Chambly : une séance sous tension

Chambly : une séance sous tension

Les caméras étaient braquées sur le conseil municipal de Chambly hier après l'émission Enquête et la destruction de la maison Boileau.

Crédit photo : Frédéric Khalkhal

Le conseil municipal de Chambly était attendu par plusieurs citoyens après le reportage de l’émission Enquête et la destruction de la maison Boileau. La salle du conseil était pleine, ne contenant pas plus de cinquante sièges. Cependant, plusieurs dizaines de personnes étaient rassemblées sur le parvis de l’hôtel de ville pour écouter la retransmission sonore de la séance.

« La salle a été ‘’ paquetée ’’ par les gens de l’opposition », a indiqué au Journal de Chambly Jean Roy, le président de l’assemblée, pour expliquer la tension du climat, allant même parfois jusqu’à l’insulte de certains conseillers de la majorité par des personnes du public. Le maire suppléant remplaçait le maire de Chambly, absent jusqu’en janvier pour des raisons de santé. Celui-ci a dû rappeler à l’ordre à plusieurs reprises les gens présents dans la salle, qui manifestaient leur approbation ou non à l’endroit des propos tenus par les élus.

La destruction de la maison Boileau a été au cœur des débats. La Ville a affirmé de nouveau que la destruction avait été décidée par le directeur général (DG) pour des raisons de sécurité. « Les fonctionnaires ont une certaine prérogative, étant donné que cela pouvait mettre en péril la sécurité et la santé des individus. Il n’y a pas juste les règlements de la municipalité comme tels, il faut que le DG suive certaines lois, certains articles du Code civil surtout, et c’est exactement pour ce motif-là que j’ai pris la décision de démolir la maison Boileau, vu qu’elle était vétuste et dangereuse. Pour légitimer ma décision, il y a un avis juridique qui est sorti », a indiqué le directeur général de la Ville de Chambly Michel Larose lors du conseil municipal, répondant à plusieurs questions sur le sujet.

Un tour de table

Les élus ont eu l’occasion de se prononcer sur ce qu’ils pensaient de cette démolition.

Alexandra Labbé, élue du district 1, et Mario Lambert, élu du district 2, tous deux membres du parti politique de l’opposition Démocratie Chambly, ont clairement indiqué qu’ils n’avaient pas été informés de cette destruction et qu’ils n’étaient pas d’accord de la façon dont la maison a été détruite. « J’en suis même très déçue », a précisé Mme Labbé. M. Lambert a ajouté qu’il était absolument « outré », de cette démolition.

Paula Rodriguez, élue du district 3, membre d’Action Chambly, s’est référée à un rapport de 2015 pour expliquer que la maison devait être démolie. « La maison, quant à moi, aurait dû être détruite en 2016. Elle était dangereuse. Cela a donné toute cette désinformation, où les journalistes ne se sont pas penchés sur la question, sur le pourquoi cette maison a dû être démolie un matin d’hiver. »

Richard Tétreault, du district 4, conseiller indépendant, est en accord avec le principe mais pas tout à fait sur la manière. « J’étais pour qu’on la mette à terre. Peut-être pas (d’accord) de la façon concrète que ça s’est fait… » Ce dernier n’a pas pu aller plus loin dans son explication, interrompu par le président de l’assemblée qui indiquait à la personne ayant posé sa question qu’elle avait dépassé son temps alloué de cinq minutes.

Luc Ricard, (indépendant), élu du district 6, a indiqué plus tard que « selon ce que j’ai reçu comme information, je n’avais pas d’autre choix que de dire c’est dangereux, il faut faire quelque chose. »

Serge Gélinas (Action Chambly), élu du district 5, et Julia Girard-Desbiens (Action Chambly), élue du district 7, n’ont pas pris la parole pour se prononcer.

Émission Enquête

Encore une fois appelé à se prononcer sur le reportage d’Enquête lors de la période de questions, M. Lambert a demandé au maire de Chambly de donner sa démission pour les propos « orduriers » qu’il a tenus dans le reportage. « On ne s’adresse pas aux citoyens de cette façon. Peu importe les circonstances. Cet homme-là, en pouvoir d’autorité, tient un langage ordurier hors du commun », a-t-il mentionné avant de demander sa démission.

Pour M. Ricard, « Je comprends le désarroi de bien des gens ici face au témoignage qu’on a entendu à Enquête. En ce qui me concerne, ce n’est pas la réaction que j’aurais donnée, mais par contre, je dois dire que c’est une personne (Denis Lavoie) qui a eu beaucoup de courage pour faire des coupes aux bons endroits. Je suis indépendant. En ce qui a trait au comportement du maire, ce n’est pas la façon dont je l’aurais fait, mais le maire s’est exprimé quand même plusieurs fois, dont à TVA, et c’est ce que je voulais dire aux gens ici. » M. Tétreault a indiqué par la suite que « moi aussi, quand on regarde l’émission, je pense qu’on est tous restés amers de ce qu’on a entendu, moi le premier. J’ai eu les explications du maire; ça n’excuse pas la façon dont il a parlé au citoyen, sauf que présentement, ce que j’ai envie de dire, c’est qu’on va laisser l’enquête se poursuivre. »

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