Chambly : un camarade du secondaire se souvient de Claude Lemieux
Le décès de l’ancien hockeyeur Claude Lemieux a créé une onde de choc. Jean-Guy Campeau, un Chamblyen, se souvient bien de lui alors qu’ils jouaient ensemble au football, à l’école polyvalente Saint-Joseph de Mont-Laurier.
L’ancien joueur des Canadiens, Claude Lemieux, a porté le flambeau lors de la présentation du match du 25 mai dernier, au Centre Bell. L’ex-numéro 32 a reçu une émouvante ovation. Trois jours plus tard, on apprenait qu’il s’était enlevé la vie à l’âge de 60 ans.
Ça peut brasser
Celui qui a remporté les séries de la Coupe Stanley à Montréal, au Colorado et deux fois au New Jersey savait déranger ses adversaires. Jean-Guy Campeau l’a côtoyé à quelques reprises dans sa vie. Le Chamblyen a tout d’abord joué avec lui au football à l’école polyvalente Saint-Joseph de Mont-Laurier, avec les Éperviers. « Je n’étais pas gros, mais personne ne pouvait me toucher. On avait commencé à m’écoeurer un peu. Disons que le gars en question s’est fait brasser. Il m’a protégé », se souvient M. Campeau, défendu par Claude Lemieux.
Jean-Guy Campeau, alors président des étudiants, revient sur un élève de l’école qui en menait large auprès de ses homologues. « Il avait les cheveux longs, chemise de chasse, on l’appelait le freak. Il bavait tout le monde et ne s’en cachait pas », décrit le Chamblyen. Il ajoute que personne ne réagissait. « Claude s’est levé et l’a secoué un peu », décrit-il. Avec ce geste, Lemieux a mérité une visite chez le directeur. « J’ai expliqué au directeur que le gars l’avait cherché. Claude ne méritait pas de sanction. Le directeur m’a regardé et s’est esclaffé en me disant que l’on aurait la paix pour un bout de temps », relate Jean-Guy en riant.
Un souvenir dont on se passerait
En 1980, Claude a laissé sa marque sur Jean-Guy Campeau. Dans le cadre d’une séance d’entraînement de football, il devait traverser avec le ballon. Il s’est avéré que c’était Claude Lemieux, face à lui, qui se trouvait à le bloquer. « Il m’a fait un claquage. Quarante-cinq ans après, je m’en ressens encore. C’est un souvenir, mais le genre de souvenir dont je me serais passé », raconte-t-il, toujours avec le sourire.
Présent sans invitation
En 1995, Claude Lemieux a mis la main sur la coupe Stanley, avec les Devils du New Jersey. Il a aussi raflé le trophée Conn-Smythe, remis au joueur ayant été le plus utile des séries éliminatoires. Une réception en son honneur a eu lieu à Mont-Laurier. De sa propre initiative, Jean-Guy Campeau s’est rendu sur place. « Je me suis pointé à la salle, sans invitation », situe l’homme audacieux. Après la signature de photos, Lemieux lui a fait signe. « Nous allons dans un coin de la pièce. Claude me demande de le prendre en photo avec les trophées et ses garçons. Je suis fier de ces photos. Lundi (la portée du flambeau), j’aurais vraiment aimé le revoir une dernière fois. J’ai le coeur gros. C’est la vie. »
Quand Jean-Guy Campeau a vu Claude Lemieux apparaître avec les Canadiens de Montréal en 1986, un grand sentiment de fierté l’a envahi. Il collectionne les coupures de journaux et autres artefacts sportifs, dont certains concernent Claude Lemieux et portent sa signature. Lorsqu’il a vu l’ancien hockeyeur à la télévision porter le flambeau, il a été frappé. « J’ai regardé ses yeux.
Je ne peux pas te dire pourquoi, mais j’avais un pressentiment que quelque chose n’allait pas », a-t-il observé. Après avoir ressassé quelques souvenirs, Jean-Guy Campeau conclut. « Il voulait toujours gagner. C’était un gars intense. C’était une grande gueule, pas méchant. Mais c’était tellement un gars qui avait le coeur sur la main », laisse-t-il planer avec quelques instants de silence.


