Un nouveau livre sur les Autochtones

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Par Jean-Christophe Noël
Un nouveau livre  sur les Autochtones
Michel Jean et son nouveau livre Tiohtiá:ke qui signifie Montréal en langue Mohawks. (Photo : courtoisie)

Michel Jean a lancé, le 27 octobre, son huitième roman, intitulé Tiohtiá:ke, cette fois-ci inspiré de la présence des Autochtones en milieu urbain.

Le Mathiassois était fraîchement revenu de la Foire du livre de Francfort, en Allemagne, grand événement international, où il a séjourné du 16 au 23 octobre. Par l’entremise, entre autres, de médias locaux télévisés, radiophoniques et écrits, il a fait la promotion de son livre Kukum, traduit récemment en allemand. « Il y avait un vrai intérêt et les réactions envers Kukum sont vraiment excellentes jusqu’à présent », raconte l’auteur du livre vendu à plus de 110 000 exemplaires à ce jour.

Tiohtiá:ke est le dernier roman du chef d’antenne à TVA. Le livre, dont une scène se déroule à Chambly, sur l’avenue Bourgogne, soulève la question de qui sont les Autochtones qui, aujourd’hui, vivent en milieu urbain. Une partie de cette représentation est caractérisée par l’itinérance. « Ces gens sont la descendance des anciens pensionnaires. Ils sont la conséquence des pensionnats autochtones. Mais je veux montrer qu’il n’y a pas que ça. Il y en a plein qui réussissent bien. Il y en a qui font du bénévolat et qui sont actifs auprès des communautés; il y a aussi du positif dans tout ça », nuance Michel Jean.

« Ils découvrent avec stupéfaction que le Québec et le Canada, ce n’est pas nécessairement l’image du pays bienveillant qu’ils se faisaient. » – Michel Jean

Par voie de communiqué, l’équipe de presse de Michel Jean envoie ces quelques lignes en lien avec Tiohtiá:ke : « Élie Mestenapeo sort de prison après avoir purgé sa peine pour le meurtre de son père, un homme alcoolique et violent. Sa communauté innue de Nutashkuan l’a banni. Il débarque à Montréal et se retrouve dans la rue. Il y croisera des personnes d’autres nations, Inuit, Cris, Atikamekw, venues comme lui s’échouer dans la métropole, et il fera des rencontres déterminantes qui l’aideront à se reconstruire ». Est dépeinte ici la réalité de tous ces Autochtones qui se regroupent dans les villes pour reformer la communauté qu’ils ont perdue.

Journée nationale de la vérité et de la réconciliation

Le 30 septembre dernier a marqué la toute première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Cette journée est l’occasion de rendre hommage aux enfants disparus et aux survivants des pensionnats, à leurs familles et à leurs communautés. « La commémoration publique de l’histoire tragique et douloureuse des pensionnats et de leurs séquelles durables est un élément essentiel du processus de réconciliation », mentionne le gouvernement du Canada. Une fois cette journée nommée, comment faire pour continuer d’aller de l’avant et améliorer le sort des communautés innues? « Le fait d’avoir une journée permet un événement au calendrier qui reviendra chaque année pour se souvenir. Deuxièmement, le plus important, c’est que les gens soient informés. À partir du moment où ils savent la réalité, beaucoup de chemin est fait », explique le journaliste d’enquête. Il ajoute que connaître cette réalité, connaître les causes, permet de faire des liens entre les problèmes sociaux vécus et les pensionnats. « Plutôt que de penser que les gens sont ainsi car ils sont Indiens, car ils ne tolèrent pas l’alcool, car il y a des problèmes de consommation. Il y a souvent des préjugés. Être informé, c’est la première étape. »

Vision européenne

Les pays d’Europe ont aussi leurs enjeux entre différentes cultures qui se côtoient. Quelle est leur vision de la relation entre les Innus et les Québécois/Canadiens? « Ils sont assez choqués des histoires de dépouilles d’enfants trouvées près des anciens pensionnats. Ils découvrent avec stupéfaction que le Québec et le Canada, ce n’est pas nécessairement l’image du pays bienveillant qu’ils se faisaient. Ça les confronte, ça leur donne une autre perspective de ce que sont le Québec/Canada », termine l’homme issu de la communauté de Mashteuiatsh.

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