Montérégie : appel lancé aux centres d’entraînement pour contrer les féminicides

Dégoutée par les multiples féminicides du début d’année, la sportive césairoise Laurence Hurtubise lance un appel aux salles d’entraînement, en lançant un mouvement contre la violence faite aux femmes.

Comme beaucoup, Laurence Hurtubise a été bouleversée par le récent féminicide de Rougemont, celui de Véronic Champagne. « Ça a laissé une tristesse profonde dans notre petite communauté tissée serrée. Elle était connue de plusieurs participantes qui fréquentaient notre salle d’entraînement », indique la femme derrière l’entreprise sportive Staminae. Il s’agissait alors du quatrième féminicide de l’année, à peine entamée. Quelques jours plus tard, un cinquième a suivi.

L’ancienne résidente de Chambly a donc annoncé la mise en place d’un événement d’envergure : un 24 heures d’entraînement à relais, dont 100 % des profits seront remis à un organisme qui soutient les femmes et les enfants victimes de violence. Elle souhaite que le mouvement résonne à travers tout le pays. « Des équipes se relaieront sans interruption, créant une chaîne humaine d’effort, de solidarité et d’espoir. L’objectif est d’amasser des fonds, mais surtout de lever les voix », envisage Mme Hurtubise.

Le Centre de femmes Ainsi soit-elle de Chambly, en collaboration avec la municipalité de Rougemont, avait organisé une vigie qui s’est tenue sur le lieu du féminicide de Mme Champagne. Laurence Hurtubise y était.

« C’est là que l’idée m’est venue de créer un événement à relais qui mobiliserait le plus de gens possible », explique la naturopathe. Ainsi, elle espère voir naître un mouvement de soutien au sein de la communauté sportive.

Une date symbolique

L’événement principal se déroulera du vendredi 20 novembre, à 20 h, au samedi 21 novembre, à 20 h. Le choix de cette date n’a pas été fait au hasard. Le 25 novembre est en effet la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. « Je rappelle qu’il est essentiel d’agir tout au long de l’année : aider, être à l’écoute et rester vigilant face aux signaux », nuance-t-elle cependant.

Laurence Hurtubise revient sur sa volonté d’agir immédiatement. « Parce que les maisons d’hébergement débordent. Parce que les ressources manquent. Parce que les féminicides se multiplient. Parce que la culture du silence doit cesser. Parce que chaque femme mérite de se sentir en sécurité chez elle, dans la rue et dans sa vie », énumère-t-elle avec aplomb.

Monter une équipe

La Césairoise est actuellement en train de constituer une équipe de collaborateurs complémentaires pour mener son projet à bien. Parmi eux, elle pourra compter sur le soutien de sa collègue Isabelle Massé. Bachelière en sexologie et thérapeute en relation d’aide, Isabelle a travaillé pendant 18 ans comme intervenante dans les centres jeunesse. Depuis 2021, elle exerce comme thérapeute et accompagne des couples, des individus, en particulier des femmes prises dans des dynamiques de violence. « Ce projet me touche particulièrement car, par le passé, j’ai été aux premières loges de cette violence conjugale et familiale. J’ai vu la détresse, mais aussi les impacts physiques et psychologiques de cette violence, tant chez les femmes que chez les enfants victimes ou exposés. Les dommages collatéraux sont nombreux », souligne-t-elle.

Laurence Hurtubise explique que moins de 24 heures après avoir lancé son appel à la communauté, des figures importantes du milieu ont déjà exprimé leur volonté de participer.

Un événement pour tous

L’invitation est donc lancée à l’industrie, un secteur qui rassemble des milliers de personnes à travers le pays. Laurence Hurtubise croit fermement que ce milieu peut devenir un acteur majeur dans la lutte contre la violence faite aux femmes. Elle précise qu’il n’est pas nécessaire d’être un passionné d’entraînement pour participer. « Cela s’adresse à tous. Bouger en famille, c’est inculquer de belles valeurs tout en se battant pour une cause », conclut-elle.