Veillée funèbre à Chambly

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Par Frédéric Khalkhal
Veillée funèbre à Chambly
(Photo : Frédéric Khalkhal)

Plusieurs centaines de personnes ont répondu à l’appel des organisateurs d’une veillée funèbre ce soir à Chambly. Ce rassemblement voulait dénoncer la destruction par la Ville, et sans préavis, de la maison Boileau, une maison ancestrale située à proximité de l’hôtel de ville. Après la diffusion de l’émission Enquête au sujet du maire de Chambly, Denis Lavoie, le rassemblement s’est transformé en une mobilisation contre le premier magistrat de la Ville.
Réunis autour la maison Boileau, protégée par un grillage derrière lequel il ne reste plus qu’un trou béant, les citoyens réunis en famille ont traversé la rue pour se rendre sur les marches de l’hôtel de ville, chandelle à la main. Derrière eux, ils laissaient des pancartes attachées à la grille de protection montrant leur tristesse et leur colère. » Comment se couper de ses racines « ; » J’ai honte de nous « ; » Ta voie n’est pas la mienne « ; » Démocratie en deuil « ; » Un peuple sans histoire et un peuple sans avenir » sont les messages que l’on pouvait y lire.
Sur le perron de l’hôtel de ville, des représentants de partis politiques, des membres du Mouvement citoyens Chambly (MCC) et des citoyens ont pris la parole pour montrer leur déception et demander à tous, y compris aux différents conseillers (seul les deux conseillers de l’opposition étaient présent), de faire en sorte que cela change.
Un Ricardo Larrivée en colère
La dernière intervention a été celle de Ricardo Larrivée, à qui les organisateurs ont donné le micro. Ce dernier n’a pas hésité à remettre en cause la légitimité du maire de Chambly. » J’ai vécu dans cette maison avec ma sœur. C’est dans la maison Boileau où j’ai fait ma première recette, où j’ai demandé en mariage ma Brigitte « , a-t-il exprimé avec la voix nouée. Il n’a pas hésité ensuite à critiquer la politique de la Ville. » On s’est fait berner par les stationnements payants destinés à sauver la maison Boileau; on saccage un golf, des boisés… Il faut protéger les gens qui travaillent pour notre Ville. J’étais déjà en colère pour la maison, mais après le reportage de Radio-Canada, je me suis dit que ce n’était pas possible, il n’entend pas! Je crois que cette histoire a écœuré beaucoup de monde en commençant par le premier ministre. »
M. Larrivée a précisé sa pensée au Journal de Chambly en expliquant qu’il fallait aller maintenant au fond de cette histoire. » Il y a un grave problème à l’hôtel de ville. J’espère qu’un mouvement est né ce soir et je suis là pour le soutenir. »
En porte-parole du mouvement
Le 22 novembre, le directeur général de la municipalité ordonnait aux pelles mécaniques de se mettre en marche. Christian Picard, candidat péquiste aux dernières élections générales, comme beaucoup d’autres citoyens, s’était rapidement rendu sur les lieux du chantier pour l’arrêter, sans succès.
Ce soir, c’est encore M. Picard qui a pris la parole pour dénoncer non seulement les agissements de sa Ville dans cette démolition, mais aussi pour mobiliser les citoyens contre le maire, Denis Lavoie, largement conspué par la foule.
Jeudi dernier, alors que la maison Boileau vivait ses derniers jours après plus de 200 ans d’existence, l’émission Enquête, sur les ondes de Radio-Canada, présentait le visage d’un maire usant de son pouvoir pour limoger un entraineur de soccer qui aurait mal traité sa fille; d’un maire qui terroriserait le personnel administratif de la Ville; d’une municipalité où le pouvoir politique ne serait pas dissocié du pouvoir administratif de part les liens qu’il y aurait entre le maire et la directrice des ressources humaines.
Les organisateurs ont promis qu’ils n’en resteraient pas là et appellent la population à se mobiliser le 4 décembre, lors du prochain conseil municipal.

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