Une première Journée nationale des patriotes sans la maison Boileau

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Par Martine Veillette
Une première Journée nationale des patriotes sans la maison Boileau
Lors de la démolition de la maison Boileau, une soirée funèbre avait été organisée. (Photo : archives - Frédéric Khalkhal)

Cette année, la Journée nationale des patriotes n’aura pas la même couleur à Chambly. Ce sera la première sans la maison du patriote René Boileau, démolie en novembre 2018.

Pour l’occasion, des activités devaient être organisées sur le site où était érigée cette maison bicentenaire. « Il n’y a pas eu, à ma connaissance, d’activités typiquement pour les patriotes près de la maison. Il fallait qu’elle disparaisse pour qu’il y en ait », s’exclame Paul-Henri Hudon, président de la Société d’histoire de la seigneurie de Chambly.

La démolition de la maison, où des rencontres de patriotes se seraient tenues, est, selon lui, « une perte historique et patrimoniale ». Il ajoute par contre que le souvenir des patriotes demeurera, puisqu’il fait partie de l’histoire.

Christian Picard estime qu’il est important de se souvenir de cet endroit, mais aussi de l’importance du mouvement des patriotes dans la région et à Chambly. Ce dernier avait notamment été arrêté lors de la démolition de la maison Boileau en tentant de la sauver. L’ancien candidat péquiste aux dernières élections provinciales et organisateur pour le Bloc québécois pour les élections fédérales participe à l’organisation des deux journées d’activités.

« C’est une grande tristesse d’avoir perdu la maison Boileau pour notre patrimoine bâti et parce qu’elle a été témoin du mouvement des patriotes, indique-t-il. Personnellement, et pour ceux qui s’intéressent aux patriotes, je voyais la restauration de la maison Boileau comme la possibilité d’avoir un musée sur les patriotes. C’était une occasion de faire connaître cette histoire qui est une richesse. La maison n’existe plus, on ne peut plus faire ce projet. »

« Je voyais la restauration de la maison Boileau comme la possibilité d’avoir un musée sur les patriotes. » – Christian Picard

Activités

Pour le dimanche 19 mai, le Parti québécois de Chambly propose une conférence de M. Hudon intitulée « L’Histoire des patriotes de la région de Chambly » à 11h. En cas de pluie, l’événement se déroulera dans les locaux de la Société d’histoire.

Pour le 20 mai, Journée nationale des patriotes, le Bloc québécois de Chambly invite la population à se réunir près du site de la maison Boileau à 10h30. L’activité s’affiche dans la tournée du chef du Bloc, Yves-François Blanchet, aussi candidat de la circonscription Chambly-Beloeil pour les élections fédérales.

À la maison Boileau, M. Picard a l’intention d’expliquer aux gens présents l’histoire des patriotes et de René Boileau. Une visite de la maison de Thimotée Franchère, à Saint-Mathias-sur-Richelieu, et le cimetière est également prévue à partir de 11h15.

Levée du drapeau

M. Picard souligne par ailleurs que depuis trois ans, des villes de la région hissent le drapeau des patriotes à l’occasion de cette journée. C’est le Parti québécois de Chambly qui en avait fait la demande.

La municipalité à avoir initié le geste est Carignan, en 2016. L’année suivante, Chambly avait suivi. Par la suite, Richelieu et Saint-Mathias-sur-Richelieu ont aussi levé le drapeau.

« C’est important de souligner cette journée. On est au cœur de la Vallée-du-Richelieu, où il y a eu une majorité de rébellions », précise M. Picard.

L’histoire des patriotes de Chambly

M. Hudon mentionne que René Boileau, âgé de 58 ans en 1838, était notaire. « Il était un patriote modéré comparativement à d’autres. René Boileau était plus un orateur qu’un militant. Son beau-frère, Thimotée Kimber, était plus radical. Il soulevait les gens avec leurs armes pour aller au-devant des soldats anglais », raconte-t-il.

Il indique ne pas détenir de documents écrits attestant que des rencontres de patriotes se sont tenues dans la demeure de la rue Martel. Par contre, le président de la Société d’histoire affirme que c’est tout à fait probable. « Les rencontres devaient se faire là parce qu’il était notaire et que sa maison était une place publique », dit-il.

M. Hudon précise qu’il n’y a pas eu d’attroupements à Chambly en raison de la présence militaire au Fort. Ils se sont plutôt déroulés à Carignan et à Saint-Mathias.

Une centaine de patriotes ont été répertoriés par documents, à Chambly et à Saint-Mathias, sans compter ceux dont on n’a aucune trace écrite. M. Hudon a calculé que l’âge moyen de ceux-ci était de 37 ans.

Les patriotes de la région n’ont pas fini pendus. Par contre, certains ont été emprisonnés ou déportés. M. Hudon indique que les patriotes n’ont pas gagné leur bataille à court terme, mais n’ont pas tout perdu. « Ils ont perdu sur le moment, mais gagné à long terme parce que leurs revendications ont été reconnues par la suite », dit-il

Rappelons que la maison Boileau, propriété de la Ville de Chambly, a été démolie le 22 novembre 2018. La décision venait de l’administration de la Ville, qui évoquait des raisons de sécurité.

 

Journée nationale des patriotes

La Journée nationale des patriotes est célébrée depuis 2003 le lundi précédant le 25 mai. C’est une journée fériée qui souligne la lutte des patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance nationale de notre peuple, pour sa liberté politique et pour l’obtention d’un système de gouvernement démocratique. Au Québec, elle remplace la fête de Dollard, soulignée dans le reste du Canada. La fête de la Reine est également célébrée la même journée.

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Colombe Brosseau
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Colombe Brosseau

Si les descendants du notaire René Boileau avait participé à la restauration de cette vieille maison en état de décrépitude avancée (moisissures, fourmis charpentières…..) Présentement, elle ne serait pas le symbole d’un patriotisme boiteux. Nous en subissons maintenant les « con » séquences.

Julien Gagnon
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Julien Gagnon

S,il n’y aurait pas eu le soulèvement des Patriotes de 1837-1838 , notre pays comme il existe aujourd’hui , n’existerait pas . Il serait toujours une colonie britannique , tout comme la Jamaïque , où nous ne pourrions y élire nos représentants .Il y aurait toujours sur place un gouverneur britannique relevant de Londres et qui appliquerait les décisions du parlement britannique .Tout compte fait, la rébellion de 1837-1838 produisit ce que nous connaissons aujourd’hui une démocratie avec des élections et le peuple peut élire ses représentants et se diriger lui-même. Donc la démocratie existe et c’est grâce aux nos… Lire la suite »

Colombe Brosseau
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Colombe Brosseau

Merci ! Monsieur Julien Gagnon. Je connais cette histoire des Patriotes de 1837-1838 car je suis née à Sainte-Scholastique. La maison des ancêtres de mon oncle Roger Raymond, cultivateur à Saint-Benoît, servit à héberger de force une des troupes de Colborne. Les patriotes partaient de Saint-Benoît via le rang Saint-Vincent pour se rendre à l’église de Sainte-Scholastique afin d’écouter le ou les discours de Louis-Joseph Papineau. En effet ! Vive les patriotes de 1837-1838. Ce qui se passe à Chambly est déplaisant. On ne se bat plus contre les Anglais mais bien contre les Québécois. « Québécois contre Québécois »

Claude Boisvert
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Claude Boisvert

Le gouvernement du Québec devrait élargir la Loi P-9.002 de 2012 sur le patrimoine culturel, obligeant ainsi toutes les municipalités et villes ayant un bâtiment non classé de cent ans et plus, en demande de transformations importantes ou de destruction, de faire l’objet d’une analyse par le Conseil du patrimoine culturel, avant d’obtenir une approbation sur les décisions et les actions irréversibles.