Un deuil en isolement

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Par Jean-Christophe Noël
Un deuil en isolement
Certains n'ont pas pu accompagner un proche avant sa mort en raison de la pandémie. (Photo : courtoisie)

La COVID-19 a provoqué l’isolement, privant l’accompagnement naturel que les humains ont besoin de vivre devant le dernier droit d’un proche le menant à son ultime souffle.

« Pour tous les deuils, il est important de rester à l’écoute de son vécu, de sa peine, de sa colère, de ses peurs. Il faut se donner la permission de vivre les émotions difficiles. Certains se jugent de vivre ces sentiments, mais accepter et vivre sa tristesse demandent plutôt de la force », décrit d’emblée Anne-Marie La Barre, thérapeute en relation d’aide à Chambly, quant à une réaction commune au sujet d’un deuil habituel. Elle nuance que « de vivre ces émotions difficiles n’est pas dans un but de complaisance, mais bien dans l’objectif de toucher à ce que l’on vit pour identifier ses besoins, menant à la responsabilisation ».

Les clients apprivoisant le deuil font partie de la diversité que côtoie professionnellement la thérapeute. Lors de la première vague, dans un contexte de confinement, où aller dire adieu ou vivre les derniers moments d’un mourant ont été proscrits, c’est une approche différente que des humains confrontés à la mort ont connue.

« Un deuil en période de COVID-19 ajoute à la complexité, car s’ajoute le deuil des derniers moments de la personne qui décédera. On peut se sentir coupable de ne pas être présent et s’en blâmer, situation qui nécessitera une capacité à lâcher prise. Il y a également un deuil, concernant le processus funéraire et le réconfort, qui s’y rattache. Le réconfort par la parole y est, mais le réconfort par le toucher, à distance, ça ne se fait pas : enlacer, se faire tenir la main, vivre un contact étroit avec les gens qui y seraient pour soutenir physiquement », explique Mme La Barre. Le deuil est, à la base, un cheminement personnel pouvant être de longue haleine. « Le processus de deuil peut s’étirer dans un tel contexte », ajoute celle qui a connu une carrière de 20 ans en communication avant de se réorienter.

« On peut se sentir coupable de ne pas être présent et s’en blâmer, situation qui nécessitera une capacité à lâcher prise. » – Anne-Marie La Barre

Assouplissement de la deuxième vague

Afin d’éviter que des patients ne meurent seuls, comme c’est arrivé au printemps dernier, les règles se sont assouplies, permettant un accès plus facile aux « proches significatifs » d’une personne en fin de vie.

Les consignes pour les visiteurs en soins palliatifs et de fin de vie mentionnent que tout au long de son parcours dans les différents milieux de vie ou de soins, la personne en fin de vie a droit à la présence d’un proche aidant pour lui apporter un soutien significatif.

De plus, les visites sont permises pour les personnes en soins palliatifs et de fin de vie. Des directives pour les visites s’appliquent pour tous les milieux, soit les centres hospitaliers, les milieux de vie et de réadaptation et les maisons de soins palliatifs. Elles s’appliquent aussi pour les personnes en soins palliatifs et de fin de vie qui ont été admises à l’extérieur d’une unité dédiée à ce type de soins. Toutefois, les visites sont restreintes à l’intérieur d’unités où séjournent des patients immunosupprimés, et ce, pour protéger cette clientèle particulièrement vulnérable. Dans ces cas, des mesures individualisées devront être appliquées.

Autorisé et non autorisé

Lors des visites, les consignes suivantes sont appliquées :

De façon générale, le conjoint et les enfants d’une personne en soins palliatifs et de fin de vie peuvent visiter celle-ci sans restriction quant au nombre de personnes. Autrement, la personne en soins palliatifs et de fin de vie peut recevoir la visite d’un maximum de deux personnes significatives à la fois. Il en est de même pour les situations où l’usager reçoit une sédation palliative en continu; les personnes d’âge mineur sont autorisées à visiter les personnes en soins palliatifs et de fin de vie. Elles doivent être accompagnées d’un adulte lors de la visite; une seule personne proche aidante peut accompagner la personne en centre de jour; les personnes proches aidantes des personnes en soins palliatifs et de fin de vie hospitalisées dans les unités d’oncologie où séjournent des patients immunosupprimés sont soumises à un triage et à des mesures de précaution additionnelles; le port d’équipement de protection individuelle est obligatoire et doit être effectué selon les recommandations de la santé publique.

Par ailleurs, les personnes suivantes ne pourront pas visiter un proche qui est en soins palliatifs ou de fin de vie :

– une personne ayant reçu un diagnostic de COVID‑19 dans les 10 derniers jours et n’ayant pas répondu aux autres critères de levée de l’isolement;

– une personne ayant des symptômes compatibles avec la COVID‑19;

– une personne à qui il a été recommandé de s’isoler parce qu’elle est suspectée d’être infectée, qu’elle est en attente d’un test ou d’un résultat de test ou qu’elle éprouve des symptômes compatibles avec la COVID‑19;

– une personne qui est sous consigne d’isolement pour des raisons de retour de voyage hors du Canada.

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Covid-19 | Pearltrees
16 jours

[…] Un deuil en isolement – Le journal de Chambly. La COVID-19 a provoqué l’isolement, privant l’accompagnement naturel que les humains ont besoin de vivre devant le dernier droit d’un proche le menant à son ultime souffle. « Pour tous les deuils, il est important de rester à l’écoute de son vécu, de sa peine, de sa colère, de ses peurs. […]