Un réseau qui était prêt

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Par Jean-Christophe Noël
Un réseau qui était prêt
Marc-Étienne Cloutier, pharmacien. (Photo : archives)

Malgré le report d’un mois annoncé par le ministre de la Santé quant à la double vaccination obligatoire des travailleurs de la santé, plusieurs acteurs du réseau se disaient prêts à faire face à la musique.

Certains le craignaient depuis un bon moment, ce post 15 octobre qui viendrait heurter les flancs du réseau déjà fragile qu’est celui de la santé. « On était prêts. Ce n’était pas quelque chose que l’on appréhendait », relate Brigitte Pouliot, directrice des communications pour Cogir Immobilier, qui s’occupe de la résidence des Jardins du Couvent à Marieville.

« Toute mon équipe est vaccinée », mentionne de son côté le pharmacien Marc-Étienne Cloutier, copropriétaire de Familiprix à Chambly. Dans son cas, l’Ordre des pharmaciens aurait suspendu les permis d’exercice pour les pharmaciens non adéquatement vaccinés. C’est une quarantaine d’employés qui sont vaccinés, comme l’exige le gouvernement.

La clinique Fort Chambly a été proactive dès l’annonce du passeport vaccinal obligatoire pour les travailleurs de la santé. « Le personnel de la clinique, secrétaires, infirmières et médecins, a fait la preuve de sa vaccination » a indiqué Luc Gagnon, médecin pratiquant à la clinique. Le CISSS demande également que chaque médecin lui fournisse une preuve de vaccination, sans quoi celui-ci perdrait son droit de pratique, selon la loi. Ce sont 8 médecins de famille, 17 médecins spécialistes, 5 secrétaires, 2 infirmières auxiliaires et 4 infirmières cliniciennes.

Convaincre de se faire vacciner

Quand l’annonce de l’échéancier du 15 octobre a été faite au mois d’août par Québec, l’équipe de Cogir s’était immédiatement mobilisée et mise ‘’en mode’’ action. « On a rencontré les employés qui n’étaient pas vaccinés pour comprendre pourquoi ils ne voulaient pas être vaccinés. » À l’instar du gouvernement, Cogir Immobilier a mis en place une forme de loterie vaccinale récompensant les employés qui seraient adéquatement protégés en date du 15 octobre. À ce jour, environ 2 % des employés de l’entreprise demeurent non vaccinés globalement. Aux Jardins des Couvents, ce serait une employée seulement qui refuserait le vaccin.

« De mon côté, j’ai été très chanceux. Tout le monde était pour la vaccination. On a d’ailleurs nous-mêmes vacciné tous nos employés. Je sais, par contre, que ç’a été plus difficile pour certains collègues », mentionne le pharmacien. Il ajoute que dans un contexte où il y a pénurie d’employés et où le recrutement se veut ardu, il aurait été pénible de perdre du personnel qualifié au 15 octobre ou au 15 novembre, désormais.

À la clinique du Fort Chambly, aucune réticence n’a été démontrée à l’égard des vaccins. « J’ai été surpris d’apprendre le nombre dans les médias. L’ensemble de personnes qui refusent le vaccin en santé, en nombre absolu, est important, mais si l’on y va en pourcentage, c’est une minorité. Mais, même si c’est une minorité de personnes, ce sera toujours trop », témoigne Dr. Gagnon.

Parmi les 2 % d’employés non vaccinés de Cogir, la majorité se situe dans ce qui concerne le service alimentaire. Il est question ici de travailleurs qui se retrouvent dans les cafétérias d’hôpital ou dans une salle de résidence privée pour aînés (RPA), par exemple. « C’est dans ce secteur que l’on vivait une crainte de perdre du personnel, car ces travailleurs peuvent quitter le domaine de la santé et aller travailler en restauration où, pour l’instant, le passeport vaccinal n’est pas exigé pour les employés », met en perspective Mme Pouliot. Elle ajoute que « nos gens en soins qui n’étaient pas encore vaccinés ont saisi l’impact, impliquant qu’ils tomberaient sans solde et qu’ils ne pourraient pas aller travailler ailleurs. Cet argument avait du poids ». Aucun bris de service n’a été redouté sur les lieux.

Non vaccinés

Parmi le personnel qui n’était pas vacciné, la directrice des communications de Cogir parle principalement de procrastination. « Je n’ai pas besoin de le faire, donc, je ne l’ai pas fait, paraphrase-t-elle. Ceux-là ont été très faciles à convaincre. Et, comme dans toute la population, il y a les purs et durs qui ne croient pas à la COVID-19 et que nous n’arriverons pas à convaincre malgré tous les arguments de la terre. Malheureusement, ceux-là devront quitter le 15 novembre », complète-t-elle.

Aux Jardins du Couvent, le personnel s’apprête à administrer une troisième dose à sa clientèle dès la fin du mois d’octobre.

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Diane turgeon
Diane turgeon
29 jours

Moi je n’accepterais pas de me faire soigné par une personne qui n’est pas vaccinée