Stéphanie Pepin : un cerveau du jeu vidéo

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Par Frédéric Khalkhal
Stéphanie Pepin : un cerveau du jeu vidéo
L’équipe de Brain Fried a remporté le prix du « Meilleur design de jeu ». Stéphanie Pépin, de Saint-Mathias-sur-Richelieu, se trouve en haut à droite de la photo. (Photo : courtoisie)

L’École des arts numériques, de l’animation et du design de l’Université du Québec à Chicoutimi (NAD-UQAC) s’illustre de nouveau au concours universitaire Ubisoft en gagnant un prix. Parmi les gagnants, Stéphanie Pepin, une résidante de Saint-Mathias-sur-Richelieu.

« Pour la première fois que je fais un jeu, recevoir cinq nominations et gagner le meilleur design, j’en suis très heureuse et je souhaite remercier toute notre équipe. » C’est sur un nuage que Stéphanie Pepin, étudiante inscrite au DESS en design de jeu vidéo narratif au NAD, a accueilli les résultats de la 12e édition du Concours universitaire Ubisoft.

Le 28 avril, l’équipe de Stéphanie apprenait qu’elle venait de remporter la plus haute distinction dans la catégorie « Meilleur design de jeu », en plus de plusieurs nominations dans d’autres catégories pour leur prototype de jeu Brain Fried.

Et pourtant, ce n’est pas la concurrence qui manquait. Venant de 12 universités à travers le Québec, un nombre record de 184 étudiants ont travaillé en équipes pendant 10 semaines afin d’inventer de toutes pièces un jeu vidéo.

Sur le thème « XP étudiante : un regard introspectif sur ta vie d’étudiant », l’équipe de Stéphanie, avec le soutien de mentors des studios d’Ubisoft à Montréal, à Québec et à Saguenay, a retenu l’attention d’un jury, présidé par Leroy Athanassoff, directeur créatif chez Ubisoft qui s’est dit « impressionné par la créativité et la qualité d’exécution du travail des étudiants. C’est tellement rafraîchissant de pouvoir se plonger dans des expériences variées et inventives créées par la relève! Cela nous rappelle combien le médium du jeu vidéo est riche de possibilités et combien nous avons encore énormément à découvrir ».

L’histoire du jeu imaginé par l’équipe de Stéphanie semble avoir réuni tous les critères. « Nous avons imaginé l’histoire de deux étudiants en fin de session devant remettre un travail qu’ils ont oublié. Ils n’ont plus qu’une journée pour le faire. Le jeu consiste à réussir le travail demandé en gérant un cerveau en mode panique. Plusieurs événements seront générés par le jeu afin de créer de l’anxiété dans le but de stopper la progression du travail. Les étudiants pourront s’aider », résume Stéphanie.

« Pour la première fois que je fais un jeu, recevoir cinq nominations et gagner le meilleur design, j’en suis très heureuse et je souhaite remercier toute notre équipe. » – Stéphanie Pepin

Dix semaines d’efforts
Pendant 10 semaines, en y passant 15 h par semaine, en plus des études, Stéphanie et ses sept coéquipiers se sont largement investis dans le concours, même s’ils savaient que le jeu ne serait pas commercialisé. « Pour plusieurs raisons, nous avons décidé, d’un commun accord avec l’équipe, de ne pas continuer à développer le jeu », précise Stéphanie. Et même si le concours est organisé par Ubisoft, Isabelle Lacasse, chargée de projet à Ubisoft, est formelle. « Le jeu appartient à 100 % aux jeunes. Ce concours est une façon d’être en contact avec les meilleurs étudiants et d’assurer la relève. » Le Concours universitaire est l’une des nombreuses initiatives du programme Ubisoft Éducation. En 12 ans, 189 prototypes de jeux ont été développés par 1507 étudiants de partout au Québec. En plus du soutien de 398 employés, Ubisoft a également offert un total de 154 000 $ en bourses et 776 médailles. Plus de 260 personnes ont été recrutées parmi les découvertes du Concours.

Pour Stéphanie, finissante de son programme, son CV n’a pas encore été envoyé à Ubisoft, mais elle aura par ce prix une belle carte de visite à présenter. Surtout qu’Ubisoft s’engage à offrir des stages et des emplois à au moins 10 participants qui se seront démarqués pendant la compétition. Lors de la dernière édition, une trentaine de participants ont été embauchés dans les studios québécois.

Les développeuses de jeu
Longtemps vu comme un milieu de garçons, le monde de la conception du jeu vidéo se rééquilibre. « Dans mon programme, nous étions 3 filles sur 14 étudiants. Au niveau du NAD, on peut observer la parité, mentionne Stéphanie. J’ai même quatre professeures. »

Pour Antoine Leduc-Lebelle, chef, relations publiques pour Ubisoft Montréal, c’est le même constat. « L’an dernier, 30 % des nouvelles personnes embauchées étaient des femmes. C’est un travail de longue haleine dans des professions qui sont traditionnellement plus masculines. Il y a énormément plus de femmes dans ce milieu qu’avant. C’est très positif et cela donne de l’espoir. »
« Même au sein du jury, nous n’étions pas loin de la parité hommes-femmes », d’ajouter Mme Lacasse.

NAD-UQAC
Fondée en 1992 et située à Montréal, l’École des arts numériques, de l’animation et du design de l’Université du Québec à Chicoutimi (NAD-UQAC) est un établissement de formation et de recherche-développement en animation 3D, effets visuels, design et arts numériques qui a formé, au fil des 28 dernières années, des milliers d’animateurs 3D qui travaillent aujourd’hui dans les domaines du cinéma, de la télévision et du jeu vidéo au sein d’entreprises réputées à travers le monde.

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