Pratique du sport à l'école 

Montérégie : le sport scolaire accessible pour tous

Une enquête de la Santé publique montre une détérioration de certaines habitudes de vie chez les élèves du secondaire, dont l’activité physique. Une préoccupation pour les responsables de programmes aux centres de services scolaires des Patriotes et des Hautes-Rivières.

Jean-Gabriel Laberge précise, d’entrée de jeu, le rôle de l’école dans l’activité physique. « Les professeurs enseignent l’EPS, c’est-à-dire l’éducation physique et à la santé, précise le conseiller pédagogique en éducation physique au Centre de services scolaire des Hautes-Rivières. Et le terme « à la santé » est hyperimportant, car le rôle est d’offrir différentes options aux jeunes afin de donner de saines habitudes de vie. »

L’enquête de la Santé publique sur les comportements des jeunes montre que depuis plus de dix ans, moins du tiers des adolescents (29 %) atteignent le minimum des 60 minutes quotidiennes d’activité physique recommandées. Les garçons sont plus nombreux que les filles à y parvenir, soit 35 %, comparativement à 22 % chez les filles. Une proportion importante des adolescents (71 %), tous sexes confondus, sont peu actifs, voire inactifs. Les ados qui passent moins de 4 heures par jour devant un écran pour les communications ou les loisirs sont plus nombreux à être suffisamment actifs, soit 32 % comparativement à 22 %.

Encadrement favorable

Le cellulaire interdit à l’école est une décision primordiale, selon Jean-Gabriel Laberge. « Le règlement a été déterminant, assure ce dernier. Lorsqu’ils lâchent leurs téléphones, les jeunes jouent ensemble et se parlent. Ils bougent et sortent. La vie scolaire a changé, tout comme la vie mentale. C’est bon de se parler. » 

Ainsi, le conseiller pédagogique applique cette méthode aussi dans les cours de sport. « Notre mandat est de faire du sport avec ceux qui aiment, mais aussi d’intéresser les autres. Or, pour y parvenir, cela passe d’abord par l’accueil à l’activité et le premier contact. Ensuite, nous ne sommes pas dans la recherche de la performance, ni dans l’enseignement technique permettant d’aller au plus haut niveau. On agit selon les possibilités de chacun. C’est un défi pour les enseignants, car il faut s’ajuster à chacun. Au lieu d’imposer aux élèves, on propose et ils choisissent. C’est un facteur motivationnel. Au bout du compte, on s’arrange pour que l’élève passe par tous les ateliers. »

Pour amener les jeunes à faire du sport, les enseignants du Centre de services scolaire des Hautes-Rivières ont aménagé des événements. « Nous avons une structure d’initiation au sport, poursuit Jean-Gabriel Laberge. On réunit trois ou quatre écoles pour faire de petits défis sportifs durant plusieurs samedis tout au long de l’année. Cela fait 25 ans que ça dure. On a aussi des événements rassembleurs, comme le cross-country, le défi des ambassadeurs et le triathlon scolaire. Mais, encore une fois, nous ne sommes jamais dans un objectif de performance, uniquement dans le participatif. Même s’il est vrai que, parfois, il y a des médailles. On s’organise pour que ce soit inclusif. Des élèves en surpoids courent dans nos compétitions. On propose aussi des Olympiades pour les jeunes en adaptation scolaire. »

Dans l’inclusion des jeunes, Jean-Gabriel Laberge songe aussi aux élèves ayant des limites physiques ou mentales. « Je charge des vélos sans pédalier, qui font office de vélos d’équilibre, dans ma remorque et je tourne dans les écoles. L’objectif est de faire une balade dans le quartier pour enlever toute insécurité chez ces jeunes. »

Santé en général

Dans sa mission de promotion du sport, Jean-Gabriel Laberge explique sa vision. « On voit plus large que le sport, car certains n’ont pas d’intérêt dans ce domaine. Alors, il faut s’interroger sur la manière d’inclure ce public et sur ce que l’on peut faire avec lui. »

Outre le sport, la nutrition, le respect du sommeil ainsi que des temps d’écran entrent en ligne de compte, comme l’explique le Centre de services scolaire des Patriotes. « La mission éducative inclut l’acquisition de comportements favorables à la santé, comme une saine alimentation et la pratique régulière d’activité physique. 

Concrètement, les écoles sont appelées à créer des environnements qui facilitent les choix santé, qui offrent de multiples occasions pour bouger et qui intègrent des activités éducatives de sensibilisation à la santé et au bien-être. »