Ligue professionnelle de hockey féminin

Le lancement des activités de la LPHF stimule le hockey féminin local

Le 1er janvier marque la toute première partie de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF). Un début qui ne passe pas sous silence au coeur du hockey féminin du territoire. 

La Césairoise de 13 ans, Mia Favreau, n’en est qu’à sa première saison avec les filles. La défenseuse joue pourtant au hockey depuis l’âge d’un peu moins de quatre ans. Elle mentionne considérer l’importance de l’émergence des ligues de hockey féminin. « J’aime beaucoup l’expérience. La gang est vraiment le fun », lance d’un regard pétillant la joueuse qui s’aligne chez les Remparts du Richelieu M15 AAA. 

L’adolescente ressent un attachement particulier envers la LPHF. Elle raconte que, depuis l’âge de cinq ans, elle a un lien privilégié avec Marie-Philip Poulin, joueuse de l’équipe montréalaise, souvent décrite comme la Wayne Gretzky du hockey féminin. « C’est ma marraine de hockey. Je l’ai vue plusieurs fois. Elle m’a donné des bâtons. J’ai plein de souvenirs d’elle », décrit avec enthousiasme l’étudiante de l’école secondaire du Verbe Divin.

« Les joueuses vont pouvoir gagner des sous, pas des millions comme les garçons, mais elles pourront faire ce qu’elles aiment et en vivre. » – Mia Favreau

Mia Favreau voit d’un bon œil la venue de la LPHF. « Les joueuses vont pouvoir gagner des sous, pas des millions comme les garçons, mais elles pourront faire ce qu’elles aiment et en vivre », estime la hockeyeuse de Saint-Césaire. 

La Chamblyenne de 14 ans, Audrey Tremblay, joue au hockey depuis l’âge de cinq ans. De son côté, l’attaquante des Remparts du Richelieu M15 AA a joué avec les garçons jusqu’à l’âge d’environ dix ans. « Je trouve ça bien de savoir que, dans le futur, je pourrais gagner ma vie, si je m’y rends », exprime celle qui fréquente l’école secondaire Fadette.

Alexandre Beaudoin, gouverneur des Remparts du Richelieu AA/AAA, accueille à son tour à bras ouverts la venue de la LPHF. Il soulève une option supplémentaire pour les femmes, outre le collégial ou l’universitaire. « Tu n’as plus juste Team Canada, qui est assez restreint. Ça donne la chance de jouer professionnel et d’être payée », met de l’avant le gouverneur, en poste depuis la saison 2019-2020.

Il voit les joueuses actuelles de la LPHF comme celles qui ouvriront la voie aux joueuses qui grandissent au sein des Remparts du Richelieu. « Elles défrichent. Elles gagnent des salaires peut-être moindres, mais quand mes filles vont arriver dans cinq, six ou sept ans, le revenu moyen sera peut-être de 150 000-200 000 $. Ça deviendra vraiment intéressant », visualise Alexandre Beaudoin.

Une visibilité à gagner

Ce sont six équipes qui façonnent pour le moment la LPHF. Montréal, Toronto, Ottawa, Boston, New York et Minnesota y sont représentées. Cela rappelle les « Original Six » de la Ligue nationale de hockey (LNH) désignant les six équipes formant la LNH de 1942 à 1967, avant son expansion.

Les parties de l’équipe montréalaise de la LPHF sont notamment diffusées à Radio-Canada et à RDS. Une visibilité plus assumée par les réseaux semble se dessiner pour le hockey féminin. « Il faut se battre, mais il faut se battre moins qu’avant. Le fait que ces grandes chaînes embarquent dans le projet, c’est vraiment positif », affirme M. Beaudoin.

« Je trouve que les filles pourraient prendre un peu plus de place. Peut-être qu’avec le temps, on les verra autant que les gars à la télé », souhaite Mia Favreau.

« Pour l’instant, la LPHF, ce n’est pas encore populaire, mais d’après moi, ça va augmenter. Ce n’est que le commencement », prévoit Audrey Tremblay.

Un effet ressenti

L’effet de la LPHF se fait sentir sur les joueuses. Alexandre Beaudoin confirme que le sujet alimente les discussions des joueuses sous sa gouverne. « Depuis le camp d’entraînement et le repêchage, on sent l’engouement. Les filles en parlent de plus en plus », avance-t-il. Il renchérit sur le fait que des parents ont même acheté des billets de saison. Des joueuses ont été présentes pour le match d’ouverture. Des membres de l’association assisteront d’ailleurs, avec l’une des équipes, au match de ce soir de Montréal contre Toronto. De son côté, Mia Favreau confie suivre « pas mal » la LPHF.

Les deux athlètes nomment unanimement, sans l’ombre d’une hésitation, Marie-Philip Poulin à titre de joueuse préférée. L’attaquante Audrey Tremblay s’y compare. « Elle est une scoreuse et moi aussi », déclare-t-elle. La Césairoise et la Chamblyenne participeront aux Jeux du Québec, qui se dérouleront du 1er au 9 mars, à Sherbrooke. Mia représentera Richelieu-Yamaska, alors qu’Audrey Tremblay jouera, quant à elle, avec la Rive-Sud, secteur de Montréal.

Effet sur les inscriptions

Alexandre Beaudoin chiffre à 594 le nombre d’inscriptions reçues pour la saison en cours. Ce nombre fait de l’entité l’une des plus importantes associations de hockey féminin au Québec. L’essor de la LPHF pourrait avoir un effet considérable sur l’expansion du sport. « C’est certain que ça va amener les petites filles à s’inscrire », assure l’homme, qui note déjà une hausse des inscriptions.