Cinq unités touchées par une éclosion bactérienne à l'Hôpital du Haut-Richelieu

Cinq unités de soins de l’Hôpital du Haut-Richelieu sont frappées par une éclosion de ERV, des bactéries résistantes à plusieurs antibiotiques. De nombreuses mesures ont été prises par les dirigeants du centre hospitalier, dont l’interruption des visites

L’éclosion touche l’unité des soins intensifs, le 3e nord, le 5e sud, le 6e et le 7e étage. Les ERV, des entérocoques résistants à la vancomycine, font partie d’une famille de bactéries très fréquentes et présentes dans le corps humain.
«La souche qui nous préoccupe est résistante à la vancomycine [un antibiotique]», indique Dre Patricia Hudson, médecin spécialiste à la direction de santé publique de la Montérégie.
Une première série de cas a été répertoriée cet automne. La situation a évolué et est devenue «préoccupante».
Au 31 janvier, 49 cas avaient été diagnostiqués. Les autorités sanitaires parlent de 49 cas colonisés, c’est-à-dire que la bactérie est présente dans l’organisme. «Aucune infection ne s’est déclarée», précise Dre Hudson.
Elle ajoute que seuls 1 à 2 % des malades développent une infection reliée aux ERV. Ils peuvent causer des infections mineures à sévères.
Ces bactéries se retrouvent dans l’intestin, les selles et sur les parties génitales. Elles se transmettent par les mains contaminées.
La situation qui touche l’Hôpital du Haut-Richelieu n’est pas exceptionnelle. «Mais elle est d’une certaine envergure qui demande une attention soutenue», répond Dr Hudson.  
Mesures
De nombreuses mesures ont été mises en place pour enrayer l’éclosion de ERV. «On veut réduire la transmission et éviter d’avoir de nouveaux porteurs. Le but est d’agir avant qu’il y ait transmission», enchaîne la médecin spécialiste.
Tous les patients diagnostiqués sont concentrés sur une même unité d’hospitalisation pour éviter la transmission.
Tous ceux qui ont été hospitalisés à proximité de ces usagers sont placés en isolement préventif. Des tests de dépistage sont également effectués. Les déplacements des patients d’un étage à l’autre sont limités.
Désinfection
«Une grande désinfection des unités [touchées] a été faite», ajoute Nathalie Bérard, directrice adjointe à la direction des services professionnels au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Centre (CISSSMC).
L’urgence et la radiologie, qui accueillent bon nombre de patients, ont également été désinfectées.
D’autres désinfections à grande échelle pourraient survenir s’il y a encore des signes de contamination.
Entre temps, l’équipe en hygiène et salubrité désinfecte plusieurs fois par jour les aires communes, dont les comptoirs, les rampes et les poignées de porte pour réduire les risques de transmission.
Visites interdites
Depuis le 2 février, une interdiction des visites touche l’ensemble des départements, à l’exception de la natalité (5e sud) et de la psychiatrie (4e nord). Seules les visites de personnes significatives aidantes demeurent permises.
Cette mesure est en vigueur jusqu’à nouvel ordre. La restriction des visites sera levée quand «on va réaliser qu’on est en contrôle de la contamination, enchaîne Mme Bérard. On espère que ce sera le plus rapidement possible.»
Des 49 cas recensés, plusieurs ont obtenu leur congé de l’hôpital. Ils n’ont pas reçu de consignes spéciales à appliquer à la maison. «On essaie de diminuer la transmission dans le milieu de soins. Il y a une note au dossier», précise Nathalie Bérard. Si la personne revient à l’hôpital, elle sera automatiquement placée en isolement dès sa réadmission.
Il faut trois semaines consécutives sans nouveau cas de ERV pour lever une éclosion dans une unité de soins. Entre le 5 et le 9 février, deux patients ont été diagnostiqués aux ERV.
C. difficile
Parallèment à l’éclosion de ERV, deux cas de Clostridium difficile (C. difficile) ont été diagnostiqués au 6e nord en peu de temps. Une grande désinfection a été faite sur cet étage.