Vivre à l’église : un semblant de vie normale

Par Annabelle Baillargeon
Vivre à l’église : un semblant de vie normale

RÉFUGIÉS. Réfugiée depuis un an au sous-sol de l’église de Rougemont, la famille Turk a transformé la pièce, qui a pris les allures d’un petit appartement, muni d’électroménagers et d’un ameublement modeste, afin d’y vivre le plus normalement possible.

Ceylan Turk a installé le sous-sol de l’église de façon à mieux vivre. Elle peut maintenant cuisiner des repas et faire la lessive. La famille est également branchée à Internet et a aussi une télévision pour se divertir. Le bain et la douche manquaient toutefois au confort des Turk.

Depuis la levée du mandat d’arrestation qui pesait contre la famille, en juillet dernier, Kamber Turk amasse quelques sous pour sa famille au restaurant Koro Pizza à Rougemont, où il donne un coup de main à son frère, Fevzi, propriétaire de l’établissement.

Son épouse pourra aussi reprendre le travail et leurs fillettes poursuivront leurs études sans crainte, grâce à leur nouveau permis de résidence temporaire.

La famille se mettra donc à la recherche d’un logement, elle qui était hébergée par le curé depuis le 23 janvier 2015.

Une longue saga

Ayant essuyé un refus de sa demande de statut de réfugié à la suite à un resserrement de la loi sur l’octroi de ces statuts en 2012, la famille avait entrepris différentes démarches pour éviter de quitter le Canada. Le statut de réfugié avait pourtant été accordé aux frères de Kamber, arrivés à Rougemont quelques années auparavant.

La Commission de l’immigration et du statut de réfugié avait signifié que la menace en Turquie a déjà été présente, mais qu’elle n’était plus vive aujourd’hui. Un avis du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés abondait dans le même sens.

La famille Turk avait donc eu ordre le 23 janvier 2015 de quitter le pays, après y avoir résidé quatre ans. Le curé de l’époque, Gérald Ouellette, avait alors pris la famille sous son aile, leur accordant le droit d’asile. L’église de Rougemont était alors devenue un sanctuaire pour la famille, qui a également bénéficié du support de la communauté.

Après la levée du mandat d’arrestation contre elle par les agents frontaliers, le 23 juillet, la famille avait tenté une ultime demande d’examen des risques avant renvoi (ERAR). Cette saga s’est donc conclue grâce au pouvoir discrétionnaire du ministre John McCallum, qui a permis l’octroi d’un permis de résidence temporaire d’une durée de deux ans.

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