Une fin de semaine haute en alcool

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Par Jean-Christophe Noël
Une fin de semaine haute en alcool
L’alcool fait partie des mécanismes sociaux implantés et, parfois, banalisés. (Photo : Pixabay)

Avec le Festival Bières et Saveurs, et ses multiples arômes éthyliques, qui s’est installé pendant quatre jours à Chambly, d’innombrables litres d’alcool ont coulé, se mêlant au sang des festivaliers et affectant le comportement de certains.

Bien que le festival ne rapporte, malgré l’affluence connue, aucun cas majeur et aucun grave incident en lien avec un taux d’alcoolémie élevé, la vigilance demeure de mise. Les tenanciers de bars s’accordent tous pour dire qu’ils ont, plus que jamais, les dispositifs en place pour que les clients ne conduisent pas avec des facultés affaiblies.

8,1 litres – C’est la quantité d’alcool pur que boit annuellement le Québécois moyen.

Délires et Délices, Le Vieux Bourgogne et Le Lounge suggèrent tous les services de raccompagnement de plus en plus nombreux, de contacter des taxis ou de retirer les clés des conducteurs à risque.

« Nous cessons de servir un client qui se trouve en état d’ébriété. S’il veut conduire, on peut s’interposer, mais nous ne sommes pas la police. Certains peuvent devenir agressifs quand nous voulons leur retirer leurs clés. Oui, on intervient, mais je ne veux pas non plus que mon personnel se mette à risque », explique Anik Cormier, copropriétaire du Délires et Délices.

Appeler la police

Quant à savoir si un bar a le mandat de téléphoner à la police au sujet d’un client qui ne veut pas entendre raison et qui insiste pour conduire en état d’ébriété, les réponses des différents établissements nocturnes se font plus frileuses. Répondre “ oui “ impliquerait de trahir une clientèle qui nous choisit et répondre “ non “ signifierait enfreindre son devoir de citoyen responsable. Courageuse, Marie-Michèle Montpetit, gérante du Lounge, se mouille : « La ligne est très mince. J’ai vécu cette situation deux fois depuis que je travaille dans ce domaine. On ne ferme pas les yeux, mais c’est une zone sensible. Une fois, un client avait de la difficulté à mettre un pied devant l’autre. Il était pas mal avancé. Nous avons insisté, mais il s’est rendu jusqu’à sa voiture. Une employée a contacté la police, qui est arrivée avant que le client ne démarre son véhicule. Mais ça demeure difficile de rapporter chaque fois. »

Éduc’alcool

Selon les chiffres soulevés par Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool, le bon Québécois boit environ 8,1 litres d’alcool pur annuellement, se situant dans la moyenne des autres citoyens du monde.

« Un bar a la responsabilité légale de ne pas servir un client qui est en état d’ébriété. L’établissement n’a pas l’obligation d’appeler la police au sujet d’un client éméché qui veut conduire. Il doit cependant faire ce qui est raisonnable et, oui, ça peut être de faire un signalement aux hommes de loi. Ce n’est pas du stoolage, c’est rendre service à la société en ce qui concerne quelqu’un dont le jugement est altéré », exprime le président, dont l’entité prône jusqu’à dix consommations par semaine pour les femmes et quinze pour les hommes, dans l’esprit d’une consommation modérée.

MAAD

L’organisme Mothers Against Drunk Driving (MAAD) a pour mission de mettre fin à la conduite avec facultés affaiblies et de venir en aide aux victimes de cet acte criminel.

Se basant sur des chiffres de 2012, le MAAD écrit que « Les collisions impliquant la consommation d’alcool et/ou de drogues demeurent la principale cause de décès criminel au Canada. Chaque jour, en moyenne, environ quatre personnes sont tuées et des centaines sont blessées dans des collisions impliquant l’alcool, la drogue ou une combinaison des deux. Les collisions de la route ont causé 2 546 décès. De ce nombre, 1 497, soit 58,8 %, impliquaient des conducteurs ayant de l’alcool et/ou de la drogue dans leur système. »

Pendant le Festival Bières et Saveurs, plus de 700 individus ont utilisé le service de raccompagnement de véhicules électriques de l’Association des Véhicules Électriques du Québec offert bénévolement sur place.

 

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