Un premier long métrage pour Renée Beaulieu

Un premier long métrage pour Renée Beaulieu

Normand D'Amour dans une scène du film Le Garagiste.

La réalisatrice Renée Beaulieu entame sa carrière dans les festivals avec Le Garagiste, son tout premier long métrage. Bien connue dans ses fonctions de pharmacienne à Richelieu, Mme Beaulieu a mis 6 ans avant de voir son projet de film se réaliser.

Celle qui a scénarisé le film Le Ring (2007), présenté dans plusieurs festivals, verra son premier opus projeté jusqu’au 4 octobre au Festival du Film de Calgary dans la section « Canadian Cinema series ». Puis du 28 septembre au 3 octobre, il sera en compétition officielle au Festival international du Film de femmes de Salé, au Maroc. Le film a aussi été sélectionné en Compétition internationale au 32e Festival international du Film Francophone de Tübingen Stuttgart qui aura lieu du 4 au 11 novembre.

Le Garagiste raconte l’histoire d’Adrien, un garagiste d’une petite ville québécoise en bordure du fleuve Saint-Laurent qui espère une greffe rénale depuis cinq ans. Il tente tant bien que mal de préserver son garage, son couple, malgré les longues heures passées en dialyse. Son énergie s’étiole au gré de la maladie, mais l’embauche d’un jeune homme d’un village éloigné déclenche dans la vie d’Adrien une suite de bouleversements.

Disposer de notre vie est-ce un droit? Vivre et mourir sont-ils des libertés, des devoirs, des responsabilités? Comment aimer? Comment vivre? Comment mourir? Ces questionnements sont symboliquement transposés dans l’histoire d’Adrien, campé par Normand D’Amour. Le film relance le débat sur l’euthanasie et les soins en fin de vie.

Cette histoire s’inspire d’une expérience personnelle vécue par Renée Beaulieu.

À l’automne 2006,  elle donne un coup de main à son conjoint à la pharmacie. Elle vérifiait les piluliers, dont celui d’un homme qui souffrait d’insuffisance rénale. Pendant un certain temps, elle  n’avait plus à vérifier son pilulier. L’homme était hospitalisé pour une greffe de rein après plusieurs années d’attente. Quelques mois plus tard, l’homme apparaît au comptoir de la pharmacie dans un piteux état.

«Je m’en rappelle encore avec beaucoup d’émotions. Je comprenais qu’il se relevait d’une brosse monumentale. Mon conjoint, son pharmacien, lui apprend que son corps rejette la greffe de rein et lui, rejette le retour à la dialyse. Je me rappelle son visage et sa démarche au moment de sortir pour la dernière fois de la pharmacie. L’émotion courait partout comme une onde en état de folie dans le laboratoire. Nous ne l’avons jamais revu. Il est mort chez lui 10 jours tard», raconte la réalisatrice.

Renée Beaulieu a tourné son film à Trois-Pistoles, ville qui a bercé son enfance. Il met en vedette Normand D’Amour  Pierre-Yves Cardinal, Louise Portal, Nathalie Cavezzali et Michel Dumont. Le film est distribué par TVA Films. Renée Beaulieu qui signe également le scénario de son film et le montage partage la production avec Ian Quenneville et Ian Oliveri.