Une locataire bientôt « à la rue »

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Une locataire bientôt « à la rue »
Marie Perron prétend qu’elle et ses toiles seront à la rue et qu’on lui empêche l’accès à son logement à Saint-Césaire. (Photo : Courtoisie - Jaye Haych)

Une locataire d’origine haïtienne se dit victime d’abus et de précarité à Saint-Césaire.

Marie Perron, 75 ans, établie au Québec depuis 46 ans, a contacté le Journal de Chambly pour se plaindre du mauvais traitement qu’elle subirait depuis des années en tant que locataire, selon ses dires.

De malheur en malheur

« Au tout début, lorsque je suis arrivée au Québec, c’était différent. Après, j’ai été confrontée au racisme, au fait que l’on ne voulait pas louer à des gens comme moi. J’ai été traitée en servante », a-t-elle offert en témoignage. Aujourd’hui, elle affirme aussi que le propriétaire de son logement actuel, sur la rue Notre-Dame à Saint-Césaire, la « traite en semi-concierge » et qu’elle est en situation de précarité. J’en suis locataire depuis 12 ans. Au début, ça se passait bien. Mais depuis quelque temps, il profite de chaque occasion pour me mettre dehors de mon logement afin d’y loger sa fille », raconte Mme Perron avec émotion dans la voix.

« Ma famille dépend de moi (…) Et maintenant, je suis moi-même à la rue! » – Marie Perron

Le journal est entré en contact avec le propriétaire pour entendre sa version de l’histoire, mais ce dernier a refusé à deux reprises et de façon catégorique de témoigner. « J’ai une cinquantaine de tableaux qui seront à la rue car le local en bas est passé au feu, et cette excuse est aussi utilisée pour me faire sortir du logement », affirme Mme Perron.

Une famille qui dépend d’elle

« Ma famille dépend de moi à Haïti. Elle est dans une situation précaire, vu l’instabilité du pays. Et maintenant, je suis moi-même à la rue! », a-t-elle déclaré, précisant que grâce à la Croix-Rouge, elle était tout de même hébergée à l’hôtel pour encore quelques jours avant d’avoir à se débrouiller. « Vous savez, la situation à Haïti est critique. Ma famille a besoin de moi », a-t-elle exprimé, deux jours avant l’assassinat du président de son pays d’origine, aujourd’hui le plus pauvre des Amériques.

Rappelons que le président d’Haïti, Jovenel Moïse, a été victime d’un attentat, le 7 juillet dernier, et que son décès menace de déstabiliser davantage le pays, déjà aux prises avec une crise relevant à la fois de la politique et de la sécurité.

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