Une maison à valeur patrimoniale risque la démolition

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Par Chloé-Anne Touma (Initiative de journalisme local)
Une maison à valeur patrimoniale risque la démolition
Des photos montrant la maison du 229, rue St-Pierre, fenêtre ouverte en plein hiver. (Photo : courtoisie - Julie Daigneault)

Des citoyens de Chambly s’inquiètent quant au sort d’une maison à valeur patrimoniale, qu’ils estiment avoir été volontairement laissée à dépérir, pour mieux en « planifier » la démolition.

Son propriétaire, Daniel Dumoulin, a présenté une demande qui sera traitée par le comité de démolition le jeudi, 20 janvier prochain.

Un projet révisé depuis l’année passée

Inscrite à l’Inventaire patrimonial révisé de la Ville de Chambly, la propriété, située au 229, rue Saint-Pierre, avait déjà fait l’objet d’une demande de démolition qui avait été refusée en août 2021 pour les motifs suivants : « L’état physique de l’immeuble et les problématiques soulevées au niveau de sa structure en général; la possibilité de rénover ou restaurer l’immeuble selon les rapports d’experts malgré les coûts estimés très élevés dépassant la valeur de l’immeuble; l’immeuble fait partie de la trame bâtie traditionnelle de la rue Saint-Pierre; le conseil municipal n’est pas convaincu de l’opportunité de la demande de démolition compte tenu de l’intérêt du public et de l’intérêt des parties. »

« (…) il ne s’agit plus d’une démolition simple en vue d’une reconstruction totale. Le projet comporte maintenant un volet conservation. » – Carl Talbot

En entrevue avec le journal, le conseiller du district (1) concerné, Carl Talbot, également président du comité d’urbanisme, indique que la demande nouvellement présentée diffère du projet de démolition de l’année passée, en ce qu’elle implique cette fois-ci « un volet conservation ».  « Je sais que M. Dumoulin, citoyen de Chambly, a travaillé de très près avec un représentant fonctionnaire du service de l’urbanisme pour revoir son projet et son acceptabilité. Le projet implique un volet rénovation et réfection, et démolition et agrandissement, mais il ne s’agit plus d’une démolition simple en vue d’une reconstruction totale. Le projet comporte maintenant un volet conservation », explique M. Talbot, qui maintient ne pas avoir « encore d’opinion quant au projet », dont il attend de connaître tous les détails lors de la séance du comité de démolition dont il fait partie.

Une « démolition planifiée » selon certains

Des citoyens, incluant l’ex-conseillère Julie Daigneault, déplorent l’état dans lequel la maison a été aperçue récemment. Mme Daigneault, qui dispose de photos qu’elle nous a partagées, montrant la propriété avec les fenêtres ouvertes en plein hiver, a témoigné auprès du journal. « J’ai moi-même pris les photos. Un citoyen m’a également rapporté qu’il marchait dans le quartier et a vu des camions d’Hydro-Québec. Il a interpellé les employés, qui lui auraient répondu que la Ville leur avait demandé de couper le courant », affirme l’ex-conseillère, à qui le citoyen en question, dont le journal n’a pu avoir le nom, se serait confié. Mme Daigneault estime qu’il s’agirait d’une « démolition planifiée », avant même qu’elle soit autorisée.

L’accès à l’information

Or, pour confirmer qu’une demande de coupure de courant a bel et bien été posée, il faudrait avoir accès au dossier de l’immeuble auprès de la Ville. Selon Micheline Le Royer, directrice du service des communications de la Ville de Chambly, « cela prend d’abord une procuration du propriétaire, car c’est un dossier privé. Ce n’est qu’après que l’on peut faire une demande d’accès à l’information », demande qui pourrait prendre quelques jours à être traitée.

Le journal a également questionné M. Talbot quant à la théorie de la démolition planifiée. « Je n’ai pas remarqué pour l’électricité, ni pour les fenêtres, je ne peux donc pas confirmer la validité des présomptions selon lesquelles le propriétaire aurait fait couper le courant, mais si c’était le cas, j’imagine que ce serait parce qu’il a travaillé en étroite collaboration avec le fonctionnaire à l’urbanisme, et qu’il s’attend à ce que cette fois-ci, sa demande soit acceptée. Mais je n’ai pas fait le constat que l’on rapporte », précise-t-il.

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Linda
Linda
10 mois

Il avait menacé d’y mettre le feu quand la maison était à vendre , car la plupart des acheteurs étaient des promoteurs et voulaient démolir, et la ville interdisait la démolition. Donc le tout était volontaire de la part du propriétaire de laisser cette maison dépérir pour la mettre à terre et vendre le terrain à gros prix a un promoteur. j’espère que cet belle d’autrefois sera rénové.

Josée
Josée
10 mois
Répondre à  Linda

Personne a parlé de mettre le feu a la maison quand elle était en vente, une famille de 5 personnes y vivaient dedans. Ils sont déménager car c’était trop petit et que ça coûtaient très cher pour tout.
Mais oui c’était la plus part étaient des promoteurs qui l’a voulait pour le terrain.
La maison a juste besoin un peux d’amour et il serait super. Apart les plafonds son très bas.

Karine
Karine
10 mois

Vous oubliez de mentionner que la maison date de 1855 et qu’elle figure à l’inventaire patrimonial de la Ville de Chambly. Ce ne sont pas « des citoyens » qui jugent de cette « valeur », qui devrait au premier titre intéresser la ville et M. Talbot.