Une résidante de Chambly se rappelle de Mangkhut

L’ouragan Michael qui a frappé une partie de la Floride de mercredi à jeudi, avant d’être rétrogradé en tempête tropicale a rappelé bien des souvenirs à Jacinthe Dion. Cette résidante de Chambly étudiante à Hong Kong lors du passage du super typhon Mangkhut en septembre raconte au Journal de Chambly comment on subit ce genre d’intempéries. Rappelons que Mongkhut, après avoir semé le chaos à Hong Kong où il a fait plus de 200 blessés, a frappé le nord des Philippines où au moins 59 personnes ont péri.
 

Après le typhon Mangkhut que vous avez subi et l’ouragan qui a frappé les États-Unis, est-ce que vous portez une attention plus grande aux phénomènes climatiques?

Je continue de bien suivre l’observatoire de Hong Kong. J’ai téléchargé une application et je reçois des notifications. De plus, je quitte pour le Japon aujourd’hui (jeudi) et je m’assure de suivre les nouvelles pour les typhons là-bas aussi.

Quand avez-vous appris que vous alliez subir le typhon du 16 septembre ?

Au début de la semaine avant le passage du typhon, le mot se passait. J’avais aussi entendu dire par certains élèves que les professeurs l’abordaient en classe. Ma première vraie exposition à la réalité de ce qui s’en venait a été trois jours avant dans un de mes cours. Mon professeur a pris le premier 20 minutes de classe pour nous en parler (expliquer le sérieux de la situation, les précautions à prendre, où se tenir au courant, quoi faire comme préparation avant, comment réagir pendant, etc.). Il trouvait important de prendre ce temps comme nous étions beaucoup d’élèves d’échanges dans ma classe et que c’était un des typhons les plus importants que Hong Kong allait connaître depuis un bon moment.

Pouvez-nous nous expliquer ce que vous avez vu avant, pendant et après ? 

Avant : les gens “tape” leurs fenêtres, beaucoup de gens à l’épicerie, mais sinon, quand même normal sauf que les nouvelles ne parlent que de ça. Les deux jours avant le typhon deux grosses journées ensoleillées de chaleur. Il y a eu des alertes de chaleur, car il faisait tellement chaud à cause que le typhon s’en venait. Il faisait plus de 40 et l’humidité était comme à 80 %. Pendant : beaucoup beaucoup beaucoup de vent, de la pluie de la pluie et de la pluie. Beaucoup de sirènes de pompiers et d’ambulances. Le vent sifflait. Un arbre est tombé dans mon entrée alors il y avait des gros boom un peu partout ou des crics crocs d’arbres qui tombent ou fendent. Je demeure au quatrième étage d’un édifice à six étages et j’ai un balcon. Nous sommes sortis et il y avait plein de débris partout dans les airs qui volaient avec des feuilles. Il pleuvait tellement que la pluie tournait avec le vent. Nous n’avons pas perdu d’électricité. Ma coloc a décidé de sortir pas longtemps dehors pour aller voir (ce qui était contre indiqué, mais elle était trop curieuse). Le bref moment qu’elle est sortie, elle m’a appelée en panique, car plein de débris volaient et descendaient la côte dans sa direction. Elle a dû se cacher sous un banc. Il y avait un arbre aussi de tomber en plein milieu. Après : déjà le lendemain les gens étaient au travail pour rétablir la circulation. L’importance était mise pour éclairer les grosses artères. Il y avait des arbres de déracinés. Des arbres et des pancartes tombés. Plusieurs jours après, ma rue plus résidentielle n’était toujours pas nettoyée. Quelques gens dans mon édifice ont de l’eau qui a coulé à travers leurs fenêtres. Moi j’ai un robinet sur mon balcon qui a fait une crac dans le mur. Je suis allée à la plage aujourd’hui et il y a eu beaucoup d’inondation dans ces places de la ville alors il y a maintenant des montagnes de sable. Sur le bord de l’eau, beaucoup d’arbres aussi sont cassés, les dommages sont encore plus apparents. Ça va prendre un peu de temps tout nettoyer je crois.

Êtes-vous bloqué à Hong Kong en ce moment ou l’aéroport est-il réouvert ?

Non pas du tout dans le sens où je demeure à Hong Kong pour une session universitaire. Je suis arrivée en août et je repars à la fin décembre. Il est vrai que beaucoup de gens sont restés coincés à Hong Kong ou à l’aéroport.

La Ville de Hong Kong s¹était-elle préparée à recevoir autant de précipitation?

Oui, elle envisageait qu’il allait y avoir beaucoup de pluie. Un petit village de pêcheurs sur le bord de l’eau a été évacué.

Comment vous vous êtes préparées pour affronter les intempéries? Vous logiez où ?

Je demeurais dans mon appartement du samedi soir 15 septembre jusqu’au lundi matin 17 septembre. Dans mon appartement nous étions trois: ma colocataire, moi-même et ma meilleure amie qui fait le même échange que moi (étudiante en droit à McGill aussi). Pour les préparations, nous avons rationné de la nourriture (repas à faire avec et sans électricité comme des dumplings, des pâtes, des beans et des pois chiches, du thon, des légumes, des fruits et beaucoup de pain). Nous avons aussi acheté de l’eau, car nous ne pouvions pas boire de l’eau du robinet ici. Nous avons “tapé” les fenêtres de l’appartement aussi comme on avait dit de le faire. Nous portions attention aux nouvelles du HK Observatory, car aussitôt qu’une alerte T8 allait être émise, nous devions nous revenir chez moi parce qu’après deux heures environ, le transport commun arrête.