Taxi ! entre poésie et liberté

Taxi !  entre poésie et liberté

Publié en plein conflit entre les chauffeurs de taxi et l’entreprise Uber, le nouveau roman de Maurice Soudeyns, Taxi ! nous ramène quelques décennies en arrière, dans les rues de Montréal où l’auteur a grandi.

Le poète de Saint-Mathias, qui a été chauffeur de taxi durant une douzaine d’années, se rappelle d’ailleurs avoir vécu une situation similaire, alors que les chauffeurs accusaient la compagnie Murray Hill de faire du taxi sans permis à travers son service de «limousine».

En 1969, des manifestants se rendent au garage de Murray Hill et détruisent des autobus, des limousines et mettent le feu aux installations. Maurice Soudeyns était alors aux premières loges.

«L’autobus a pris feu juste devant moi. C’était le même combat qu’aujourd’hui et les politiciens avaient aussi promis de racheter des permis, ce qu’ils n’ont jamais fait.»

Un métier de liberté

Pour l’auteur, être chauffeur de taxi est un métier extraordinaire, «qui donne accès à la réalité».

«C’est un métier de rencontre, fatiguant, parce qu’il faut faire de longues heures, mais qui offre une liberté totale et qui laisse le temps d’écrire.»

 «J’aurais fait un bon pharmacien, un bon prof, mais j’ai décidé de consacrer ma vie à l’écriture et je ne le regrette pas. Je suis un solitaire et j’apprécie ma liberté.»

Ce qui n’a pas empêché Maurice Soudeyns de pratiquer de nombreux métiers, notamment ceux de barman et d’éditeur. Aujourd’hui, il travaille à temps partiel dans le département de la plomberie du magasin Home Dépôt, à Granby. Un emploi qui lui donne le temps d’écrire et qui, comme le taxi, lui permet de faire de nombreuses rencontres.

«Écrire pour se faire une maison»

Dans sa maison de Saint-Mathias, Maurice Soudeyns écrit quand il en a envie, travaillant toujours sur trois ou quatre projets en même temps. Taxi !  a d’ailleurs été un recueil de nouvelles, avant de devenir un roman.

L’auteur écrit pour être lu, bien sûr, mais ne s’attend pas à des succès de librairie, trop rares au Québec. «On écrit pour se faire une maison intérieure, sortir de soi pour trouver qui on est.»

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