Une Césairoise parmi les cinq finalistes du Prix de la nouvelle Radio-Canada 2019

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Par Martine Veillette
Une Césairoise parmi les cinq finalistes du Prix de la nouvelle Radio-Canada 2019
(Photo : courtoisie)

Annie Rousseau s’est classée parmi les cinq finalistes du Prix de la nouvelle Radio-Canada 2019. Une première, pour l’auteure de Saint-Césaire, qui lui a donné l’envie de publier ses écrits.
« Ça fait une dizaine d’années que je participe. C’est la première fois que je me rends aussi loin. Je n’avais jamais été rappelée. J’étais contente d’être parmi les vingt-trois finalistes. Être dans le top cinq, j’étais vraiment contente », indique celle qui a étudié à la maîtrise de création littéraire.
Les Prix de la création Radio-Canada se veulent un tremplin pour les écrivains canadiens. Ils sont ouverts autant aux amateurs qu’aux professionnels et récompensent les écrits inédits qui sont soumis.
Mme Rousseau écrit depuis qu’elle est toute petite. « L’écriture, c’est toute ma vie! Depuis l’enfance, j’écris tous les jours. J’ai participé à des concours et j’ai gagné souvent. Ado, j’écrivais des poèmes. Ce n‘était pas de qualité, mais j’améliorais mon écriture et approfondissais mes émotion », raconte-t-elle.
Malgré qu’elle écrive tous les jours, l’auteure n’a pas encore publié de roman ou d’autres écrits. « J’ai déjà envoyé des textes dans des maisons d’édition. Ça n’a pas marché et j’ai décidé de laisser tomber », dit-elle.
Être finaliste à ce prix lui a donné la confiance de tenter à nouveau sa chance. Mme Rousseau compte aller « cogner à des portes ». Sachant que mon travail a été reconnu, c’est peut-être plus sécuritaire pour une maison d’édition », croit-elle.
Comme elle a beaucoup de textes d’écrits et ne manque pas d’imagination, elle se questionne à savoir si elle ira avec un recueil de nouvelles ou si elle présente son roman. « C’est un beau problème », se réjouit-elle.

Les petites violences

Le texte qu’elle a présenté au concours de la société d’État s’intitule Les petites violences. Il aborde le sujet de la séparation et relate un conflit qui éclate entre deux ex qui cohabitent. « Ils vivent une rupture douloureuse alors que les enfants sont là. Il y a un dérapage qui découle d’une panique momentanée des deux personnages. Il y a un éclatement et ensuite le calme après la tempête », résume-t-elle.
L’auteure précise qu’il n’y a personne qui est battu dans son récit. Il montre que des excès sont possibles malgré de la bonne volonté. « Ça montre comment tout le monde peut déraper sans être une personne toxique. La personne peut avoir de mauvais réflexes. Ça montre ces petites violences. Sans mauvaise volonté, on peut développer des réflexes toxiques », décrit-elle.
Mme Rousseau soutient que les lecteurs pourront comprendre la dynamique de ce type de relation.

Enseignante

Au-delà de l’écriture, cette mère de deux enfants est enseignante au cégep de Granby dans le domaine de la littérature. Ces charges de cours changent d’une session à l’autre depuis qu’elle a commencé il y a une dizaine d’années. Il lui est arrivé de donner le cours de création littéraire. « J’avais le privilège d’accéder à l’imaginaire des jeunes », se réjouit-elle.
Mme Rousseau a choisi de vivre de l’enseignement plutôt que de sa plume. Elle a été en partie inspirée par ses parents, qui sont tous les deux professeurs au secondaire. « Je me suis dit que j’allais enseigner et écrire en parallèle », dit-elle.
Aujourd’hui âgée de 38 ans, elle jongle avec l’idée de réduire sa charge de travail d’enseignement pour se consacrer un peu plus à l’écriture.
L’écrivaine conseille à tous ceux qui désirent écrire un livre ou qui ont la passion de l’écriture de toujours prendre des notes. « Que ce soit court ou long, il faut écrire nos idées. Un jour, on les rassemble et ça peut donner un livre ou un recueil », conclut l’auteure.

Comité de sélection

Extrait de ce qu’a pensé le comité de sélection de son œuvre. « Dans cette nouvelle sur le thème de la violence conjugale, la voix de l’auteure est singulière – à la fois imagée et crue. La narration, particulièrement sentie. Aveux, silences, souvenirs, suggestions et non-dits s’y succèdent dans un récit très incarné, où ruptures syntaxiques, répétitions et leitmotive rendent très bien la désorganisation familiale et la violence quotidienne subie par la narratrice. »

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