Chambly: troisièmes Jeux olympiques pour la gardienne étoile

La Chamblyenne et gardienne de but de la Victoire de Montréal, Ann-Renée Desbiens, en sera à ses troisièmes Jeux olympiques, à Milan-Cortina. À sa position, elle est devenue le choix incontournable de l’équipe nationale.

Ann-Renée Desbiens demeure à Chambly depuis environ trois ans. L’une de ses tantes y vit. Elle a donc eu l’occasion de découvrir le lieu avant de s’y établir avec son conjoint. La gardienne étoile confie affectionner particulièrement le Vieux-Chambly, où elle se promène surtout lors de la période estivale.

Gardienne par obligation

Son amour pour la position de gardienne de but s’est développé autour de sa soeur et ses trois frères, tous plus âgés qu’elle. « En étant la plus jeune de la famille, quand on jouait au hockey dans le sous-sol, j’étais toujours la gardienne de but désignée. Pas par choix, mais par obligation », expose Ann-Renée Desbiens avec le sourire. 

Elle a vécu sensiblement la même chose au hockey mineur. « J’étais la plus jeune de l’équipe. Personne ne voulait être gardien de but. Étant donné que je goalais dans le sous-sol chez moi, l’entraîneur m’a placée là. Ça n’a pas fini si pire que ça pour moi », observe aujourd’hui la cerbère de l’équipe canadienne.

La cerbère du pays

Elle a grandi en regardant les Patrick Roy et Carey Price. Encore en développement à ce jour, la visibilité du hockey féminin était alors faible. 

La Chamblyenne, originaire de Charlevoix, a joué du côté masculin jusqu’au junior. Elle est ensuite passée à l’Université du Wisconsin, avec les femmes. Sur la scène internationale, la légendaire Kim St-Pierre a tracé la voie dans le filet d’Équipe Canada. Desbiens chausse désormais ses patins et a repris le flambeau avec brio. Elle en sera à ses troisièmes Jeux olympiques à titre de gardienne de but de l’équipe féminine du pays. « C’est vraiment un honneur. Quand je me suis rendu compte que l’équipe nationale, c’était possible, je voulais juste faire partie de l’équipe. Éventuellement, tu veux être la gardienne de but de confiance. Mes années d’efforts et ma constance m’ont permis de me mériter ce rôle. Mais, à ce niveau-là, tu ne peux rien tenir pour acquis », considère celle qui profite de chaque instant.

Une parité à instaurer

À l’international, la parité existe entre les équipes masculines de hockey. Chez les femmes, seules les Canadiennes et les Américaines dominent. La rivalité entre les deux nations a d’ailleurs mis en scène d’épiques duels au fil des 25 dernières années. Pour expliquer cette absence de parité, Ann-Renée Desbiens situe que le hockey féminin n’est devenu une discipline olympique qu’en 1998. « Ça ne fait pas si longtemps. C’est encore très récent, comparativement au hockey masculin. Ça va prendre du temps avant d’arriver à cette parité. On voit du progrès dernièrement », remarque la sportive. Elle indique que, dans la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF), de plus en plus de joueuses viennent d’ailleurs que l’Amérique du Nord.

En matière de parité, il en existe dans la LPHF. La gardienne en est à sa troisième saison avec la Victoire de Montréal. Lors de ses deux premières campagnes, elle a présenté d’impressionnantes statistiques en termes de moyenne de buts alloués et de pourcentage d’arrêts. Cette année, elle affiche des chiffres encore meilleurs, avec une moyenne de 1,26 et un pourcentage d’arrêts de .951 (au moment d’écrire ces lignes). Devant l’exploit, elle garde la tête froide. « Ce n’est pas la chose à laquelle j’accorde le plus d’attention. Le plus important, ce sont les victoires et les points au classement. Oui, quand tu donnes peu de buts par match, ça aide à gagner, mais j’échangerais toutes ces statistiques contre une coupe Walker à la fin de l’année », convient l’athlète. 

Une vague qui prend de l’ampleur

Le hockey féminin continue de tailler sa place. Les jeunes filles ont désormais des points de repère et des modèles sur lesquels s’appuyer. « Ma filleule de six ans grandit en voyant des filles qui jouent au hockey à la télé. Ça devient la norme. Elle n’a pas eu besoin de se poser de questions quand elle a dit à ses parents qu’elle voulait jouer au hockey », dépeint Mme Desbiens. Elle nuance que l’erre d’aller ne concerne pas que les jeunes filles. « Il y a aussi des personnes âgées qui nous suivent et qui nous disent qu’elles n’ont pas eu l’opportunité que nous avons aujourd’hui, et qui auraient aimé l’avoir. Elles sont contentes pour nous et se reconnaissent à travers nous », identifie-t-elle. À titre d’ambassadrice, la Chamblyenne fait partie des joueuses qui contribuent à ce que la vague continue à prendre l’ampleur. 

Concernant les Jeux olympiques, l’aréna Santa Giulia a été au cœur des préoccupations en raison des retards de construction et d’autres problèmes. Il est presque prêt. « À chaque Jeux olympiques, il y a des constructions qui ne sont pas finies. Il y a toujours un petit peu de chaos. Pour nous, qui l’avons déjà vécu, on sait que ça va être prêt. C’est toujours comme ça. Ça fait partie de l’expérience », termine l’habituée de l’aventure olympienne.