Une première année sous les attentes

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Par Jean-Christophe Noël
Une première année  sous les attentes
Les salles de classe du cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu devraient redevenir achalandées pour la rentrée scolaire de 2021. (Photo : courtoisie)

Non seulement elles n’ont pas eu de bal de finissants pour marquer la fin de leur parcours au secondaire, mais ces cégepiennes chamblyennes ont vécu une première année collégiale de façon peu commune.

La prochaine rentrée au cégep et à l’université se fera en présentiel, sans distanciation physique, sous la condition que 75 % des Québécois âgés de 16 à 29 ans aient reçu leurs deux doses de vaccin anti-COVID-19. C’est une réalité que trois Chamblyennes vaccinées ayant entamé le cégep en septembre 2020 n’ont pas encore connue.

« Ma réalité a été de flatter mon chat et mon chien et d’être devant mon ordinateur huit heures par jour », dépeint Jade Veilleux, étudiante au cégep du Vieux-Montréal en sciences humaines, profil administration, qui n’a pratiquement vécu aucun contact social en cette première année collégiale.

« Avec la COVID, tu commences ta journée à la maison, tu fais tes cours à la maison, tu termines tes journées à la maison et, en plus de ça, après, tu ne peux pas voir tes amis. Tu fais tes travaux seule et tes travaux d’équipe parZoom. Ça affecte la motivation », expose à son tour Juliette Shedleur, étudiante en soins infirmiers au cégep Saint-Jean-sur-Richelieu qui, occasionnellement, s’est rendue à l’école en raison de laboratoires.

Éloïse Vigneau est aussi étudiante au cégep Saint-Jean-sur-Richelieu en sciences de la nature. Tout comme Juliette Shedleur, elle a bénéficié de laboratoires parsemés ici et là pour vivre l’école ailleurs qu’à la maison. « J’ai quand même rencontré quelques personnes, mais c’est sûr que ce n’est pas la même chose qu’en temps normal », indique-t-elle.

Des attentes élevées

La fin du secondaire menant au cégep est une sorte d’amorce vers une vie nouvelle sous plusieurs aspects. Les attentes, bafouées en cette ère virale, étaient élevées. « Je souhaitais agrandir mon cercle social et vivre de nouvelles expériences, expliquant pourquoi je suis allée au ‘’Vieux’’. Je voulais changer d’air; je suis avec les mêmes personnes depuis la maternelle », met en lumière Jade Veilleux, qui travaille parallèlement dans un laboratoire de pharmacie.

« À la fin, j’étais ‘’sur la déprime’’ et je pleurais tout le temps. » – Jade Veilleux

« On entend parler beaucoup de la vie étudiante : étudier en gang au café étudiant, aller à l’école avec ses amis, etc. », enchaîne l’étudiante en soins infirmiers.

« Je m’attendais à beaucoup de nouvelles rencontres et à découvrir une nouvelle ambiance. Par exemple, le premier cours de chaque matière, c’est toujours un peu spécial; rencontrer un nouveau professeur, une nouvelle matière, etc. À la maison, ça n’a pas été la même expérience », exprime à son tour Éloïse Vigneau.

La déprime s’installe

Une première session en virtuel a semblé tolérable. L’effet de nouveauté est présent et il insuffle de l’énergie. Toutefois, celle-ci s’amenuise lorsque la deuxième session s’amorce au cœur de l’hiver. « La deuxième session, j’ai vraiment trouvé ça rough. À la fin, j’étais ‘’sur la déprime’’ et je pleurais tout le temps. Mes shifts à la job, j’avais de la misère à les finir sans pleurer tellement j’étais déprimée », raconte Jade Veilleux.

« La deuxième session a été plus difficile sur le plan mental. Vers la fin, le beau temps arrivait et ça faisait un bout que l’on était enfermés à la maison », dit Éloïse Vigneau.

« Vers la fin de session, les professeurs sont entrés en grève deux fois. Ils ont coupé tout contact pendant 48 heures et ils ne répondaient à aucun message. Ça a rendu les travaux finaux difficiles », rappelle Juliette Shedleur.

Rattraper le temps perdu

Il serait permis de croire qu’après sevrage et privation l’humain soit tenté de mettre les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu. « J’ai réussi à me faire des amitiés à distance et il y a des gens que j’ai vraiment hâte de voir », dit Jade Veilleux. « Les classes de soins, on se tient beaucoup. Ça va être le fun d’avoir nos cours ensemble et de se voir tous les jours », mentionne à son tour Juliette Shedleur. « J’attends le retour avec hâte et j’espère que ce sera comme on se le fait dire lorsqu’on est en présentiel », envisage avec enthousiasme Éloïse Vigneau.

Une première année positive

À moins d’un revirement de situation, les trois jeunes femmes démarreront leur deuxième année de façon ‘’normale’’. Malgré les circonstances, c’est sur une note positive qu’elles ont bouclé leur première année. « Je ne sais pas comment j’ai fait, mais ça a vraiment bien été, dit avec résilience Jade Veilleux quant à ses résultats. J’imagine que j’ai une grande capacité d’adaptation », conclut-elle.

De son côté, Juliette Shedleur raconte que « son année s’est quand même bien déroulée. Finalement, je me suis ralliée à une amie en soins infirmiers. On était les deux seules à se voir. On ne voyait personne d’autre. On étudiait ensemble, on faisait nos choses ensemble ».

Avantages et désavantages

« Ça fait un an que je me réveille pratiquement à l’heure que ça me tente et je peux me coucher plus tard. Mes nuits sont plus complètes que quand j’étais au secondaire », évoque Mme Veilleux, dont le trajet vers l’école nécessitera une organisation de transport en commun. « Le fait de pouvoir se lever plus tard et de ne pas avoir de transport sont les avantages dans cette situation », relativise Éloïse Vigneau qui nuance toutefois que les désavantages de l‘école à distance sont plus nombreux que les avantages.

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