Une fraude de 160 000 $

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Par Jean-Christophe Noël
Une fraude de 160 000 $
Jean-Paul Bergeron est maintenant l'administrateur de la paroisse de Sainte-Angèle-de-Monnoir. (Photo : Jean-Christophe Noël)

Pascale Floymon a été reconnue coupable d’avoir détourné « au moins » 160 000 $ à la paroisse de Saint-Angèle-de-Monnoir.

L’ex-employée de la fabrique a été condamnée à 15 mois de prison. Elle devra également rembourser la somme de 160 000 $ volée à son ancien employeur.  

Entre 2013 et 2019, la bénévole de longue date s’est notamment fait plus de 460 faux chèques et s’est appropriée des montants en espèces. Une enquête a démontré qu’elle avait dérobé près de 250 000 $. La coupable n’en reconnaît que 160 000 $.

Mme Floymon avait notamment la responsabilité de comptabiliser la dîme offerte par les pratiquants du lieu de culte. Des dimes allant de plusieurs centaines de dollars pouvaient transiter par les mains de la coupable. « On a fait une confiance aveugle. Elle avait une marge de manoeuvre épouvantable », 

constate Jean-Paul Bergeron, administrateur financier de la paroisse de Sainte-Angèle-de-Monnoir depuis 2019. Dans cette fraude s’étalant sur plusieurs décennies, Pascale Floymon a vidé le compte lié au cimetière. Il est question d’environ 40 000 $. « On s’est ramassés avec plus d’argent et des factures impayées », déplore M. Bergeron. Un dépôt de 3 800 $ a été nécessaire pour que la Fabrique de la paroisse puisse encore avoir recours aux services d’Hydro-Québec. « Il y avait des dettes criantes partout. Elle nous a mis sur la paille », ajoute l’Angèloirien.

« Il y avait des dettes criantes partout. Elle nous a mis sur la paille. » – Jean-Paul Bergeron

En 2019, le curé de la Fabrique, Éloi Giard, avait expliqué avoir découvert le subterfuge alors qu’un rapport devait être envoyé à l’évêché et que l’envoi n’avait pas été fait. Un marguillier s’était alors aperçu que des fonds avaient été déplacés. La « vis avait été serrée » et Pascale Floymon avait admis sa faute. « Il y a des gens qui ont tellement travaillé à Sainte-Angèle pour avoir cet argent pendant qu’elle, subtilement, vidait les comptes », 

relate M. Giard.

Jean-Paul Bergeron raconte que les rapports annuels remis par Pascale Floymon à l’évêché « n’avaient plus d’allure » depuis 2015. « L’évêché a dormi au gaz. Il aurait dû dire au curé que ça n’allait pas dans la paroisse », soutient-il. De son côté, après l’installation de mesures, l’abbé Éloi Giard mentionne « qu’il faut fournir plus de preuves quand on envoie nos rapports financiers annuels. »

Cimon Senécal, procureur aux poursuites criminelles et pénales, estime que Pascale Floymon ne purgera qu’un sixième de sa sentence. 

Une coupable connue

Le couple dans lequel se trouve Jean-Paul Bergeron faisait partie d’un regroupement de six couples de Sainte-Angèle-de-Monnoir qui se voisinaient et se recevaient ensemble à l’occasion. Pascale Floymon était du regroupement. Jean-Paul Bergeron l’a côtoyée par l’entremise de soupers ou de baignades dans la cours. « La dernière année (début 2019), quand elle est venue, déjà il y avait des tensions », remarque-t-il. Le constat de finances déficientes planait.

Quant à Éloi Giard, il voyait Pascale Floymon lors de réunions du conseil de la Fabrique ou de temps à autres à l’église. « Je n’avais pas eu l’occasion de jaser beaucoup avec elle », établit celui qui voit la paroisse ébranlée par les multiples vols.  

Autres interdictions

Il est désormais également interdit à Pascale Floymon d’occuper un emploi où elle aurait à manipuler de l’argent, sauf si elle côtoie alors deux personnes responsables et au courant de ses antécédents. Elle ne peut pas avoir entre les mains de document bancaire non libellé à son nom.

Elle devra également respecter une probation de trois ans. Il ne lui sera pas permis de communiquer avec les employés de la paroisse de Sainte-Angèle-de-Monnoir ou d’en fréquenter les lieux, hormis le cimetière où de la famille défunte y est enterrée.

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