Marieville : une association en danger
L’équipe de football des écoles Paul-Germain Ostiguy, à Saint-Césaire, et Monseigneur Euclide-Théberge, de Marieville, pourrait bien être interdite de compétition par le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). La faute à un trop grand nombre d’élèves. Explications.
C’est devenu une habitude entre les écoles secondaires Paul-Germain Ostiguy (PGO), de Saint-Césaire, et Monseigneur Euclide-Théberge (MET), de Marieville. Les deux établissements s’unissent afin de permettre aux élèves de jouer au football ensemble.
« Ce regroupement ne respecte plus cette règle depuis plusieurs années. » – Hugo Roy
« Elles sont situées à douze kilomètres l’une de l’autre, expliquent les entraîneurs de football dans une lettre adressée au RSEQ. La première compte environ 775 élèves de secondaire, 1 à 5, en plus des groupes d’adaptation scolaire, alors que Marieville en compte environ 1200 du secondaire, de 1 à 5, en plus des groupes d’adaptation scolaire. Étant donné la difficulté d’avoir assez de joueurs, surtout au juvénile, la proximité, les infrastructures existantes et les coûts importants d’équipements, les programmes de football ont été intégrés voilà une quinzaine d’années et ce fut un succès. »
Une règle pour tous
Néanmoins, le RSEQ interdit pour le moment cette association d’écoles, comme le stipule son règlement. « Il faut comprendre qu’il existe une règle au RSEQ provincial permettant aux petites écoles de se regrouper avec des écoles plus grosses pour partager l’offre de services au chapitre des ligues sportives offertes dans notre réseau, avance Hugo Roy, directeur général du RSEQ. Ainsi, la règle stipule qu’une école de moins de 600 élèves a la possibilité de se regrouper. Cette règle est la même partout au Québec pour tous les bureaux régionaux du RSEQ. »
Or, le nombre d’élèves est trop élevé dans les deux écoles que sont Paul-Germain Ostiguy et Monseigneur Euclide-Théberge.
« Ce regroupement ne respecte plus cette règle depuis plusieurs années, poursuit le directeur général. Nous sommes présentement en discussion avec les directions des écoles afin de trouver des solutions qui pourront permettre la poursuite du football dans ces écoles. »
Pour le moment, les directions des deux établissements, ainsi que les entraîneurs, réclament une indulgence, voire une dérogation pour poursuivre leur manière de fonctionner. « Année après année, nous réussissons à maintenir des équipes compétitives et un programme apprécié des écoles, des parents et surtout, des élèves. Malheureusement, il nous serait impossible de revenir en arrière, c’est-à-dire d’avoir une équipe dans chaque école. Les coûts d’infrastructures et d’équipements, la difficulté de doubler le personnel d’entraîneurs et le risque bien réel de ne pas avoir assez de joueurs risquent de tuer le programme. L’école PGO n’a plus aucun espace pour accueillir une équipe de football. Donc, ce sera la fin du football pour cette école. Pour l’école MET, ce sera du football à 9, mais l’intérêt des joueurs et des entraîneurs n’y est pas, alors le risque de voir le football disparaître dans cette école est très élevé. »
Demande de révision
Afin d’obtenir gain de cause, les deux écoles avancent le fait qu’elles occupent des espaces davantage ruraux. Par ce fait, regrouper des jeunes pourrait être plus compliqué. « La décision de maintenir le nombre à un maximum de 600 élèves pour permettre une association d’écoles entre en contradiction avec votre mission en ce qui concerne les milieux à faible densité où les élèves n’ont pas vraiment le choix de leur école (pas de transport en commun, distances importantes, offres limitées dans le privé, etc.). Pour une école publique de moins de 1000 élèves de secondaire 1 à 5, c’est très difficile d’avoir les trois niveaux de football. »
Enfin, les enseignants soulignent l’importance du football dans leur programme scolaire. « Il est prouvé que 80 % des garçons qui jouent au football obtiennent leur diplôme de cinquième secondaire, alors que seulement 69 % des garçons qui ne font pas de sport l’obtiennent. Le taux d’obtention d’un diplôme de cinquième secondaire devrait être priorisé dans le choix de la grosseur des écoles pour permettre une association pour le football. Ainsi, Pour le bien de nos enfants, nous demandons au RSEQ de revoir sa position pour assurer une accessibilité à la pratique du football équitable à tous. »
