Une campagne des agriculteurs contre la délinquance de certains motoneigistes

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Par Chloé-Anne Touma (Initiative de journalisme local)
Une campagne des agriculteurs contre la délinquance de certains motoneigistes
Les agriculteurs du territoire veulent sensibiliser les motoneigistes à l'importance de rester dans les sentiers pour se déplacer. (Photo : courtoisie - Christine Aubin)

Les producteurs agricoles du territoire veulent sensibiliser les motoneigistes à l’importance de respecter leurs terres et leurs cultures et de se déplacer dans les sentiers.

La Fédération de l’UPA de la Montérégie lance cette semaine une campagne de sensibilisation pour rappeler les règles de base d’une saine cohabitation entre l’agriculture et la pratique de la motoneige. Dans le cadre de cette campagne saisonnière, elle procède en ce moment à la distribution de panneaux de sensibilisation au respect des terres agricoles, qui y feront leur apparition.

« (…) la circulation hors sentiers, empiétant sur des terrains privés, est une pratique inacceptable qui peut causer d’importants dommages aux terres et aux cultures. » Jérémie Letellier

« L’arrivée de l’hiver, combinée à la popularité de la motoneige, nous force à revenir à la charge avec nos messages de respect des terres agricoles. Nous souhaitons rappeler aux motoneigistes que la circulation hors sentiers, empiétant sur des terrains privés, est une pratique inacceptable qui peut causer d’importants dommages aux terres et aux cultures », affirme le président de la fédération, M. Jérémie Letellier.

À Saint-Mathias-sur-Richelieu

L’année passée, la famille Daignault, propriétaire de la Ferme P. et M. Daignault S.E.N.C à Saint-Mathias-sur-Richelieu, a lancé un de cri du cœur le 30 janvier dernier lorsqu’elle a publié une vidéo de la petite Eva Daignault, questionnée par sa mère, Christine Aubin, sur l’importance de ne pas sortir des sentiers pour se déplacer en motoneige sur les champs de foin. Endommageant les cultures sous la neige, ces déplacements occasionnait des pertes non négligeables pour les fermiers.

Cette année, bien qu’elle remarque une amélioration du comportement des motoneigistes, Mme Aubin rapporte « encore des (comportements) délinquants ».

« Ce qui aide cette année, c’est que nous avons fait changer le trajet pour qu’il n’y ait plus de 90 degrés car les gens coupait en diagonale au lieu de poursuivre sur la piste. Aussi, on a fait longer la forêt car c’était un endroit où les gens passaient beaucoup. On a demandé qu’il y ait dans les champs de foins des cordes tout le long du sentier pour empêcher les motoneigistes de sortir du sentier. Ça fonctionne bien mais il y en a qui passent quand même à côté. Nous irons donc mettre des pancartes de l’UPA dans la piste fautive. Par contre, une fois les cordes finies, les sentiers deviennent soudainement beaucoup plus larges. Heureusement, ce sont des champs labourés, donc ce ne sera pas dommageable, mais on voit que les usagers ont de la misère a respecter les balises du sentier », explique la Mathiassoise.

« Nous avons aussi remarqué qu’en fin de semaine, des gens ont utilisés un de nos ponts sur la montée des trentes pour se promener le long de la forêt, possiblement pour rejoindre la piste qui est a environ 300 mètres plus loin. Ce ne sera pas dommageable car, à cet endroit, les champs sont labourés, mais ça, les motoneigistes ne le savent pas. On ne veut pas qu’ils prennent l’habitude de passer là car, dans les prochaines années, ce sera du foin, et là, ça occasionnera des dommages pour la culture et des pertes financières. Nous irons donc mettre des pancartes de sensibilisation et d’accès interdit à cet endroit aussi. »

Le respect des terres pour y avoir l’accès

Mme Aubin tient toutefois à remercier tous ceux qui respectent les sentiers. À tous ceux là, elle précise qu’il « fait plaisir de vous laisser le droit de passage », et sollicite leur aide pour interpeller les délinquants afin de leur inculquer les mêmes valeurs, afin d’éviter d’avoir à interdire l’accès au site dans les prochaines années « à cause de quelques motoneigistes irrespectueux des cultures en dormances! »

Rappelons que la pratique de la motoneige en terre privée est possible grâce à un partenariat avec les producteurs agricoles, qui acceptent de permettre le passage des sentiers sur leurs terres. « Malgré l’excellente collaboration des clubs de motoneiges et malgré les consignes maintes fois répétées aux motoneigistes, certains d’entre eux oublient que le couvert de neige abrite souvent des cultures sensibles », d’ajouter M. Letellier.

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