Une main-d’œuvre attendue à Fondrémy

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Une main-d’œuvre attendue à Fondrémy
Francis Lemair, Luc Faucher et Bruno Paradis vantent le recrutement international. (Photo : Chloé-Anne Touma)

Pour combler son besoin d’employés, une entreprise du secteur industriel de Chambly a choisi de se tourner vers le recrutement international et d’engager des travailleurs étrangers.

Située sur le boulevard Industriel, Fondrémy se spécialise dans la fabrication de pièces moulées d’alliages d’aluminium et de cuivre depuis 1975 à Chambly.

Un problème qui ne date pas d’hier

En entretien avec le journal, le président de l’entreprise, Francis Lemair, explique que le secteur industriel n’avait pas besoin de la pandémie pour souffrir d’une pénurie de main-d’œuvre, puisque « cela fait sept à huit ans que l’on parle d’une difficulté de recrutement. La pandémie n’a fait que renforcer un problème sérieux, déjà existant ».

L’entreprise, qui compte 90 employés, a tout récemment commencé à solliciter les services de l’agence de recrutement STERNA Mobilité Internationale pour engager au Brésil une main-d’œuvre
« non qualifiée à former à la tâche, sur le plancher. Nous avons fait tout le processus de sélection des profils et de recrutement et attendons maintenant que les dossiers soient traités à l’immigration.Les délais sont hors de notre contrôle », de préciser M. Lemair.

« Cela fait sept à huit ans que l’on parle d’une difficulté de recrutement. » – Francis Lemair

En mai dernier, Fondrémy se disait à la recherche de plusieurs personnes pour combler différents postes de production rémunérés entre 20 et 24 $ de l’heure : journalier à la finition, coquilleur, monteur de moules et mouleur. On sortait le grand jeu pour séduire les candidats, promettant plusieurs incitatifs, dont une « rémunération compétitive », une assurance santé et une assurance vie pour le candidat et sa famille après trois mois, une assurance invalidité de courte et longue durée après trois mois, un régime enregistré d’épargne-retraite avec contribution de l’employeur, des vacances annuelles de trois semaines durant la fermeture en été et de deux semaines pendant la période des Fêtes, et des primes de productivité pour le poste de coquilleur.

M. Lemair affirme que les travailleurs étrangers ainsi recrutés le sont dans
« les mêmes conditions que les natifs d’ici. Le processus d’immigration ne permet pas le cheap labor. Les conditions salariales, les horaires, etc., tout est identique. »

Sterna recrute pour ses clients de la main-d’œuvre issue de six pays, dont le Mexique, la Colombie, le Brésil, la Tunisie, le Maroc et les Philippines. Bruno Paradis, président de STERNA Mobilité Internationale, explique que si le Brésil a été choisi pour y recruter les travailleurs, c’est parce que « Fondrémy fait de la fonderie. Il fallait cibler des pays ayant des ouvriers en fonderie, on avait alors le choix entre le Brésil et la Tunisie. Francis a fait des recommandations selon sa propre expérience des fonderies et ses connaissances déjà acquises sur l’industrie au Brésil ».

Questionné à savoir si des pays d’où pourraient venir des réfugiés seront inclus à la liste, M. Paradis répond qu’
« en tant qu’agence de placement de travailleurs étrangers, on ne touche pas à ce qui concerne les réfugiés ». L’agence privilégie ainsi les pays avec lesquels le Canada a signé un accord. « Par exemple, on peut faire venir des ingénieurs du Mexique très rapidement parce qu’ils sont déjà préévalués pour l’immigration, ce qui est pratique et nous évite les délais d’attente. Des techniciens en génie mécanique nous viennent aussi plus facilement d’un pays comme la Colombie. Avec la Tunisie et le Maroc, il y a l’avantage de la langue, puisque les candidats y parlent généralement le français et ont une connaissance de la technologie plutôt européenne. »

Combler le vide, et non pas substituer

En réponse aux détracteurs du recrutement international, qui estiment qu’il faudrait privilégier l’embauche de travailleurs locaux, le président de Fondrémy énonce : « Dans certains secteurs d’activité, les Québécois, ou natifs, ne veulent tout simplement pas exercer ces métiers. Ce n’est pas pour rien que l’on voit autant d’autobus amenant des travailleurs mexicains et guatémaltèques lorsque vient le temps des récoltes et des semences en agriculture. Ils ont une capacité à résister à la chaleur, à travailler dans les champs, à faire ce que les Québécois, à salaire égal, ne veulent pas faire. C’est pareil en fonderie. Les conditions de travail y sont difficiles, il n’y a pas d’air climatisé, alors que le métal en fusion génère forcément de la chaleur. On ne peut changer des conditions qui sont inhérentes à la fonction de fonderie. »

Le président insiste aussi sur le fait que « généralement, le souhait des travailleurs qui immigrent est vraiment de rester ici. Les Brésiliens qui veulent venir s’établir au Québec cherchent certes un travail, mais d’abord et avant tout, ils sont en quête de meilleures conditions de vie. » Luc Faucher, vice-président chez STERNA, complète.
« Lorsque ces travailleurs arrivent, ils sont tellement volontaires, impliqués et souriants qu’ils ont une influence immédiatement positive auprès du milieu qu’ils intègrent. Les bénéfices se constatent vite. Les gens qui entretiennent des préjugés à leur égard, ou qui critiquent leur embauche, sont généralement extérieurs à la situation et n’ont pas été exposés à ses bienfaits. »

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