Un projet international pour le compositeur François Rossignol

Un projet international pour le compositeur François Rossignol

François Rossignol compose des arrangements sonores dans son atelier.

Crédit photo : courtoisie

Le compositeur musical et concepteur sonore François Rossignol participe, avec une danseuse française et un chanteur japonais, à un projet d’envergure qui devrait se concrétiser cette année.

Il s’envolera à Paris au mois de mai et y restera jusqu’en juillet pour peaufiner le projet avec ses collègues. Pour l’aider à réaliser son travail, il a reçu une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec. L’hébergement en Europe lui est aussi fourni. « De ma chambre, la tour Eiffel cadre parfaitement dans la fenêtre », mentionne-t-il.

Le résidant de Chambly a eu vent, par l’entremise d’une connaissance, du projet commencé par la Française et le Japonais. Il a ensuite fait des recherches sur leur projet de créer une nouvelle forme d’art. Elle, Françoise Jasmin, dirige l’école de danse Butô, lui, Kiyoshi Kawara, se spécialise dans le théâtre nô. Leur projet combine les deux. « C’était intéressant, ils en étaient encore aux balbutiements. Je leur ai envoyé des esquisses de musique et ils ont aimé ça », explique-t-il.

M. Rossignol a déjà commencé des croquis de musique mais travaillera plus sérieusement lorsqu’il sera sur place.

Dans son atelier, situé dans son sous-sol, il crée des instruments afin de produire les sons désirés. Parfois, les instruments existent déjà, parfois, il les modifie légèrement et en d’autres occasions, il doit les créer complètement. Pour ce cas-ci, le compositeur mentionne qu’il doit faire « le pont entre l’art traditionnel du nô et le moderne ».

« Je dois garder une certaine tradition et ne pas trop brusquer le théâtre nô, qui n’a pas bougé depuis six siècles », relate-t-il.

M. Rossignol soutient être très stimulé par ce projet d’envergure. « Pour un compositeur, c’est extraordinaire comme aventure, indique-t-il. Ça ne ressemble à rien de ce que j’ai fait auparavant. »

« Pour un compositeur, c’est extraordinaire comme aventure. Ça ne ressemble à rien de ce que j’ai fait auparavant. » – François Rossignol

L’homme de 50 ans explique que dans ce spectacle, le fond est noir et la danseuse crée le décor avec ses mains et ses mouvements. Du côté de la musique, elle n’est pas en continu, mais jouée entre les segments du chanteur. Seule la flûte a le droit de jouer en même temps que le chanteur s’exécute. « C’est un défi immense », s’exclame-t-il.

Le spectacle voyagera dans le monde. Il est censé être présenté en France et au Japon. M. Rossignol souhaite qu’il vienne également dans la région de Montréal.

Beaucoup de projets

Le compositeur et concepteur ne manque pas de boulot. Il crée de la musique pour plusieurs pièces de théâtre au Québec, principalement pour la compagnie La comédie humaine. Il a un contrat de cinq ans avec elle. À son retour d’Europe, il planchera sur deux contrats.

Il a notamment fait les arrangements sonores pour les pièces Cyrano de Bergerac, en tournée jusqu’en mai, et La Souricière.

Il y a deux volets à la conception sonore : les bruits et la musique. Pour reproduire les sons, il utilise toutes sortes d’outils. « Ce qu’on entend n’est pas nécessairement ce que l’on voit. Par exemple, une épée ne sonne pas comme une épée. Pour reproduire ce son, il faut utiliser une lime sur un ressort avec un gros morceau de métal en dessous », illustre-t-il.

M. Rossignol ajoute que la réalisation de l’environnement sonore d’une pièce de théâtre est différente de celle que l’on fait pour un film. « Pour créer la musique d’un film, on a les images devant nous. Au théâtre, on n’a rien de ça. On doit être synchro sans les images », mentionne-t-il.

L’homme consacre en moyenne 300 heures à la conception et aux composition musicales pour une œuvre.

CD

M. Rossignol réalise également toutes les étapes nécessaires à la production d’un album pour d’autres artistes. Il le fait notamment avec Steve Trottier. « Mon travail est de faire en sorte que la vision de l’artiste prenne vie », souligne-t-il.

Le Chamblyen produit également ses propres CD de piano. Il souhaite en sortir deux cette année, possiblement un premier avant son départ pour Paris. Il présente aussi des spectacles de piano en Estrie. Le musicien compte y tester son nouveau matériel cette année.

Question aux lecteurs :

Êtes-vous intéressé par ce genre de spectacle?