Richelieu : des dépenses à assumer par les villes avec les Championnats de l’UCI
Pour Richelieu, la venue des Championnats du monde de l’UCI représente un fardeau fiscal qu’elle peine à encaisser. Jacques Ladouceur, maire de la Ville, aurait souhaité davantage d’aide financière pour couvrir les dépenses liées à l’événement.
La présence des Championnats du monde de l’UCI ne fait pas le bonheur de tous. C’est notamment le cas de Jacques Ladouceur, maire de Richelieu, qui associe la venue des cyclistes à des dépenses que la Ville n’a pas les moyens de s’offrir.
La maire parle de travaux sur le rang du Cordon et la 1re Rue afin de sécuriser le passage des cyclistes. « On aurait attendu à un autre moment pour les faire. L’argent mis à cet endroit n’était pas prévu cette année », indique M. Ladouceur. Il chiffre le coût de ces travaux à plus de 30 000 $. Il souligne avoir obtenu une subvention de Jean-François Roberge, député de Chambly, d’environ 13 000 $. « Le reste, il faut aller le chercher de nos poches. Je me serais attendu à ce qu’on vienne au moins combler les dépenses que ça occasionne », dit M. Ladouceur.
Compensation perdue
Il revient sur la compensation perdue provenant de la Communauté métropolitaine de Montréal, d’environ 250 000 $, concernant le territoire agricole. « Mais on nous impose une dépense supplémentaire », critique le maire. En totalisant les travaux, l’achat de barrières, le temps de travail des services des travaux publics, de sécurité incendie et des communications, il évalue le tout à une dépense de 75 000 $.
Pas de revenus générés
Le maire richelois affirme que l’événement n’engrange que des dépenses sans générer de revenus. « Ils passent chez nous et on n’aura aucune retombée économique. On n’a pas d’hôtels. Les restaurants, on s’entend que ce n’est pas ici que ça se passe. Déjà qu’ils sont surchargés le dimanche », observe-t-il.
Il envisage plutôt des « désagréments ». « On n’a aucune idée du nombre de personnes qui seront dans la région. Où vont se stationner les visiteurs? Comment vont-ils circuler? C’est beaucoup de trouble pour peu », estime M. Ladouceur.
Avec la hausse moyenne de 12,9 % du compte de taxes du budget de janvier dernier, la Ville tente de trouver des façons de réduire ses sorties d’argent. « Je n’ai rien contre l’événement. C’est magnifique, mais on m’impose quelque chose que je n’ai pas demandé. C’est frustrant. C’est pas qu’on n’en veut pas, mais, franchement, on n’en a pas besoin des bicycles de l’UCI qui vont passer. On n’a pas les moyens actuellement », résume M. Ladouceur. Jacques Ladouceur manquera la présence des cyclistes. Il participera au congrès de la Fédération québécoise des municipalités.
Saint-Mathias-sur-Richelieu
Saint-Mathias-sur-Richelieu fait aussi partie des petites municipalités qui accueillent l’événement. Sylvain Casavant, maire de Saint-Mathias, mentionne que la moitié des travaux qui concernent le parcours étaient déjà prévus. Il reçoit aussi une subvention d’approximativement 13 000 $ de la part du député. Il confirme qu’elle ne comblera pas l’ensemble des dépenses. « En matière de pavage, on a dû prioriser le parcours plutôt que d’autres tronçons », convient M. Casavant. Il soutient que des travaux en milieu urbain ne seront retardés que de quelques mois.
Le maire mathiassois soulève aussi les coûts liés aux services des travaux publics et de sécurité incendie assumés par la Municipalité. Concernant les retombées économiques, il est peu optimiste. « Elles sont totalement indirectes. On n’a pas de scénario faisant en sorte que des gens de l’extérieur vont vouloir dépenser dans notre ville. En termes de notoriété, on s’attend d’être nommée, mais, outre ça, on ne s’attend pas à un maximum de visibilité », termine-t-il.


