Une saison marquée par la chaleur

Une saison marquée par la chaleur

Marielle Farley

Crédit photo : Archives

La chaleur de l’été a apporté du bon et aussi un certain défi aux agriculteurs.

Si les fruits et légumes ont poussé en abondance, ça prenait la main-d’œuvre nécessaire pour les cueillir à la chaleur.

Marielle Farley, du Potager Mont-Rouge, à Rougemont, soutient que tout était prêt en même temps. Sa ferme, ouverte depuis 1988, produit des fraises, du maïs sucré, des tomates, des pommes et des courges.

« On est humain, affirme-t-elle. On était fatigué d’avoir chaud. La saison 2018 a été marquée par la chaleur accablante. »

La majorité des cultures ont été prêtes à cueillir plus tôt que par le passé. Par exemple, les courges étaient mûres à la mi-août alors qu’elles le sont en septembre habituellement.

La saison a toutefois été nettement mieux que celle de l’an dernier, où les pluies étaient abondantes.

« Comme maraîcher, c’est plus facile de gérer une sécheresse que trop d’eau, mentionne Mme Farley. L’eau en trop grande quantité apporte des maladies ou des pourritures. »

Comme sa ferme propose l’autocueillette, les propriétaires ont dû être imaginatifs pour attirer la clientèle malgré la chaleur. « Il fallait qu’on soit plus attrayant qu’une piscine », mentionne-t-elle.

« On est humain. On était fatigué d’avoir chaud. » – Marielle Farley

Manque d’eau

De son côté, l’eau a manqué à Nathalie Forage, qui semait sur ses terres à Carignan, pour la première année. Chaque jour, elle espérait que la pluie tombe.

« Je stressais, dit-elle. J’étais inquiète pour les melons. Je les regardais tous les jours pour voir leur signe de détresse. »

L’agricultrice n’avait qu’un puits pour irriguer ses terres. « Je fais creuser un bassin parce qu’un puits, ce n’est pas assez. »

Elle dit avoir semé des centaines de laitues, mais n’avoir fait qu’une seule récolte. Par contre, toutes ses variétés de melons et ses oignons étaient petits, mais très goûteux.

« C’est le bon côté des températures chaudes », mentionne-t-elle.

25 % de perte

Du côté des grandes cultures, Daniel St-Jean, de Carignan, estime avoir eu des pertes d’environ 25 % comparativement aux autres années. « On a souffert de la sécheresse. Ça n’a pas été aussi bon que j’espérais », raconte-t-il.

Le blé et le soya n’étaient pas aussi fournis qu’il croyait. « Les gousses de soya étaient ratatinées parce qu’elles ont manqué d’eau », indique M. St-Jean.

Cependant, trop d’eau n’est pas idéale pour lui non plus. En fin de saison, ses champs étaient inondés. Il a dû faire sécher ses récoltes de soya, ce qui lui a occasionné des frais supplémentaires.