Un local mieux adapté aux besoins avec une classe flexible

Par Martine Veillette
Un local mieux adapté aux besoins avec une classe flexible
Josette Langevin a aménagé sa classe de façon à ce que les élèves aient le choix de leur endroit de travail. (Photo : Martine Veillette)

Divan, tapis, bancs de toutes sortes, casiers et différents accessoires ornent le lieu de travail de Josette Langevin, en plus des traditionnels pupitres. Sa classe en est une flexible.

 

Cette professeure de l’école Carignan-Salières, à Carignan, souligne d’emblée que sa classe n’est pas « complètement flexible » puisqu’elle possède des pupitres. Par contre, les élèves, qui sont en 3e et 4e année, sont amenés à travailler aux différents endroits. « Je fonctionne beaucoup en ateliers. Les enfants choisissent la façon dont ils veulent s’installer pour travailler. L’élève peut décider de travailler à son pupitre ou d’aller rejoindre un ami pour le faire en équipe ou encore sur le tapis. »

Bien qu’elle enseigne ainsi depuis 13 ans, cette façon de faire n’est pas encore répandue à toutes les classes. « Chacun enseigne de la façon qui le rend le plus à l’aise », dit-elle. Ce style d’enseignement cadre avec sa personnalité.

Si Mme Langevin a opté pour ce type d’installation, c’est grâce à une autre enseignante qui utilisait cette technique et qui a été une sorte de mentore pour elle. « Je suis tombée en amour avec ce fonctionnement. Moi, comme adulte, quand j’assiste à des conférences, au bout d’un moment, je suis tannée. Les enfants ont un temps d’attention restreint. Ce concept permet aux élèves de bouger et de se déplacer. Ils peuvent s’installer à genoux, assis par terre ou sur un banc », relate-t-elle.

Regroupement

Lorsqu’elle enseigne des notions, les élèves se regroupent sur le tapis placé devant le tableau. « Je les trouve trop loin quand ils sont à leur place. Ça me permet, s’il y en a un dans la lune, d’aller le chercher plus rapidement et discrètement. Aussi, ceux qui ont compris peuvent quitter pour aller travailler pendant que je réexplique aux autres », raconte-t-elle.

Cet espace sert aussi pour des discussions de groupe, lors de conflits ou lorsque les élèves ont besoin d’une pause. « Les enfants aiment ça; ils peuvent donner leur opinion. Ils ont souvent de bonnes idées », s’exclame l’enseignante.

« Ce concept permet aux élèves de bouger et de se déplacer. Ils peuvent s’installer à genoux, assis par terre ou sur un banc. » – Josette Langevin

Autonomie et confiance

Mme Langevin, qui enseigne depuis plus de 25 ans, soutient ne pas avoir remarqué d’amélioration notable du côté des notes avec ce fonctionnement. Cependant, elle constate que les jeunes démontrent une plus grande autonomie. « Ils décident de l’endroit où ils travaillent et avec qui. Ça leur donne un peu de pouvoir. Ils apprennent aussi à faire les bons choix. S’ils considèrent que ce n’était pas une bonne idée de s’installer d’une telle façon, ils feront un autre choix la prochaine fois. Ça démontre aussi que je leur fais confiance en leur laissant un peu de pouvoir », dit-elle.

La professeure estime aussi que ça peut donner le goût aux enfants d’aller à l’école. « Les élèves entrent dans la classe et trouvent ça le fun. Ça fait en sorte qu’ils sont plus intéressés et ils écoutent plus », constate-t-elle.

Lors de la rencontre avec les parents, l’enseignante leur explique le fonctionnement. « Je n’ai jamais eu de commentaires négatifs. S’il y en a eu, ils ne se sont pas rendus à mes oreilles», dit-elle.

Changement graduel

Mme Langevin indique avoir transformé sa classe graduellement au fil des années en ajoutant divers éléments.

« On investit parce qu’on aime ça. On a aussi un budget à respecter. Il faut faire preuve d’imagination et de créativité », indique-t-elle.

La résidante de Sainte-Julie a récupéré des objets que des gens de son entourage n’utilisaient plus et a fait des achats dans des ventes de garage pour garnir son lieu de travail.

Pour aménager sa classe ainsi, elle n’a pas eu de contraintes de la direction ou de la commission scolaire. À la Commission scolaire des Patriotes, à laquelle l’école est rattachée, on indique ne pas répertorier le nombre de classes, puisque « c’est propre à chaque enseignant de décider de le faire ».

Mme Langevin soutient « adorer son travail ». Bien que l’âge de la retraite se rapproche, elle ne compte pas la prendre tout de suite.

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