Yves-François Blanchet : candidat du Bloc québécois dans Beloeil-Chambly

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Par Jean-Christophe Noël
Yves-François Blanchet : candidat du Bloc québécois dans Beloeil-Chambly
Yves-François Blanchet, de passage à Chambly. (Photo : Chloé-Anne Touma)

Le Journal de Chambly s’est entretenu avec Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois et député sortant de la circonscription Beloeil-Chambly.

Veuillez vous présenter et résumer votre parcours.

En 2008, je me suis lancé officiellement en politique active en étant élu député de la circonscription de Drummond à l’Assemblée nationale du Québec. J’ai alors exercé la fonction de porte-parole de l’opposition officielle en matière d’aide financière aux études, de jeunesse et d’affaires étudiantes, de culture et de communications, d’immigration, de communautés culturelles et de langue. Réélu député de la circonscription de Johnson aux élections générales de septembre 2012, j’ai occupé au sein du gouvernement Marois les postes de ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs et de ministre responsable des régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

J’ai été élu chef du Bloc Québécois en janvier 2019. Je n’avais alors que neuf mois pour préparer mon parti à l’élection fédérale du 21 octobre 2019. Mon approche est simple : si c’est bon pour le Québec, le Bloc appuie; si c’est mauvais pour le Québec, le Bloc combat.

Sous ma gouverne, le Bloc Québécois a eu comme priorité les aînés, l’économie des régions, la protection de la langue française, le soutien du personnel soignant et le financement des soins de santé au Québec, l’agriculture, l’environnement et le respect des choix et des lois de l’Assemblée nationale.

Quels enjeux environnementaux et agricoles retiennent votre attention?

Pour l’instant, la volonté d’une transition verte dans le milieu agricole vient de fonctionnaires à Ottawa pour qui tout ce qu’il y a d’agricole dans leur vie, c’est une petite plante que tante Germaine leur a donnée sur le coin du bureau. Ici, l’Union des producteurs agricoles (UPA) veut faire le virage sur les bandes riveraines, les pesticides ainsi que sur les pratiques agricoles en général. Le milieu agricole canadien a dit qu’il embarquait avec l’UPA. L’idée, c’est d’en faire la promotion auprès du gouvernement. L’enjeu des bandes riveraines réduisant la dimension des terres, on l’a soulevé depuis longtemps. Ça donne une pression financière aux entreprises. Récemment, ce qui est apparu, c’est l’enjeu des pesticides. Là où il y a un danger, c’est si le gouvernement remet ça à l’année prochaine dans l’espoir de revenir avec la hausse des seuils en étant majoritaire, c’est que les produits étrangers moins sécuritaires entrent à rabais sur le territoire canadien. Cela créerait une concurrence que les agriculteurs du Québec et du Canada peuvent difficilement absorber.

Autre chose à protéger, c’est la loi C-208 permettant de faciliter la transition des entreprises à l’intérieur d’une même famille. C’est extrêmement important pour la relève agricole. La loi ne vient pas du Bloc, mais le Bloc l’a largement soutenue. Ça a été adopté par le Parlement, mais les libéraux étaient contre. Étant minoritaires, ils ont perdu. Advenant un gouvernement majoritaire, on comprend que c’est un enjeu sur lequel le gouvernement fédéral va tirer la plug.

Où vous situez-vous par rapport à l’immigration?

Pour l’immigration humanitaire, soit le regroupement des familles, Québec a demandé d’avoir le contrôle pour le faire de façon plus cohérente. Il y a également l’immigration économique, qui relève déjà essentiellement du Québec. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, non seulement l’immigration économique prend une importance singulière, mais l’immigration économique et humanitaire se regroupent en ce sens que quelqu’un qui est accueilli au Québec pour des raisons humanitaires devra se trouver une job, se franciser et, éventuellement, vouloir son statut de résidant permanent. Le Québec demande à centraliser ce type d’enjeu d’immigration sous la juridiction du gouvernement du Québec. La seule partie de l’immigration qui devrait rester au fédéral momentanément, c’est l’analyse des dossiers de sécurité des candidats à l’immigration. Le problème que ça pose, c’est que 80 % des demandes de permis de séjour pour étudier ici venant d’Afrique sont refusées, prétendument parce qu’ils ne sont pas sûrs qu’ils repartiront, pour des enjeux de sécurité. C’est grave, car l’immigration étudiante francophone est la plus belle immigration que l’on puisse avoir au Québec. Ces gens sont jeunes, vont se former au Québec et possiblement fonder une famille au Québec : francisés et hautement scolarisés.

Quels sont vos engagements en matière d’économie locale?

On a fait la campagne en parlant aux petites et moyennes entreprises et d’entrepreneuriat, particulièrement importantes dans la circonscription de Beloeil-Chambly. On a parlé d’une aide qui pouvait être modifiée pour les petites entreprises indépendantes locales, en particulier les commerces qui vivent des moments difficiles et qui ne sont pas nécessairement rétablis en cette fin d’été où les programmes vont finir. Quand ceux-ci vont se terminer, il y a des entreprises qui risquent de tomber. Si elles tombent, c’est le visage du centre-ville de Chambly qui s’en trouvera défiguré. Je maintiens que la meilleure formule, c’est un programme de crédits d’impôt aux frais fixes pour les entreprises qui se qualifient à cause de la pandémie.
En matière de relance économique en pandémie, quelle est votre position sur la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE)?

Je suis assez content de la subvention salariale comme telle, car elle a bien fonctionné et on a joué un rôle important pour qu’elle soit mise en place. Maintenant, pour la PCRE, j’ai fait le tour des régions du Québec. Partout, les milieux économiques et municipaux demandent d’arrêter ce programme. Je les comprends. Je pense qu’il faut avoir une réflexion sur la suspension du programme. Puisqu’on est au début peut-être d’une quatrième vague, on pourrait en avoir de nouveau besoin. Mais pour l’instant, il était fait pour remplacer le pouvoir d’achat de gens qui ne pouvaient plus travailler. Or, il n’existe plus de gens, à de très rares exceptions près, qui ne peuvent pas travailler. Le programme n’est donc plus nécessaire comme il l’était. Le premier ministre, pour plaire je crois à la clientèle du NPD, prolonge le programme plutôt que de le suspendre.

Comment la pandémie a-t-elle affecté le contact entre les électeurs et vous?

Les gens viennent vers nous, nous tendent la main, et refuser de donner la main à ceux qui nous approchent, ce n’est pas le fun, mais c’est la rigueur que les circonstances nous imposent.

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