Saint-Mathias-sur-Richelieu : dominant des deux bras
Le tireur au poignet mathiassois, Philippe Brousseau, revient du Ottawa Open Armwrestling Championships 2025 doublement titré : champion du bras gauche et deuxième du droit.
Philippe Brousseau a fait honneur à sa réputation. Partout où passe l’homme fort, rien ne lui résiste.
Cette fois, au Ottawa Open Armwrestling Championships 2025, il a ajouté deux trophées à sa collection d’honneurs. Dans ses bras, les prix qu’il rapporte à la maison sont l’emblème du bison, symbole de force dans la communauté du tir au poignet.
Un adversaire répétitif
Concourant dans la division des grands maîtres « unlimited », Philippe Brousseau a tout d’abord mis au tapis l’Ontarien Dave Hall, de la gauche, lors de la finale.
À peine le temps de savourer sa victoire que Philippe Brousseau repartait de plus belle en après-midi, de la droite, cette fois. Une fois de plus, il s’est frotté en finale à ce fameux Dave Hall, qui a été champion du monde à Loutráki, en Grèce, dans sa catégorie en 2024. Dans ce cas-ci, l’Ontarien a eu le dessus.
Philippe Brousseau aborde la défaite de la droite avec positivité. « Ça me permet de m’améliorer. Des fois, tu gagnes trop et tu peux avoir tendance à t’asseoir sur tes lauriers. C’est l’occasion de travailler plus fort », reconnaît-il.
Arnold Schwarzenegger
Cette performance du Mathiassois lui permet de participer à la compétition nationale de l’année prochaine sans débourser. Elle contribue également à ce qu’il se classe pour la Arnold Classic, à New York. Il s’agit d’une compétition annuelle de culturisme nommée d’après Arnold Schwarzenegger. Lors de la seconde journée de l’événement, la compétition se tourne vers la discipline du bras de fer. L’acteur natif d’Autriche sera sur place.
Ambidextre par défaut
Si beaucoup de tireurs concourent d’un seul bras, Brousseau domine des deux. Il est devenu ambidextre « par défaut ». Enfant, à l’école, il était en immersion anglaise. Quand il passait du côté anglophone, des sœurs se chargeaient de son éducation. Il écrivait alors de la main gauche. « Tu n’avais pas le droit. C’était la main du diable, la main du mal, dans ces années-là », décrit celui qui s’est fait corriger pour écrire de la main droite. Il est devenu ce qu’il qualifie de « faux droitier ».
Plus tard dans sa carrière, une blessure est survenue à sa main droite. Pendant une année, il a mis l’accent sur sa main gauche et l’a rendue puissante. En juin dernier, il s’est blessé du côté gauche, une première en 40 ans de sport. Il a toutefois su guérir à temps, « plus fort que jamais », pour le Ottawa Open.
Pour tous les âges
Lors du Ottawa Open, il y avait notamment une catégorie jeunesse, intégrant filles et garçons de neuf ans et moins. Philippe Brousseau fait savoir qu’il lui arrive que des jeunes lui demandent des programmes d’entraînement dans une volonté de progresser. À presque 60 ans, il est aussi devenu une référence pour les gens du troisième âge qui souhaitent se dépasser et vieillir en santé. Philippe Brousseau explique en riant qu’il a même été convoité pour être un sujet dans le Bel Âge, un magazine principalement destiné aux retraités. « Peut-être que je pourrais être motivant pour des personnes qui sont moins en forme ou qui se sont laissées aller », convient-il en toute humilité.
Au-delà du sport et des résultats, l’homme fait des rencontres qui enrichissent sa vie et il s’en nourrit autant que possible, entre deux conquêtes.
