Une décision mûrie et décortiquée

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Par Jean-Christophe Noël
Une décision mûrie et décortiquée
Les conseillers de la Ville ont été unanimes quant à la vente des Forts de Chambly. (Photo : courtoisie)

C’est à l’unanimité que s’est prononcé le conseil de Ville de Chambly lors de la séance de février :le processus de vente de la franchise de hockey Junior AAA (JAAA) – Les Forts de Chambly est entamé.

La décision a été annoncée rapidement lors de la séance du conseil de Ville, mais mûrie et décortiquée longuement de la part de l’administration.

« Pour ma part, la décision d’entreprendre le processus de vente de la franchise de hockey JAAA, les Forts de Chambly, a été prise après une analyse complète faite par notre Service des loisirs et culture. Je tiens à dire que cette décision n’a pas été facile à prendre, compte tenu de l’attachement de certains citoyens envers cette équipe », exprime d’emblée la conseillère Marie Lise Desrosiers.

« Conserver la franchise de hockey à Chambly perpétuait ce problème du manque de disponibilité de temps de glace pour les jeunes Chamblyens. » – Marie Lise Desrosiers

Carl Talbot a un lien émotif envers la concession sportive. « Avant toute chose, j’étais un fan; j’avais des billets de saison, j’allais aux parties, j’ai connu des joueurs, des parents, Marc-André Houle, des bénévoles qui ont gravité et travaillé fort autour de l’équipe. Au début, au jour un à titre de conseiller, je ne souhaitais pas leur départ », émet en préambule le conseiller du premier district.

Espace supplémentaire pour le hockey mineur et le patinage artistique

Toutefois, bien que rares soient les personnes contre l’épanouissement d’une équipe junior dans une ville, des données probantes ont fait pencher la balance.

« Au cours des dernières années, Chambly a accueilli beaucoup de jeunes familles. Or, l’analyse du Service des loisirs et culture a démontré que les jeunes de notre ville qui pratiquent le patinage artistique et le hockey mineur avaient significativement moins de temps de glace que les jeunes des villes avoisinantes. Pour moi, conserver la franchise de hockey à Chambly perpétuait ce problème du manque de disponibilité de temps de glace pour les jeunes Chamblyens. Comme vous le savez sûrement, la mission première d’une Ville est d’offrir des services de qualité à l’ensemble de ses citoyens. C’est dans cette optique que ma décision a été prise », met de l’avant Mme Desrosiers.

« Si j’enlève mon chapeau de fan et que je mets celui de conseiller, la mission d’une Ville est de faire bouger ses jeunes. La Ville donne beaucoup d’heures pour le JAAA, mais au détriment des kids d’ici. Je n’ai jamais été contre une équipe JAAA, mais c’est un vote pour le hockey mineur et le patinage artistique, considérant que, par année, il y a un joueur ou deux seulement de Chambly qui jouent pour Les Forts » ajoute Carl Talbot, qui revient sur les statistiques avancées par le Service des loisirs et culture.

Mario Lambert renchérit que « le rôle d’une Ville est d’offrir du service à sa population. Par cela, on parle de temps de glace, de loisir, etc. Le temps de glace que l’on donne gratuitement aux Forts, c’est du temps que les enfants de Chambly n’ont pas. On administre une équipe qui évolue dans une ligue supérieure. Le conseil a conclu que ça ne fait pas partie du domaine d’expertise de la Ville ».

À son tour, Luc Ricard abonde dans le même sens que ses homologues en spécifiant que ce sont 700 joueurs dans le hockey mineur ainsi que 160 patineurs artistiques qui écopent pour les heures de glace indisponibles.

Julie Daigneault appuie les dires de sa consœur et de ses confrères. Elle martèle à son tour sur « l’importance de permettre au plus grand nombre de jeunes de pouvoir profiter de nos installations. Il faut prendre en considération la capacité d’accueil de nos installations. »

« À qui sont Les Forts? »

« À qui sont Les Forts? » a entraîné une réponse ardue à obtenir, selon les conseillers. Certains parlent « de plus d’une année de recherches », « d’une longue saga », « de faire sortir une expertise légale en raison d’une équipe acquise sans véritable acte d’achat », « de prêt de 85 000 $ sans savoir véritablement où est allé l’argent ». Certains conseillers s’accordent pour dire que le dossier en est un flou et nébuleux, teinté de zones grises.

Engagement de la communauté

Il ne suffit que d’être allé voir quelques parties en régions éloignées pour cerner l’importance du hockey junior au sein d’une municipalité, organe rassembleur et locomotive économique d’une communauté. « En septembre 2019, nous nous sommes déplacés à une partie des Forts. On a questionné des gens et on s’est rendu compte que, malheureusement, Les Forts ne bénéficient pas de cet engouement auprès de la population de Chambly, bien malgré eux », indique Mario Lambert.

« J’aime bien le hockey, mais ça coûte quelques dizaines de milliers de dollars à exploiter par année à la Ville, alors que ça devait générer des revenus. Il devait y avoir 125 spectateurs par partie, générant des sous au restaurant, mais même le restaurant perd de l’argent. Finalement, ça n’a pas été un gros succès. Je n’étais pas contre le club, car j’aime le hockey, mais financièrement, tu regardes ça et ça ne fonctionne pas. Un autre point, c’est que les joueurs devaient donner du temps bénévolement pour stimuler, valoriser le sport, chose qui n’a pas été vraiment faite après la première année », conclut M. Ricard.

Le Journal de Chambly a demandé combien il en coûtait à la Ville pour assurer le roulement des Forts annuellement ainsi que la valeur potentielle identifiée de l’équipe sur le marché. Une réponse suivra.

Les autres conseillers n’ont pas été en mesure de répondre au moment d’écrire ces lignes.

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