Marieville : terrains de tennis convertis en surface de pickleball
Marieville procédera à la conversion des deux terrains de tennis afin d’y aménager six terrains de pickleball permanents, une mauvaise idée, selon Olivier Boyer-Masutti, de l’école de tennis Quarante-Zéro.
Des terrains de tennis disparaissent au profit d’espaces pour le pickleball. C’est le cas à Marieville. Les terrains de tennis du parc Sainte-Marie-de-Monnoir seront transformés en terrains de pickleball. « Cette décision répond à l’engouement croissant pour ce sport, tant à Marieville qu’à l’échelle du Québec », justifie la Municipalité. « C’est une réalité à laquelle on fait face depuis trois ou quatre ans. L’idée de convertir/détruire des terrains de tennis n’est pas la bonne. Gardons les infrastructures de tennis et construisons des terrains de pickleball. Si l’on croit en ce sport (pickleball), construisez-leur des sites uniques », considère Olivier Boyer-Masutti, Instructeur en chef à l’école de tennis Quarante-Zéro. Marieville confirme que la demande pour la pratique du pickleball est bien présente. « C’est un sport accessible à des personnes de tous âges et généralement moins exigeant physiquement que le tennis », compare-t-elle. La Ville ne dispose pas de données permettant de quantifier précisément l’achalandage des terrains de tennis, ceux-ci étant utilisés en pratique libre. Elle affirme qu’aucun autre emplacement ne permettait l’aménagement de nouveaux terrains de pickleball à « coût raisonnable ». « La conversion d’infrastructures existantes représentait donc la solution la plus efficace et la plus économique pour répondre à la demande », assure la Municipalité.
Les travaux représentent un investissement de 52 900 $, excluant les taxes. Ils consistent principalement à repeindre la surface et à installer de nouveaux filets afin de créer six terrains de pickleball. L’échéancier des travaux n’est pas encore connu, mais Marieville souhaite qu’ils puissent débuter vers la fin de l’été. Les amateurs de tennis pourront continuer à pratiquer leur sport sur les autres terrains disponibles à Marieville, notamment au parc Neptune et au terrain des Loisirs.
Hausse du tennis
Quelques Canadiens (hommes et femmes) se retrouvent parmi les 40 meilleurs au classement mondial des joueurs de tennis. Olivier Boyer-Masutti estime que cette réalité génère un effet d’entraînement. « Le tennis n’a jamais été aussi populaire d’un point de vue de masse, chez les jeunes et les adultes qui jouent au tennis. Depuis les cinq dernières années, j’ai vu une recrudescence exponentielle dans la participation », fait-il remarquer. L’école de tennis Quarante-Zéro est implantée dans les municipalités depuis 1993. M. Boyer-Masutti se souvient du temps où il « suppliait » la population de suivre un cours d’initiation. Les temps ont changé. « Il n’y a jamais eu un si gros boum au niveau récréatif depuis les années 90. On est en plein apogée », définit-il. L’instructeur organise des tournois provinciaux d’envergure. Il chiffre qu’il y a environ 5 ans, chez les 14 ans, il peinait à avoir 70 joueurs, garçons et filles confondus. Il les dénombre aujourd’hui à près de 210. Il l’attribue aussi à la démocratisation du sport. « De 35 à 55 ans, on n’est pas capables de fournir à la demande des citoyens pour les cours débutant et intermédiaire ». Au tout début de l’école, il avance qu’ils étaient trois ou quatre entraîneurs. Ils sont rendus 50.
Chambly
La Ville de Chambly note un changement de comportement de la part des utilisateurs en tennis. Elle mentionne que les réservations de terrains pour la pratique libre sont en baisse d’environ 20 %, alors que la pratique organisée est en forte hausse. « On parle de 300 heures d’utilisation par l’école de tennis Quarante-Zéro contre 50 heures en 2024. De plus, la pratique libre sans réservation, plus difficile à chiffrer, demeure importante. Les terrains de tennis sont souvent occupés les soirs et les fins de semaine », soutient Chambly. Parallèlement, la demande de pickleball est toujours croissante. Chambly parle d’une augmentation d’environ 15 % des heures de réservation sur ses terrains intérieurs (écoles) par le Club de pickleball de Chambly entre 2024 et 2025, ainsi qu’une hausse d’environ 85 % des heures d’utilisation de ses plateaux durant la saison estivale. À cela s’ajoute la pratique libre par les citoyens. À court terme, Chambly dit demeurer prudente dans la conversion de ses terrains de tennis. « Nous bénéficions d’un très bon ratio de terrains de tennis par habitant en comparaison avec des villes semblables. Nous souhaitons d’abord voir l’impact qu’aura l’augmentation significative de l’offre de terrains de pickleball intérieurs, autant privés que municipaux, avant de convertir nos terrains de tennis », analyse la Ville. Elle compte sur l’ajout de trois terrains intérieurs dans le Vieux-Chambly, en plus des six prévus à l’espace multisport à Carignan. « Si la demande est toujours grandissante, nous évaluerons la possibilité d’ajouter de nouveaux terrains ou de faire la conversion. »
Richelieu
Étant donné que les terrains de tennis de Richelieu sont en accès libre, la Ville ne dispose pas de données quantitatives permettant de mesurer l’évolution de la fréquentation au fil des années. « Cela dit, le tennis demeure une activité pratiquée et appréciée dans notre communauté, notamment grâce à la présence d’une ligue qui utilise les installations municipales », indique Richelieu. Elle ne recueille pas non plus de statistiques sur l’utilisation des terrains de pickleball, mais constate « un intérêt marqué pour ce sport ». Cette popularité se reflète également par la présence d’une ligue de pickleball qui organise ses activités et utilise ses installations. À ce stade-ci, aucune conversion de terrains de tennis en terrains de pickleball n’est envisagée. « Notre objectif est de maintenir une offre diversifiée d’infrastructures sportives accessibles à tous, afin de favoriser la pratique d’activités physiques et l’adoption de saines habitudes de vie au sein de la population. »
« C’est une réalité à laquelle on fait face depuis trois ou quatre ans. » – Olivier Boyer-Masutti
Carignan
La Ville de Carignan ne possède actuellement aucun terrain de tennis sur son territoire. En ce qui concerne le pickleball, elle observe également « un intérêt marqué » de la part de la population. Les deux terrains aménagés au parc du Domaine découlent d’ailleurs directement d’un projet soumis par des citoyens dans le cadre du budget participatif. Quatre terrains supplémentaires sont aménagés de façon saisonnière sur la surface de la patinoire couverte durant la période estivale, afin de répondre à l’achalandage.
La vision de Novak Djokovic
En 2024, à Wimbledon, le légendaire joueur de tennis Novak Djokovic avait dit ceci concernant l’avenir de son sport par rapport au pickleball : « Au niveau des clubs, le tennis est en danger. Si l’on ne fait rien à ce sujet, le padel et le pickleball convertiront tous les clubs de tennis. Vous avez un court de tennis. Vous pouvez aménager trois terrains de pickleball sur cet emplacement. Le calcul est simple. C’est beaucoup plus rentable pour le propriétaire d’un club de disposer de ces terrains. »
Selon le rapport annuel 2025 de Pickleball Québec, le nombre de membres est passé de 8 500 en 2022 à 18 000 en 2025. De son côté, le Rapport mondial sur le tennis 2024 de la Fédération internationale de tennis révélait que le Canada était au deuxième rang mondial pour le pourcentage de sa population qui joue au tennis, soit 12,8 %. Ce pourcentage a augmenté de 7,1 % depuis le dernier rapport paru en 2021. Il est aussi possible d’y lire que le nombre total de personnes jouant au tennis au Canada est passé de 3,9 millions en 2021 à près de 5 millions au moment de publier le rapport, soit une augmentation de plus d’un million de participants.


