Sur le Richelieu, un lundi d’été

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Par Saïd Mahrady
Sur le Richelieu, un lundi d’été
(Photo : SM)

Lundi 13 août dernier en matinée, la rivière Richelieu était tellement calme, avec presque zéro vent qu’elle offrait une navigation tout en douceur à bord du zodiac de la Garde côtière auxiliaire canadienne.
Rendez-vous a été pris à la marina de Saint-Mathias avec Monique Parent, qui était commandante jusqu’en 2016, Denis Chagnon, commandant, et Michel Lareau, pilote qui depuis mai dernier a rejoint la trentaine de bénévoles qui font un travail de sensibilisation auprès des usagers sur les pratiques sécuritaires de navigation.
Plusieurs embarcations restaient au quai tandis que le zodiac commençait à voguer lentement en remontant le courant vers le bassin de Chambly. « Un lundi tranquille; la chaleur ne veut pas dire nécessairement que les gens sont sur l’eau, corrige Michel Lareau. Il y a eu des journées où le risque d’orages était présent, ce qui a découragé des plaisanciers. Et il faut dire que des gens prennent aussi leurs vacances ailleurs. »
Balisage
Âgé de 62 ans, Michel Lareau dit fièrement qu’il appartient à la 8e génération des Lareau à Chambly. L’ex-ingénieur chez Pratt & Whitney durant 35 ans, la main gauche maniant délicatement la barre à roue de l’engin, me montre de la main droite une bouée rouge et spécifie qu’on l’appelle plutôt « bouée de tribord. Les plaisanciers qui ne sont pas familiers avec les cours d’eau doivent demeurer entre les bouées rouges et vertes ».
Le commandant Denis Chagnon, 11 ans d’expérience, intervient alors pour montrer sur l’écran multifonction (GPS) la position de l’embarcation et le nombre de mètres de profondeur, car « si le pilote s’aventure trop à l’extérieur des bouées, il risque d’enliser son embarcation et de casser ses hélices ». L’Hilairemontais de 68 ans ajoute que lorsqu’on va atteindre les limites du bassin de Chambly, la profondeur est faible, soit environ 1 m.
La quiétude des lundis
Sur l’eau, tout semble calme. Peu ou pas d’embarcation alors qu’on approchait des rives de Saint-Basile qui font face à celles de Saint-Mathias où un propriétaire a inscrit en gros caractères sur de grandes roches : maison à vendre.
« Vous voyez cet arbre couché (sur les rives de Saint-Basile), on devrait l’enlever parce que si le courant l’emporte, il risque d’abîmer une embarcation », lance Monique Parent, qui exceptionnellement cette journée était à bord. La dame de 76 ans, dont 21 ans d’expérience derrière la barre à roue, confie que « ç’a été dur deux étés sans être sur le bateau. Je l’avais mal pris au début, mais je l’accepte maintenant; je m’occupe de la gestion ».
« Pour moi, être sur le bateau ce sont mes vacances », glisse pour sa part Michel Lareau, tandis qu’une embarcation croisait la nôtre à une vitesse jugée… normale par mes hôtes. Reste que les eaux calmes et scintillantes du départ ont fait maintenant place à des vagues assez grosses qui ondulaient sous nos pieds au point de nous déséquilibrer.

« Un lundi tranquille; la chaleur ne veut pas dire nécessairement que les gens sont sur l’eau. » – Michel Lareau

Plus le Richelieu rétrécissait, plus l’île Goyer montrait ses atouts verdoyants, plus le bassin offrait aussi ses largesses. Dans une petite embarcation, cannes à pêche en l’air, un couple avec enfant taquinait les poissons. Et plus on approchait du bassin de Chambly, plus on remarquait aussi une assez grande surface d’algues le long des berges du côté ouest. La réaction de mes hôtes n’a pas tardé. Ils disent observer que la présence de ces algues est hâtive probablement en raison de la chaleur qui sévit depuis déjà quelques semaines. Ils ajoutent avoir constaté également leur présence plus tôt que prévu aux abords de la marina de Saint-Mathias.
Alors qu’on atteignait les limites du bassin, au loin apparaissent les ondulations des petites vagues sur les roches ouvrant une vue sur les rapides de Chambly. La profondeur laissait voir le fond d’une eau claire et hélas, aussi la fin d’une promenade par un lundi d’été chaud et agréable.
Les bénévoles de la Garde côtière ont apporté de l’aide à 92 personnes depuis le 19 mai. Ils ont effectué jusqu’à présent 37 missions, entre autres, pour des plaisanciers dont l’embarcation se trouvait en mauvaise posture.

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