Surcharge de travail en CPE

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Surcharge de travail en CPE
Les éducatrices en CPE ont une surcharge de travail qui ne fait que s’accroître avec la pénurie de personnel. (Photo : courtoisie)

Les éducatrices des centres de la petite enfance (CPE) font face à une pénurie de ressources et à un surmenage au travail, en raison de la pandémie.

Selon un sondage de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), ce sont 1239 éducatrices qui ont quitté le réseau des CPE depuis le début de la crise sanitaire. Au début du mois, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) rapportaient que « L’heure (était) grave pour le réseau de la petite enfance. Le manque de places en services éducatifs à l’enfance, la surcharge de travail des intervenantes et la pénurie de main-d’œuvre forment un cocktail explosif qui a des conséquences réelles dans la vie des gens ».

1239

C’est le nombre d’éducatrices qui auraient quitté le réseau des CPE depuis le début de la pandémie

Des défis de taille

Au CPELa Boîte à Soleil de Chambly, qui fêtera ses 45 ans l’année prochaine, on parle de « surcharge de travail » et de défis liés à l’adaptation au contexte sanitaire. « Il est certain que la pandémie aura amené son petit lot de stress. Les éducatrices ont dû s’adapter très vite à cette nouvelle situation complètement inusitée engendrée par plusieurs changements : le fait de rester au front en tant que service d’urgence, faire face à des risques de contamination, le télétravail, suivre les recommandations et les consignes de la santé publique, se mettre constamment à jour, concilier travail et famille avec cette nouvelle réalité, etc. », apporte Geneviève Benjamin, en entrevue avec le journal.

« La COVID-19 aura aussi amené une surcharge de travail aux professionnelles de la petite enfance. Bien qu’elles n’aient pas eu le choix de s’adapter, le port des EPI(équipements de protection individuelle) reste tout un défi pour elles, dû aux contraintes et aux inconvénients occasionnés : la buée dans les lunettes ou la visière, le fait que le masque devienne souillé à l’extérieur, l’impression de devoir parler plus fort, devoir bien appliquer les procédures d’hygiène, etc. Elles doivent être encore plus vigilantes. Le port des EPI est demandant physiquement, il y a aussi beaucoup de désinfection à faire. Les éducatrices éprouvent une plus grande fatigue après une journée de travail. »

Du positif malgré tout

« Heureusement, malgré ces nouveaux défis, notre belle équipe a continué à s’entraider. Nous avons la chance d’avoir une équipe stable, tant en ce qui concerne les éducatrices que les membres de soutien et de la direction. Notre gestionnaire a plus de 30 ans d’expérience au sein de notre organisation. En plus d’avoir des effets bénéfiques sur les enfants, cette entraide nous mobilise. Comment ne pas donner le meilleur de nous-mêmes pour la plus belle des clientèles, soit les enfants! Les éducatrices sont remarquables! Il reste dommage que cette profession ne soit pas valorisée ni reconnue à sa juste valeur. »

Geneviève se remémore le passage du CPE en « service essentiel » au mois de mars. « De jour en jour, de semaine en semaine, on ne pouvait qu’être étonnées par la résilience des familles utilisatrices, mais encore plus des enfants. Pendant le premier confinement, nous avons accueilli des enfants qui ne connaissaient ni le milieu, ni les éducatrices. Tout s’est bien déroulé. Lors du retour de notre clientèle régulière, malgré notre nouveau look et les nouvelles mesures, par exemple les parents qui n’entraient plus dans le CPE (les enfants étaient accueillis à la porte), tout s’est bien déroulé. Les enfants qui ont eu la chance de passer du bon temps avec leur famille étaient contents de retrouver leurs amis. On pensait que les enfants allaient réagir au port du masque et de la visière chez les membres du personnel. Eh non! Il y a eu très peu de réactions. Ils ont accepté d’emblée notre nouvelle mode. En septembre, même avec les nouveaux enfants, les éducatrices masquées ont su établir un lien et la confiance s’est vite installée.  Nous restons encore surprises de constater à quel point les enfants saisissent les nuances malgré le port du masque. »

Depuis quelques mois, les parents ont pu recommencer à s’introduire dans le CPE, à raison d’un maximum de cinq familles à la fois, « en respectant un parcours établi et en respectant la distanciation ». Geneviève admet que les éducatrices
« s’ennuient du temps où le contact avec les parents était plus facile ».

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