Une protection du golf entrée en vigueur à Chambly

Photo de Frédéric Khalkhal
Par Frédéric Khalkhal
Une protection du golf  entrée en vigueur à Chambly
La Ville a été sélectionnée par l’organisme Vivre en Ville Municipalité amie du climat. (Photo : archives)

La Ville de Chambly avait déjà décidé de ne pas changer le zonage récréatif de l’ancien golf de la ville. Un zonage qui a permis d’attendre le règlement de contrôle intérimaire (RCI) qui est entré en vigueur le 25 août.

Cette réglementation instaurée par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) favorisera la reconversion et la renaturalisation d’espaces verts dans le grand Montréal.

Parmi ces lieux, l’ancien golf de Chambly a été inclus dans la liste des espaces verts à préserver dans le grand Montréal. « Avant l’entrée en vigueur du RCI, il y avait déjà une volonté de la Municipalité de préserver l’espace naturel du golf de Chambly », rappelle Alexandra Labbé, mairesse de Chambly.

Municipalité amie du climat
En plus d’être soutenue par la CMM désormais dans ses ambitions quant au golf de Chambly, la mairesse a indiqué au journal que la Ville venait d’être sélectionnée par l’organisme Vivre en Ville en tant que Municipalité amie du climat 2022-2023. « De ce fait, nous aurons un accompagnement de 18 mois pour bien penser l’aménagement du site. On veut réparer ce secteur en l’incluant dans la trame urbaine de Chambly et en procurant tous les services dont les citoyens du quartier ont besoin. Nous travaillerons avec Vivre en Ville sur un concept d’écoquartier. »

La Ville a déjà acheté quelques terrains afin de faire les travaux du prolongement de la rue Bourgogne, mais l’ancien terrain de golf, une propriété privée, ne pourra pas accueillir de construction. « La CMM maintient un zonage récréatif que l’on avait déjà mis en place », précise la mairesse.

Plusieurs possibilités s’offrent ensuite à la Ville. « Il faudra voir, par la suite, s’il y a une volonté d’y faire un grand parc municipal avec des aménagements récréatifs. La solution la plus sûre pour protéger cet endroit sera alors de procéder à son acquisition par la Ville. Un don écologique du propriétaire peut aussi avoir un intérêt certain pour le propriétaire », mentionne Mme Labbé.

« Avant l’entrée en vigueur du RCI, il y avait déjà une volonté de la Municipalité de préserver l’espace naturel du golf de Chambly. » – Alexandra Labbé

Dans le cas d’une acquisition, les montants qui seraient en jeu pourraient être importants. « Il y aura aussi tous les investissements à faire pour procéder au reboisement du site, un peu comme nous le faisons pour l’aménagement du parc-nature proche de parc industriel. »

C’est dans cette perspective d’acquisition de ces terrains à protéger par les municipalités que la CMMdemande, depuis plusieurs mois, au gouvernement du Québec d’investir dans ce programme. « Alors que l’environnement s’inscrit parmi les grands enjeux de la campagne électorale, la CMM réitère sa demande afin que le prochain gouvernement lui accorde 100 M$ pour la mise sur pied d’un programme d’acquisition des espaces présentant un potentiel de conversion en espace vert ou en milieu naturel. Elle fait valoir que l’atteinte de ses objectifs et de ceux du gouvernement, en matière de protection et de mise en valeur des espèces fauniques et floristiques, de leurs habitats et de la biodiversité, ne pourra être rencontrée uniquement par l’acquisition et la conservation des milieux naturels. Le grand Montréal étant fortement urbanisé, l’augmentation de la quantité des milieux naturels doit aussi passer par la restauration écologique », faisait savoir dans un communiqué la CMM.

Julie Brunet, au service des communications de la CMM, a indiqué au journal que « Cette demande remonte seulement au 16 juin (lors de l’adoption du RCI). La demande a été transmise dans les jours suivants, mais compte tenu des vacances et de l’approche de la campagne électorale, les discussions n’ont pas encore débuté. C’est pourquoi nous réitérons notre demande aux partis politiques en lice dans notre mémoire ».

Le RCI
Adopté le 16 juin dernier par le conseil de la CMM, ce RCI vise à favoriser la reconversion et la renaturalisation d’espaces verts dans le grand Montréal, où il ne reste pas assez d’espaces entièrement naturels pour atteindre les cibles de protection désormais requises pour assurer un avenir viable aux générations futures.

À l’heure actuelle, le RCI inclut six terrains de golf : le Club de golf Beloeil, le Club de golf de Candiac, le Golf municipal de Chambly, le Club de golf de Mascouche, l’ancien golf de Rosemère et le Club de golf Le Boisé à Terrebonne. Ces terrains, tous localisés en périmètre urbain où l’espace disponible est suffisant pour accueillir la croissance démographique d’ici 2041, totalisent près de 284 hectares.

La CMM, qui travaille en collaboration avec les municipalités afin d’accroître encore la superficie d’espaces verts dans le cadre de l’exercice de révision du PMAD, prévoit déjà l’ajout d’autres secteurs à cette liste dans une deuxième phase. Elle répondra ainsi aux besoins et aux objectifs en matière d’adaptation aux changements climatiques et d’aménagement, alors que la présence suffisante de tels espaces constitue un élément essentiel pour développer des milieux de vie complets.

Partager cet article