Un déconfinement progressif

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Par Jean-Christophe Noël
Un déconfinement progressif
Sébastien Dion, ancien président de la CCIBC. (Photo : archives)

Depuis le 8 février, certains commerces ont rouvert leurs portes alors que d’autres mangent encore leur pain noir.

« Ça démontre que l’on va dans la bonne direction. C’est une lueur d’espoir pour des dizaines de commerces de la région », entame Sébastien Dion, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Bassin de Chambly (CCIBC).

Les salons de coiffure, les centres commerciaux, les commerces non essentiels, les musées ainsi que les cégeps et les universités vivent désormais une affluence qu’ils ne se connaissaient plus. Juliette Schedleur, une Chamblyenne de 18 ans, a fait ses débuts au cégep en septembre dernier, dans le cadre d’une rentrée des plus anormales qu’il soit pour une jeune adulte. Étudiante en soins infirmiers, elle avait un cours qui se déroulait parfois à l’école et une journée complète par semaine en présentiel. Le reste, elle l’a vécu en virtuel. « Pour ma part, je suis contente de pouvoir sortir et de voir des gens dans le cadre de la technique, mais j’apprécie aussi le fait de finir mes cours à 18 h et d’être déjà chez moi pour faire mes travaux […] avec la pandémie, je ne sais pas si c’est une bonne idée de remettre tous les cours à l’école. Je ne crois pas que nous soyons rendus là. J’ai un peu peur de la réouverture des magasins. J’espère que les gens seront responsables. »

Avec tout ce qui est véhiculé sur le système de santé québécois, il faut être plus courageuse que jamais pour étudier en ce secteur.

« Nos professeurs nous répètent qu’il faut vraiment que tu le veuilles pour entrer en soins infirmiers; c’est un choix, c’est une vocation », conclut la jeune femme.

Salon de coiffure

À la fin de la première vague, les salons de coiffure se sont fait littéralement envahir par les clients qui ne se supportaient plus la tête. « Il y aura des similitudes, car tout le monde est ‘’dû’’, mais on ne pourra pas prendre autant de monde. Ce sera tout de même moins pire que le premier retour après le premier confinement », fait part Esthel Lapointe, propriétaire du salon Bell Gi coiffure.

Commerces encore fermés

Parmi ceux sur les lignes de touche, les restaurants et les salles d’entraînement patientent toujours.

« Nous ne sommes pas surpris. On s’attendait à ce que le déconfinement se fasse progressivement comme au printemps. On voit qu’il y a une amélioration dans les cas. On sent que ça s’en vient. On ne connaît pas les indicateurs de la santé publique, mais sans que l’on ne sache trop pourquoi, on se fait mettre dans la même catégorie que les bars. On croit que l’on fait partie de la solution et non du problème. Les normes étaient respectées dans les centres. Je ne vous cacherai pas que c’est frustrant, mais on préfère attendre quelques semaines et ne plus jamais avoir à fermer », exprime Antoine Lestage, propriétaire du Crunch Fitness, à Chambly.

« Je ne vous cacherai pas que c’est frustrant, mais on préfère attendre quelques semaines et ne plus jamais avoir à fermer. » – Antoine Lestage

« Je me doutais bien que l’on en avait pour environ cinq mois. Je ne m’attends pas à ouvrir avant le mois de mars. Ce qui est alarmant, c’est que lors de la première vague, nous pouvions mettre sur pause les paiements d’assurance, certains crédits, Hydro-Québec nous aidait, etc. Ce n’est pas le cas cette fois. Les bills s’accumulent. Le gouvernement a dit qu’il nous aiderait quand on a fermé, mais il n’y en a pas d’aide », rappelle Steve Trottier, de chez Gym Chez Trottier. Dans un contenant humoristique, Steve Trottier partage sur ses réseaux sociaux une vidéo se nommant Le musée du gym 2021, dont le contenu se veut toutefois plus dramatique. Désertés, les gyms deviennent des espèces de lieux archéologiques dans lesquels des visites guidées se déroulent afin de commémorer ce qu’ils ont jadis été.

Restaurants

Éric Bellemarre, propriétaire du restaurant mathiassois Chez l’Artisan, n’attend plus rien du gouvernement. « Je n’ai même pas écouté la conférence de presse. Je sais bien que l’on n’ouvrira pas avant fin avril-mai. À Saint-Mathias, je suis le dernier village de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). On va rouvrir en même temps qu’un restaurant de Laval ou de Longueuil. C’est du gros n’importe quoi », se résigne celui qui déplore que l’aide financière promise par le gouvernementale tarde à arriver.
« On a hâte de comprendre ce que ça prend pour passer de zone rouge à zone orange, et ensuite d’orange à vert. Beaucoup de commerces actuellement fermés ont démontré qu’ils respectaient les consignes sanitaires et qu’ils représentaient un milieu sécuritaire pour les citoyens. Ils ont été fermés sept mois sur douze. Pour eux, c’est excessivement difficile », juge Sébastien Dion.

La CCIBC souhaiterait de la part du gouvernement des programmes d’aide financière directe plutôt que des programmes de prêts. « Si ça perdure, c’est très inquiétant ce qui attend le centre-ville de Chambly, quand on constate les lieux à louer et les immeubles vacants. Ça va prendre des années à s’en remettre. »

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