Un député et ministre occupé

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Par Jean-Christophe Noël
Un député et ministre occupé
Québec y investira 866 701 000 M$ pour le transport en Montérégie. (Photo : archives)

Jean-François Roberge, député de Chambly et ministre de l’Éducation, n’est pas en relâche. Il répond aux questions du Journal de Chambly.

Le prolongement du REM à Chambly était une promesse électorale de la CAQ. Que répondez-vous aux électeurs déçus, dont certains ont voté pour vous pour cette raison?

Il est vrai que c’est décevant. La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a été mandatée dans le but de faire une étude pour réaliser le projet et elle nous est revenue avec des chiffres qui nous montrent que c’est difficile d’aller de l’avant avec un tracé qui n’aurait pas suffisamment d’achalandage et qui serait très coûteux. Ceci dit, on se retourne de côté car le statu quo n’est pas tenable. On trouvera des solutions pour désengorger les voies d’accès au comté. Depuis cette annonce, j’ai eu plusieurs discussions avec le ministre des Transports (Fançois Bonnardel). Nous accélérons les travaux pour avoir des voies réservées sur l’autoroute 10 et nous verrons ce que l’on peut faire pour désengorger ailleurs dans le comté; on est en processus de trouver des solutions.

Que pensez-vous de la réaction des enseignants à la suite de votre citation auprès du Journal de Chambly stipulant que « Si l’on se promène dans les écoles et que l’on fait un voxpop, je pense que l’on va avoir une grande majorité d’enseignants qui vont à l’école le sourire aux lèvres »? Êtes-vous toujours en accord avec ces propos?

Il est vrai qu’enseigner, c’est exigeant, et encore plus en temps de COVID-19, avec toutes les mesures sanitaires. Je comprends vraiment la fatigue des enseignants et de tout le personnel scolaire. C’est pour cela que l’on est à l’écoute du réseau et que l’on multiplie les mesures d’aide aux élèves et aux enseignants. C’est sûr que quand on aura signé la convention collective, ça améliorera le climat dans les écoles.

En janvier 2020, la pénurie d’enseignants était considérée comme « le plus grand défi » de Jean-François Roberge. Un an plus tard, est-ce encore votre plus grand défi et que proposez-vous pour enrayer cette pénurie?

Je vous dirais que depuis janvier 2020, la pandémie mondiale a changé la donne : garder les écoles ouvertes, soutenir des équipes-écoles et travailler sur la réussite en temps de pandémie sont certainement des priorités gouvernementales, mais on n’a jamais ralenti sur les mesures pour passer à travers la pénurie de personnel. On a mis beaucoup de mesures en place pour valoriser la profession enseignante. On l’inscrit même dans la loi que les enseignants sont les seuls à pouvoir mettre les notes et qu’ils sont des experts de la pédagogie. On ira de l’avant avec d’autres mesures porteuses quand on pourra signer la convention collective. Le message est bien reçu et on le voit avec l’augmentation d’inscriptions dans les facultés des sciences d’éducation depuis deux ans, alors que c’était en baisse sous le règne libéral.

On vient de vivre les Journées de la persévérance scolaire. Doit-on inclure les enseignants désormais dans la persévérance scolaire? Pourquoi plusieurs quittent la profession?

Il est vrai que certains enseignants quittent la profession. Ça arrivait aussi avant la pandémie; ce n’est pas nouveau. C’est plus dur d’enseigner en temps de pandémie, je le reconnais. Il y a aussi des gens qui, à l’approche de la retraite, ont décidé de la devancer, car les conditions sont difficiles avec les mesures sanitaires ou parce qu’ils pouvaient être inquiets pour leur santé. Mais je ne pense pas que l’on puisse parler d’un exode de la profession.

Une portion du réseau scolaire semble avoir perdu confiance en son ministre. Sentez-vous que votre poste est menacé et comment gérez-vous cet état?

Je ne sens pas que mon poste est menacé. Je suis au travail depuis que le premier ministre m’a fait l’honneur de me nommer ministre de l’Éducation en 2018. On a réalisé de grandes choses ensemble, avec tout le réseau. On a balisé l’enseignement à la maison; on a maintenu l’obligation de fréquentation scolaire en temps de pandémie mondiale; on a gardé les écoles ouvertes alors que plein d’autres États les ont fermées; on a inscrit en toutes lettres dans la loi que les enseignants sont les professionnels de la pédagogie; on a donné une nouvelle signature architecturale pour les écoles à venir; on a créé un cycle du préscolaire. Beaucoup d’éléments se sont améliorés dans le réseau québécois de l’éducation depuis deux ans. Maintenant, c’est sûr que c’est terni par le fait que nous sommes en négociations nationales depuis plus d’un an et par le fait que nous combattons une pandémie mondiale, aussi. Ça fait partie du contexte; on ne peut pas l’ignorer.

Les élèves du deuxième cycle du secondaire retourneront-ils bientôt à l’école à temps plein?

J’ai fait cette demande à quelques reprises aux experts de la santé publique. Aussitôt que l’on pourra le faire en toute sécurité, sans compromettre la santé des élèves et du personnel, on ira de l’avant.

Les services de garde (SDG) en milieu scolaire sont-ils négligés, voire peu considérés dans ce réseau scolaire?

On a débloqué des budgets dernièrement pour leur venir en aide et reconnaître le travail qu’ils font. Il faut être très reconnaissant en tant que société du fait qu’au moment où les écoles sont fermées, très souvent, les SDG d’urgence sont restés ouverts pour permettre à nos anges gardiens de la santé de combattre le virus. Sur le plan national, il faut lever notre chapeau au personnel des SDG qui a joué un rôle très important dans nos écoles, et je vous dirais même dans le réseau de la santé pour permettre à nos travailleurs de combattre le virus et de soigner les patients.

Quant au REM, le service des communications a écrit au journal qu’« après analyses, CDPQ Infra a signalé au gouvernement du Québec que la solution étudiée dans le cadre du mandat n’offrait pas le ratio bénéfices/investissement escompté, ne présentait pas de gains substantiels en termes de temps de déplacement des voyageurs et ne provoquait pas de transfert modal substantiel. Celle-ci amènerait également de la pression pour le développement résidentiel et commercial dans un corridor agricole ».

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