Une Richeloise signe la musique du documentaire sur Polytechnique

Par Martine Veillette
Une Richeloise signe la musique du documentaire sur Polytechnique
Viviane Audet a composé la musique du documentaire à l’aide d’un piano. (Photo : courtoisie)

À l’occasion des 30 ans de la tragédie de la Polytechnique, un documentaire retraçant l’événement et le après a été tourné. La musique est signée Viviane Audet, une artiste résidant à Richelieu.

Elle a été approchée par la réalisatrice Judith Plamondon, avec qui elle avait déjà collaboré. « Dès le départ, quand Judith m’a appelée, je lui ai dit que ça prenait quelque chose de minimaliste parce que le sujet, en partant, est dramatique. Il ne fallait pas que la musique le rende pathétique », mentionne Mme Audet.

Il s’agissait de plusieurs premières fois pour celle qui a l’habitude de créer ses arrangements musicaux avec son conjoint, Robin-Joël Cool, et leur partenaire Alexis Martin. Elle a aussi travaillé de façon différente, cette fois. La Richeloise a composé la musique avant de voir le film, alors que normalement, elle fait l’inverse.

« Je n’avais pas vu le documentaire, mais j’ai eu accès au dossier de recherche. Il y avait la chronologie de la tuerie. Le documentaire ouvre avec. Je suis allée en studio. Mon chum était avec moi. Il me lisait la chronologie pendant que j’improvisais au piano. Ça a été magique. Au montage, ça a marché », raconte-t-elle.

La compositrice en a ensuite produit d’autres, au piano ou au Wurlitzer, qu’elle a soumis à la réalisatrice. Elle a ensuite fait les ajustements musicaux sur le documentaire. La musique est très présente, souligne-t-elle. « Ça prend quelque chose pour accompagner cette horreur. Je suis assez fière du résultat final », dit-elle.

Le documentaire

Polytechnique – ce qu’il reste du 6 décembre, retrace ce qui est arrivé lors de cette journée fatidique, où 14 femmes ont perdu la vie, par le biais de ceux qui l’ont vécu, de près ou de loin. Des femmes présentes dans l’école, dont Nathalie Provost, mais aussi des hommes qui se trouvaient dans les classes. Des proches des victimes prennent la parole pour expliquer l’impact de ce drame dans leur vie.

« Il y a des scènes que je ne peux pas encore regarder sans être bouleversée. » – Viviane Audet

Des féministes de l’époque, qui étaient ciblées dans une lettre laissée par le tueur (cette lettre est lue dans le documentaire), ainsi que Charles Tisseyre et Christine St-Pierre, qui ont couvert la nouvelle à ce moment, racontent aussi comment ils ont vécu ce drame.

Karine Vanasse, comédienne principale du film Polytechnique, assure la narration du documentaire. Des extraits du film de Denis Villeneuve sont aussi présentés.

« C’est touchant de les voir se livrer. Le documentaire ratisse large. Il y a eu un gros travail de recherche. C’est un documentaire très chargé », affirme la compositrice musicale. Elle ajoute que des gars prennent aussi la parole. « Ils n’ont rien dit pendant 30 ans parce qu’ils ne voulaient pas prendre la place des vraies victimes. Mais ils ont vécu une grande culpabilité », croit-elle.

Dur émotivement

Viviane Audet soutient avoir trouvé ça difficile, comme travail. « Quand j’ai reçu le dossier de recherche, je l’ai lu au complet. Je crois qu’après, j’ai pleuré pendant une demi-heure. La générosité des gens qui ont témoigné m’a chavirée », souligne-t-elle.

Lorsqu’elle a finalement vu les images avec sa musique, ça l’a encore plus bouleversée. « Il y a des scènes que je ne peux pas encore regarder sans être bouleversée. Ces femmes étaient belles. Elles étaient dans la fleur de l’age », déplore-t-elle.

L’artiste conclut qu’humainement, c’est le projet qui a été le plus difficile à travailler parce qu’elle n’était pas dans la fiction. « Ce n’est pas arrivé il y a cent ans », précise-t-elle. Mme Audet avait huit ans quand c’est survenu. Elle était suffisamment vieille pour en être marquée.

Commémoration

La Richeloise trouve important qu’on rappelle ce triste moment. « Un événement comme ça, on ne peut pas s’y préparer. Trente ans plus tard, on n’est pas à l’abri de ça. La misogynie est encore présente », affirme-t-elle.

Mme Audet poursuit en indiquant que pour les personnes touchées par ce triste événement, « c’est important de le commémorer année après année. On a un devoir de mémoire afin de concrètement dire que c’est important d’être à l’affût de ces comportements. Des groupes fermés de misogynes sur Facebook, ça existe ».

Le documentaire sera diffusé sur les ondes de Radio-Canada le 3 décembre, à 21 h, et sur Ici RDI le 4 décembre, à 20 h. Il peut aussi être visionné sur ICI Tou.tv.

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