Volés par « une amie »

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Volés par « une amie »
La famille Beauregard-Farley, victime du vol commis par l’une de ses employés. (Photo : archives)

Une ancienne employée des Beauregard-Farley, importante famille d’agriculteurs propriétaire du Potager Mont-Rouge et de la Halte gourmande à Rougemont, a reconnu leur avoir volé 12 000 $ alors qu’elle travaillait chez eux.

C’est au palais de justice de Saint-Hyacinthe que Marielle Farley et son fils Philippe Beauregard ont entendu le plaidoyer de Diane Turcot, employée par eux de 2014 à 2019. La Rougemontoise de 58 ans était femme de ménage pour Mme Farley et son époux, Robert Beauregard, et cuisinait pour la Halte gourmande. Elle a reconnu avoir volé un montant de 12 000 $ entre le 1er janvier et le 6 août 2019, qu’elle devra rembourser à la famille d’agriculteurs, qui la considérait comme une amie de longue date. « Mme Turcot a reconnu un certain montant dans le cadre d’une suggestion commune d’absolution conditionnelle, qui a été délibérée entre moi et le procureur, Me Cimon Sénécal, qui s’occupait du dossier », a indiqué son avocate, Me Anne Tétreault, au journal. « En obtenant cette absolution, madame sera ainsi réputée au Canada pour ne pas avoir d’antécédents judiciaires. Le dossier est maintenant clos au criminel, mais une poursuite suit son cours au civil. »

« Nous avons vu sur les images comment Mme Turcot s’y prenait. Elle ouvrait le coffre sans même avoir besoin de la clé. » – Marielle Farley

L’éveil des soupçons

Marielle Farley et Robert Beauregard avaient pour habitude de placer les revenus hebdomadaires de leurs entreprises dans un coffre-fort situé dans leur chambre et dont la clé était cachée. Des sommes divisées en enveloppes d’environ 2000 $ étaient déposées une fois par semaine à la banque. C’est en juillet 2019 qu’ils se sont aperçus qu’il manquait de l’argent dans le coffre-fort, et qu’un montant équivalant à deux enveloppes avait été subtilisé en une seule journée, laissant croire à un vol.

Prise la main dans le coffre

Leur fils, Philippe Beauregard, a alors eu l’idée de faire installer des caméras de surveillance afin de confirmer les soupçons éveillés. Le 5 août 2019, Mme Turcot s’est rendue à la résidence, prétextant vouloir faire le ménage. C’est là que M. Beauregard l’a vue fouiller dans le coffre-fort, grâce aux images captées par les caméras du système de surveillance. Aussitôt confrontée par ses employeurs, elle a admis avoir volé un montant de 215 $, mais l’enquête policière révélera qu’un vol bien plus important a été perpétré au fil du temps.

« Notre terrain est grand. On a le potager, on a la Halte, mais elle connaissait nos allées et venues », nous explique Mme Farley. « Elle savait quand elle pouvait venir. Et là, je ne souhaite pas donner des trucs aux voleurs, mais avec Internet, il n’est pas difficile de trouver comment forcer un coffre-fort. Nous avons vu sur les images comment Mme Turcot s’y prenait. Elle ouvrait le coffre sans même avoir besoin de la clé. On ne savait pas que c’était possible. On a alors voulu l’essayer par nous-mêmes et on était stupéfaits. »

Une leçon

« C’est l’histoire d’un vol commis par une employée dans une entreprise agricole. Nous ne sommes pas fiers d’en parler. Ce n’est évidemment pas comme ça que l’on aime se faire connaître, mais je pense qu’il est important de mettre les entrepreneurs, surtout les jeunes, en garde contre ce type de situation qui peut arriver à n’importe qui qui croit son argent à l’abri. Pour nous, c’est une leçon. On ne procède plus de la même façon depuis. C’est une méchante leçon pour nos enfants. C’est important d’avoir des personnes de confiance auprès de soi, mais il faut tout de même rester méfiant et prendre certaines précautions », d’observer Mme Farley. « Avec la pandémie, les gens paient de plus en plus par carte, et c’est aussi une protection pour nous, car ça nous évite d’avoir à nous inquiéter de mettre nos sous en lieu sûr. »

Un bris de confiance qui fait mal

Mme Farley raconte s’être sentie « trahie » par celle qu’elle considérait comme une amie. « On est proches de nos employés, vu le nombre d’heures que l’on passe ensemble. C’est compliqué lorsqu’on a des soupçons, parce que l’on ne veut pas accuser notre personnel. C’est gros d’accuser quelqu’un, et on peut se tromper. En plus, nos deux familles étant de Rougemont, nos enfants ont grandi ensemble. Elle et moi passions beaucoup de temps à nous parler, à nous conter des histoires. On était plus proches que la moyenne des gens. »

Une plainte contre une poursuite

La famille, qui poursuit Mme Turcot au civil, estime qu’un montant supérieur lui a été dérobé. « On parle d’un montant de 40 000 $. » Il ne s’agit toutefois que d’une allégation pour l’instant. Questionnée quant à une plainte en normes du travail que Mme Turcot aurait déposée contre ses ex-employeurs pour des vacances impayées, Mme Farley répond que « C’est vrai que je ne lui ai pas payé ses derniers jours de vacances. Je me suis gardée une petite gêne sur ses dernières paies. On venait d’apprendre qu’elle nous volait ». Me Tétreault indique qu’elle a recommandé à sa cliente, Mme Turcot, de ne pas faire de déclaration « tant et aussi longtemps que le dossier civil, ainsi que celui du litige en vertu de la loi sur les normes du travail, ne seront pas clos ».

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