, il a tiré un trait sur sa carrière de gardien, mutant à la défensive.
« J’avais de bonnes performances, mais ça ne me satisfaisait pas, confie-t-il. Je me suis dit que j’allais m’amuser et que j’allais jouer à la défense. »
Cependant, le Carignanois n’était pas prêt à abandonner le côté compétitif de sitôt.
« De jouer juste comme ça, pour le fun, j’ai vu que je n’étais pas prêt à me dire que je m’en fous si on gagne ou on perd, on est juste là pour le plaisir, raconte-t-il. Ça me frustrait de voir des gars dans la chambre qui pensaient comme ça. »

Retour devant le filet

Âgé aujourd’hui de 22 ans, Messervier crédite certains de ses amis avec qui il jouait durant l’été pour son retour devant la cage.
« De ces gars-là, il y en a qui m’ont dit : “ on aimerait ça que tu viennes garder les buts avec nous dans le midget AA ”, raconte-t-il. Est-ce que je vais être assez fort ? Je ne sais pas, ça fait deux ans que je n’ai pas goalé. »
« Cette saison-là a vraiment été mon point tournant. Quand j’ai recommencé, je me suis dit je vais jouer pour avoir du fun. Mais ça a déboulé, invitations junior AAA, junior majeur », ajoute-t-il.

« Pour un gars qui a toujours joué compétitif, de se faire fermer la porte au nez comme ça, c’est rough. Ça ne me tentait plus du tout. »
– Thierry Messervier

Être gardien de but demande un état d’esprit différent de n’importe quelle autre position, affirme Thierry Messervier.
« Je l’endosse pleinement, rigole-t-il. Arrêter des rondelles à 100 milles à l’heure dans la face, il faut le faire, ce n’est pas n’importe qui qui le ferait. Prendre toute cette pression-là, ça prend une force de caractère et un calme. »

Expérience aux États-Unis

À sa première année au pays de l’oncle Sam, Thierry Messervier a aidé sa formation à conserver une fiche de 19 victoires, 6 défaites et un verdict nul. En 11 matchs, Messervier a conservé une moyenne de buts alloués de 2,24 ainsi qu’un pourcentage d’efficacité de ,911 avec les Panthers, en division 3 de la National Collegiate Athletic Association (NCAA).
Le gardien carignanois avait reçu quelques offres d’autres établissements scolaires, mais a choisi l’Université Plymouth State.
« J’ai eu des offres d’universités de division 1, mais j’aurais été troisième gardien, a expliqué Thierry Messervier. À Plymouth, ils m’ont dit qu’ils allaient me donner une chance de me prouver. »
Dans une formation composée de joueurs aux provenances hétéroclites, Messervier a rapidement créé des liens avec ses coéquipiers, malgré la barrière de la langue. Ce sont quatre Suédois, un Norvégien et des représentants de douze différents états américains qui formaient l’alignement de l’équipe new-hampshiroise.
« Les gars de l’équipe, ce sont pas seulement des coéquipiers, ce sont comme des frères, avance-t-il. On passe nos journées ensemble, sur la glace, au gym, on soupe, on se réveille ensemble. C’est plus une famille qu’une équipe. »

Honneur

Au point de vue scolaire, l’étudiant en comptabilité a aussi su se démarquer obtenant une mention d’honneur.
« J’ai été surpris parce que c’était quand même ma deuxième langue, a affirmé l’étudiant en comptabilité. Ce qui a aidé, c’est que j’ai fait deux ans au collège Dawson et il y a deux ans, dans le junior A en Ontario. »
L’an prochain, le gardien de but tentera d’obtenir le poste de partant pour les Panthers. Comme objectif futur, Messervier poursuit le rêve de pouvoir jouer professionnellement, tout en obtenant son diplôme. Il ne ferme pas la porte à devenir entraîneur un jour, lui qui a épaulé le résidant de Carignan et ancien du Canadien, Olivier Michaud.