Une facture plus salée que prévue pour le lab-école

Par Martine Veillette
Une facture plus salée que prévue pour le lab-école
Ricardo Larrivée, Pierre Thibault et Pierre Lavoie, les fondateurs du projet Lab-école (Photo : courtoisie)

Le projet Lab-école, fondé par Ricardo Larrivée, chef cuisinier résidant à Chambly, Pierre Lavoie et Pierre Thibault, coûtera plus cher que ce qui avait été initialement annoncé.

 

Le Journal de Québec a sorti le 28 novembre l’information selon laquelle le coût estimé de la construction des écoles était largement dépassé. Au bureau du député de Chambly et ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, on précise que 68 M$ avaient été accordés par les libéraux pour l’aménagement ou la construction des sept écoles. Le montant est maintenant évalué à 105.1 M$.

Ce projet est piloté par l’organisme sans but lucratif le Lab-école et financé par le ministère de l’Éducation. Il a été lancé sous le gouvernement libéral de Philippe Couillard, alors que Sébastien Proulx était ministre de l’Éducation. Ricardo soutient que la partie destinée pour le Lab-école s’élève à 22 M. « Le reste le gouvernement aurait dû investir ces sommes pour la construction d’écoles de toute façon», dit-il. Le chef cuisinier poursuit « tous les ans le gouvernement dépense (pour la construction d’école). Peut-on faire en sorte que l’argent investi soit pour un milieu mieux adapté? L’important, c’est de savoir si ça va améliorer le quotidien. »

Mauvaise évaluation

M. Roberge soutient que si le projet semble être en dépassement de coûts, c’est qu’il a été mal évalué. Il mentionne l’avoir constaté à son arrivée en poste. « Les libéraux en ont sous-estimé les coûts. Ils ont fait croire qu’on pouvait avoir une école innovante à la moitié du prix », avance-t-il.

De son côté, la porte-parole en matière d’éducation, la députée libérale Marwah Rizqy, soutient que trois éléments ont fait bondir la facture. Elle explique qu’après consultation, plusieurs espaces, comme les gymnases, les cours et les cafétérias, ont été agrandis pour répondre aux attentes. Ensuite, l’ajout de classes de maternelle 4 ans, projet du gouvernement en place. Finalement, les entrepreneurs en construction demandent plus cher pour construire les écoles. « Le ministre est au courant puisque des commissions scolaires lui ont envoyé des lettres à ce sujet. »

La présidente de la commission scolaire des Hautes-Rivières (SCSHR), Andrée Bouchard, mentionne que sa « première réaction a été de penser que le gouvernement n’est pas bon pour évaluer les projets. C’est le cas aussi pour les maternelles 4 ans ». Comme contribuable, elle souhaite que le projet respecte la capacité de payer des citoyens.

L’ajout de classes pour accueillir des maternelles 4 ans avait été estimé à 100 000 $. Le ministre précise qu’en moyenne, la construction d’une classe est évaluée à 800 000 $. Pour celles du Lab-école, 1 M$ sont prévus. M. Roberge a confirmé avoir signé un contrat en ce sens.

Un projet qui vaut le coût

Depuis deux ans, les membres fondateurs planchent sur le projet. Le but est de trouver la meilleure façon de construire et d’aménager les écoles pour favoriser l’apprentissage des élèves.

« On est obligé de porter une réflexion sur le rôle de l’école physique. Si elle est mieux adaptée, le taux de réussite sera amélioré et la qualité de l’enseignement aussi. Une école favorable physiquement permet que les jeunes soient plus susceptibles d’être ouverts à apprendre et l’enseignant, plus motivé à enseigner », croit Ricardo Larrivée. Il ajoute qu’à « une époque pas si lointaine, les jeunes retournaient manger à la maison. Les écoles ne sont pas conçues pour que les enfants y mangent ».

Le projet a été lancé sous l’autre gouvernement, mais M. Roberge affirme appuyer le dossier. « On aurait pu faire ce projet à l’interne, mais le précédent gouvernement avait accepté. C’était déjà lancé et j’ai trouvé l’initiative intéressante. Il faut contrôler les coûts et je peux vous assurer qu’on les contrôle », indique-t-il.

Mme Rizqy souligne que « trois hommes ont voulu rêver l’école de demain avec un OBNL. Le gouvernement a décidé de rêver avec eux ».

Le ministre Roberge estime que ce projet permettra d’améliorer l’ensemble des futures écoles. « Le travail de Lab-école nourrit les réflexions sur comment bâtir les écoles. C’est un beau travail de consultation. Il y aura un prototype et on pourra tirer le bon pour l’appliquer. On pourra s’en inspirer pour bonifier les futures écoles », mentionne-t-il.

La députée Rizqy abonde dans le même sens et croit qu’il faut aller de l’avant avec ce projet pilote pour ensuite en tirer un constat.

La présidente de la CSHR soutient « être jalouse » de ne pas en avoir sur son territoire, puisque ce seront de belles écoles. Elle précise toutefois avoir quelques questionnements, notamment à savoir comment les écoles vieilliront et qui assurera l’entretien des toits végétaux et des grandes fenêtres, par exemple. Mme Bouchard mentionne également que lors d’un agrandissement d’école, l’ancienne partie est actualisée selon les normes du jour. « J’ai davantage confiance en ça », dit-elle.

Admiration pour les fondateurs

M. Roberge ainsi que Mmes Rizqy et Bouchard saluent tous l’initiative et l’implication des trois fondateurs.

« On dit souvent que l’éducation est une responsabilité nationale. Je ne peux que me réjouir de voir des personnes qui n’ont aucun lien avec les écoles s’en intéresser; c’est bon signe », conclut le ministre.

Ricardo Larrivée soutient le faire pour redonner à la communauté et parce qu’il croit « qu’on peut changer la société en s’assurant du mieux ».

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