Violence verbale envers les femmes: « le web complique la lutte »

Violence verbale envers les femmes: « le web complique la lutte »

RÉACTIONS. La venue du blogueur Roosh V., un antiféministe qui fait la promotion du viol, à Montréal et le phénomène FHRITP* qui consiste à vulgairement apostropher des journalistes féminines en ondes sèment l’ire d’organismes venant en aide aux femmes de

La directrice du centre de femmes Ainsi soit-elle, Josée Daigle, n’en revient tout simplement pas que Roosh V. ait réussi à mettre les pieds au pays et à donner sa conférence. «Tout citoyen qui a du bon sens devrait trouver ça aberrant», affirme-t-elle.

Ce qui inquiète par-dessus tout Mme Daigle, c’est que le blogueur américain, Daryush Valizadeh de son vrai nom, semble bien avoir  des adeptes au pays. «Avec le web, on peut faire de la propagande et ça complique la lutte. Le web nourrit les pensées malsaines», soutient-elle.

Rappelons que la semaine dernière, le blogueur a réussi à trouver une nouvelle salle pour tenir sa conférence, même si l’hôtel où il devait d’abord se rendre à annuler sa réservation, devant l’ampleur de la controverse.

Concernant le phénomène FHRITP*, la directrice de l’organisme croit que les hommes qui s’en prennent aux journalistes télévisées profitent maintenant d’une nouvelle tribune.

«Avant, la violence se retrouvait seulement dans la sphère privée comme la famille, alors que maintenant, elle est publique. Certains hommes ne se gênent pas pour violenter les femmes en public», indique-t-elle.

Selon Mme Daigle, afin de contrer ce phénomènele Canada devrait disposer de lois pour empêcher des individus comme Roosh V. de venir au pays. Elle soutient aussi que les peines devraient être plus sévères pour les hommes qui font la promotion de la violence envers les femmes.

Pour la directrice de ce centre de femmes, la clé du succès pour lutter contre la violence est l’éducation. «L’important, c’est de dénoncer et l’éducation permet d’identifier la violence pour pouvoir la dénoncer», déclare-t-elle.

Outiller les femmes

Hélène Langevin, directrice générale de la Maison Simonne-Monet-Chartrand, un lieu d’hébergement pour les femmes victimes de violence, partage la même vision concernant l’importance de l’éducation.

«Nous voulons faire comprendre aux femmes qu’elles n’ont pas à accepter la violence et qu’elles ne doivent pas non plus l’utiliser», explique-t-elle.

Mme Langevin précise que le but n’est pas de dire aux femmes quoi faire, mais de leur montrer l’impact des choix qu’elles font, notamment en ce qui concerne les situations auxquelles elles s’exposent.

«Le monde se change une personne à la fois, alors c’est pourquoi nous influençons les femmes que nous accueillons pour qu’elles puissent le faire à leur tour. C’est notre contribution à un monde sans violence», conclut-elle.

*Phénomène FHRITP: «F*ck her right in the p*ssy». Traduction libre : «F*urre-la dans la “pl*tte”»

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