Un règlement de zonage dénoncé par un entrepreneur

Par Annabelle Baillargeon
Un règlement de zonage dénoncé par un entrepreneur

SAINT-MATHIAS. Tous les matins, Francis Béchamp quitte son domicile de Saint-Mathias-sur-Richelieu à bord de son camion, accompagné de ses employés, pour rouler sa bosse avec les Services paysagers BECO. Cette routine pourrait toutefois changer, puisque l

C’est après une inspection que le Service d’urbanisme de la municipalité a découvert les quatre camions et remorques qui se trouvent sur la propriété de M. Béchamp, sur le chemin de la Rivière des Hurons Est. De la rue, il est impossible de les repérer.

Le terrain se trouve toutefois en zone agricole, et le propriétaire ne possède aucun permis d’usage commercial sur sa terre.

Série d’avis

Un premier avis d’infraction concernant un usage commercial non autorisé est envoyé le 8 juin 2015, quelques jours après la visite de l’inspectrice Natalia Cemschi. On indique dans cette note «qu’aucun entreposage commercial ne peut être effectué sur cette propriété, dont l’usage doit demeurer agricole en tout temps».

On demande au propriétaire de retirer tous ses camions commerciaux et d’y cesser ses activités commerciales.

«Je ne reçois pas de clients chez moi. Je ne fais pas de business ici», se défend M. Béchamp. Installé à Saint-Mathias depuis 2007, c’est la première fois qu’on lui fait un tel reproche.

Un mois plus tard, un deuxième avis est envoyé à ce sujet. Un constat d’infraction d’un montant de 270$ lui est par la suite envoyé, en octobre.

Inéquitable

«C’est un aveuglement volontaire ciblé de la part de la Ville. Si c’est bon pour un, c’est bon pour les autres. C’est de l’acharnement», peste le Mathiassois, qui estime ne pas être le seul dans sa situation.

Le Journal de Chambly a aussi constaté plusieurs voitures commerciales garées sur les terrains de propriétés dans le secteur.

Aucun favoritisme

Le chef du Service de l’urbanisme et de l’environnement de la municipalité, Philippe Gaudet, assure que la Ville n’accorde aucun traitement de faveur.

Plusieurs propriétés possèdent des droits acquis, leur permettant l’usage commercial. Pour les autres cas, il garantit que la Ville traite tous ces dossiers et que les gens se conforment généralement aux règles. L’an passé, cinq cas comparables ont été relevés.

«C’est un usage illégal. Ça fait neuf ans qu’il est là et qu’il ne paie pas de taxes commerciales. Ce n’est pas juste pour le trésor public», plaide M. Gaudet.

Victime de la concurrence

L’entreprise de M. Béchamp pourrait donc se relocaliser dans le quartier industriel de Chambly, où il coûte, selon l’entrepreneur, entre 3000$ et 5000$ par mois pour entreposer son équipement. Il estime que cette somme l’étoufferait et l’empêcherait d’être compétitif sur le marché.

Pour payer ce loyer, il devrait monter ses prix considérablement, donnant ainsi avantage à ses concurrents.

«On n’arrête pas d’entendre qu’on veut encourager l’entrepreneuriat au Québec. Ça ne donne pourtant pas le goût de se lancer en affaires», se désole-t-il.

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