Villa Belle Rivière : un combat pour « tous les OBNL »

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Par Chloé-Anne Touma (Initiative de journalisme local)
Villa Belle Rivière : un combat pour « tous les OBNL »
Les locataires de Villa Belle Rivière gardent espoir de sauver l’OBNL. (Photo : Les locataires de Villa Belle Rivière gardent espoir de sauver l’OBNL.)

Les locataires de Villa Belle Rivière, à Richelieu, espèrent toujours que des négociations sauvent leur OBNL de la dissolution.

Le 25 avril dernier, le député de Beloeil-Chambly, Yves-François Blanchet, rendait visite aux locataires pour « discuter de la situation inquiétante à la suite de la vente des deux immeubles (de Villa Belle Rivière) à des intérêts privés ». Si la rencontre était somme toute « positive » selon la porte-parole des locataires, Sylvie Adam, elle rappelle que le gros du travail reste à mener.

Le soutien moral avant les actions

« Nous avons encore d’autres rencontres à venir avec les avocats et les administratrices. La rencontre avec M. Blanchet s’est bien déroulée, c’était positif, mais c’était surtout de l’encouragement. Il ne peut hélas pas faire annuler la vente, puisqu’un jugement a été rendu. » Mme Adam explique qu’il y aurait toutefois moyen de faire reconnaître un préjudice réparable, mais pas sans que des poursuites soient engagées contre les administratrices de Villa Belle Rivière. « Nous ne sommes pas prêts à nous y rendre et préférons passer par l’étape d’une négociation. Mais si nous n’avons pas le choix, nous envisagerons la poursuite. » 

« Notre mission est de protéger tous les OBNL, pas seulement le nôtre! » – Sylvie Adam

Le groupe espère empêcher la dissolution de l’OBNL, quitte à concéder les bâtiments. « Au moins, la fonction de l’OBNL serait conservée et les retombées financières générées par la vente lui resteraient. »

Bien que l’enjeu quant à l’avenir de l’OBNL génère beaucoup d’attention, tant de la part des médias que de certains élus, Mme Adam y voit davantage de forme que de contenu et aimerait que des actions concrètes soient mises de l’avant. « Il y a toujours eu du monde pour s’y intéresser. On sait que l’on a le soutien moral des élus, même lorsqu’ils ne se manifestent pas. Et on sait que
M. Blanchet continue de faire des démarches de son côté pour tenter de comprendre. Mais le problème, c’est qu’au niveau des pouvoirs, les gens qui semblent être le plus à même de nous défendre sont démunis en termes d’autorité quant à ce dossier. Et puis, judiciairement, on ne peut reprocher à l’acheteur d’être de mauvaise foi, puisqu’il est de bonne foi. Or, nous, c’est la mission de l’OBNL que l’on veut sauver! » 

Pour Mme Adam et ceux qu’elle représente, « La mission va au-delà de Villa Belle Rivière. Si jamais on ne peut la sauver, il y a encore plein d’OBNL à travers le Québec qui pourraient être menacés de dissolution, car les acteurs du développement immobilier font des recherches sur les organismes afin de savoir quand leur hypothèque arrive à échéance, ce qui rend les OBNL vulnérables. Quand on y pense, l’ensemble des OBNL pourraient être achetés par le privé et tout perdre. Ils pourraient constituer, d’ici cinq ans,  un grand parc immobilier d’une valeur de 1,4 G$. C’est là que se trouve le combat. Notre mission est de protéger tous les OBNL, pas seulement le nôtre!», suggère la porte-parole.

« C’est pour cela que nous avons demandé au gouvernement de faire adopter une loi pour protéger les OBNL, un peu dans le modèle de ce qui s’est fait pour protéger les coopératives dans les années 90. On arrive au terme de toutes les conventions qui ont été faites pour les subventions, les prêts, etc., et là, les OBNL deviennent vulnérables. »

La lutte pour le logement abordable

Mme Adam s’inquiète, tant pour les OBNL que pour les logements abordables dans la région. « À Chambly, les gens sont un peu plus chanceux qu’à Richelieu avec les projets qu’il y a en développement. N’empêche, ce ne sont pas des projets avec un loyer à prix abordable. Notre vision est celle favorable aux OBNL d’habitation à prix modéré, et ça ne s’adresse pas qu’aux personnes âgées. C’est vraiment un besoin de la communauté à tous les niveaux, que ce soit les familles ou les personnes seules qui se retrouvent en situation de crise. Il manque de logements sociaux et communautaires. Et avec la situation économique que l’on connaît actuellement, le prix des loyers augmente beaucoup plus vite que le revenu des gens. »

Si elle ne pouvait trop en dire avant les rencontres prévues à son agenda avec ses avocats, Mme Adam a promis de faire un suivi de la situation. Il n’a pas été possible d’en parler avec le député de Beloeil-Chambly, Yves-François Blanchet. Son attachée politique a répondu que M. Blanchet n’était « pas en mesure de (nous) communiquer de nouvelles informations sur ce dossier présentement », mais qu’un suivi serait fait.

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