Une période difficile pour les salles de spectacles

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Par Martine Veillette
Une période difficile pour  les salles de spectacles
Les spectateurs n’ont plus accès comme avant à la salle du Pôle culturel de Chambly. (Photo : courtoisie - Marc-André Paillé)

La première saison d’événements n’a pu se tenir au complet à la salle de spectacles du Pôle culturel de Chambly. Ouvert à la mi-octobre, elle a dû fermer ses portes en raison de la pandémie.

La SPEC, qui a le contrat de la programmation du Pôle culturel pour cinq ans, s’est vu dans l’obligation d’annuler ou de reporter l’ensemble des spectacles depuis la mi-mars. Pour le moment, ils sont pour la plupart reportés à l’automne, bien qu’il reste un inconnu à savoir s’ils pourront être présentés.

Guy Boulanger, directeur général de la SPEC, croit qu’il pourrait être plus complexe de repousser en hiver, puisque l’élaboration de la programmation est déjà commencée et presque complétée.

Il mentionne attendre les décisions du gouvernement pour son secteur. « On n’a aucune indication, pour le moment, de quand on aura l’autorisation d’ouvrir et sous quelles conditions? On est un peu dans le brouillard », dit-il.

La principale crainte est le respect de la distanciation physique de deux mètres entre chaque personne. Pour y parvenir, la SPEC, qui gère quatre salles de spectacles, estime qu’elle devra réduire son public du deux tiers.

L’autre enjeu réside dans les zones de circulation et les toilettes où la distanciation sera plus difficile. « Je suis allé à la salle des Deux-rives (à Saint-Jean-sur-Richelieu), et je suis vite venu à la conclusion que passé 50 personnes, on est dans le trouble », souligne M. Boulanger.

« Le spectacle qu’on reporte à un autre soir, où on aurait pu en avoir un autre, on ne fait pas plus de revenu. »
– Guy Boulanger

Perte monétaire

Cette diminution de spectateurs et le report des spectacles engendre une perte financière importante pour cet organisme. M. Boulanger précise que le deux tiers des productions de la saison avaient été présentées. Il restait une douzaine de présentations au Pôle qui ont toutes été reportées ou annulées.

« Ce sont des pertes importantes pour nous. Le spectacle qu’on reporte à un autre soir, où on aurait pu en avoir un autre, on ne fait pas plus de revenu. L’impact et les répercussions seront sûrement sur quelques années. On a été les premiers touchés, on sera sûrement dans les derniers à reprendre », estime-t-il.

De plus, environ 20 à 25 % des détenteurs de billets préfèrent obtenir un remboursement que d’assister au spectacle plus tard. « On commence aussi à recevoir des appels pour des remboursements d’événements prévus à l’hiver prochain. Les gens ont des craintes », dit-il.

La SPEC a également pris la décision de ne pas présenter de spectacles de théâtre ou de musique de concert car les abonnés à ce genre d’événements sont une clientèle plus à risque, considère la société.

Du côté de la Ville de Chambly, les pertes seront davantage pour la location de la salle à d’autres fins, comme pour des conférences. La SPEC avait aussi une entente  avec la Ville pour lui remettre un pourcentage des revenus générés par la vente de billets. M. Boulanger souligne toutefois que ce ne sont pas des sommes importantes.

Expérience numérique

La SPEC réfléchit a une nouvelle offre de service avec des spectacles numériques afin de faire face à la situation. « On envisage depuis un certain temps la diffusion de spectacles numériques. On réfléchit à la manière qui serait la plus intéressante pour les artistes et le public. L’idée est de maintenir le lien avec la clientèle », explique-t-il.

Le directeur général de la SPEC indique la possibilité que l’artiste soit sur scène et que le public assiste au spectacle via une plateforme de type Zoom. Les spectacles pourraient être diffusés sur un écran géant en face de l’artiste et pourraient aussi se voir entre eux réagir. Il pourrait aussi y avoir quelques personnes à l’intérieur de la salle, selon la capacité et le nombre autorisé. « On est encore à l’étape d’élaboration du projet. On veut faire des tests », précise M. Boulanger.    

La SPEC a déjà présenté des spectacles via sa page Facebook. Cependant, le directeur général précise que ceux-ci étaient pensés pour la scène. Dans le nouveau concept, la présentation serait davantage élaborée pour le numérique avec un éclairage conçu pour la vidéo. Il pourrait aussi avoir une période d’interaction à la fin du spectacle

Pour le directeur général, il est primordial de demeurer actif dans la communauté. « On ne veut pas disparaître de la carte », conclut-il.

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