Les écoles vérifieront l’eau prochainement

La Presse révélait récemment la présence de plomb dans l’eau de différentes écoles du grand Montréal. La Commission scolaire des Patriotes (CSP) et celle des Hautes-Rivières (CSDHR) soutiennent ne pas avoir fait ce type de vérification jusqu’à maintenant.

 

Elles devront fort probablement le faire dans un délai rapproché puisque le ministre de l’Éducation et député de Chambly, Jean-François Roberge, a soutenu que des directives seront envoyées à l’ensemble des commissions scolaires afin que toutes les fontaines d’eau de toutes les écoles soient vérifiées. Si l’une d’elles est contaminée, elle devra être condamnée. « Il n’y a aucun compromis à faire pour la sécurité des élèves », affirme-t-il. Le ministre ajoute qu’il travaillera ce dossier de concert avec le ministère de l’Environnement et celui de la Santé publique.

« Jusqu’à présent, nous n’avons pas procédé à l’analyse de l’eau dans nos établissements puisqu’aucune inquiétude n’a été soulevée dans nos milieux par rapport à la qualité de celle-ci et que nous n’avons reçu aucune demande du milieu de la santé, par le passé, de devoir faire des analyses de l’eau dans nos écoles.», mentionne-t-on à la CSP.

Du côté de la CSDHR, la présidente, Andrée Bouchard, indique que des analyses ont déjà été faites, mais il y a quelques années déjà.

À la CSP, on précise avoir reçu les indications au sujet des contrôles de la qualité de l’eau du ministre en soirée le 9 octobre. Ce dernier devrait envoyer avant le 18 octobre les outils et les méthodes adéquates pour procéder aux tests de qualité de l’eau. « Nous allons les effectuer sans tarder dans chacun de nos établissements scolaires, comme notre priorité est d’offrir un environnement sain et sécuritaire à nos élèves et à notre personnel», soutient-on à la CSP.

Bâtiments vieillissants

Le ministre explique la présence de plomb dans l’eau potable par le fait que « les infrastructures scolaires sont vieilles et il y a eu des années de négligence ». Le ministre a d’ailleurs lancé récemment un programme de rénovation des écoles qu’il appelle le « grand rattrapage ».

Santé Canada indique sur son site que « le plomb est plus susceptible d’être présent dans l’eau potable de vieilles maisons et de vieux quartiers, puisque le Code national de la plomberie du Canada considérait jadis le plomb comme un matériau acceptable dans les conduites qui alimentaient les maisons en eau, et ce, jusqu’en 1975 ».

« Il n’y a aucun compromis à faire pour la sécurité des élèves. » – Jean-François Roberge

Une sur six

Selon l’enquête menée par La Presse en collaboration avec l’Université de Montréal, une fontaine sur six contenait trop de plomb. L’évaluation a été faite dans 24 écoles primaires. La valeur recommandée par Santé Canada pour le plomb dans l’eau potable est rendue à 0,005 milligramme par litre. Elle était auparavant à 0,01 milligramme par litre.

Cette enquête faisait suite à une autre réalisée plus tôt par l’Institut national de santé publique du Québec. Celle-ci recommandait aux écoles et aux garderies de surveiller le niveau de contamination de l’eau par le plomb. Selon La Presse, à l’heure actuelle, la teneur en plomb n’est pas surveillée annuellement dans les écoles et les garderies, comme recommandé par Santé Canada.

Impact sur le QI

Santé Canada met en garde quant à l’impact sur le corps humain de la présence de plomb. Notamment, il peut « avoir des effets sur le développement neurologique et sur le comportement, par exemple une baisse du quotient intellectuel (QI) chez les enfants ».

L’organisme indique également que « boire une eau qui contient du plomb, même pendant une courte période, peut constituer un risque pour la santé ». Les enfants sont parmi les personnes les plus vulnérables, au même titre que les fœtus et les nourrissons.

De son côté, le ministère de l’Environnement indique qu’« à de faibles concentrations, il affecte surtout le système nerveux et peut entraîner des effets mineurs sur le développement intellectuel des nourrissons et des enfants de moins de 6 ans. Ces derniers sont plus vulnérables, car ils sont en pleine croissance ».

Ce ministère a mis en place un Guide d’évaluation et d’intervention relatif au suivi du plomb et du cuivre dans l’eau potable, affiché sur son site Web. L’objectif est « d’aider les responsables d’un système de distribution d’eau potable à répondre aux exigences du Règlement sur la qualité de l’eau potable, à évaluer l’ampleur du problème lorsque des résultats montrent une concentration de plomb supérieure à la norme, à repérer les entrées de service en plomb qui pourraient être présentes sur leur réseau de distribution et à mettre en place les solutions adaptées aux problèmes soulevés ».