Chambly : plateau des 100 victoires pour Joël Perrault avec l’Océanic de Rimouski
Joël Perrault, entraîneur-chef de l’Océanic de Rimouski dans Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ), a signé sa centième victoire en carrière. Il devient le quatrième entraîneur de la concession à réaliser l’exploit.
Joël Perrault démarre sa quatrième saison à la barre de l’Océanic de Rimouski, dans la LHJMQ. Le Chamblyen a signé sa centième victoire en carrière, en écrasant les Cataractes de Shawinigan par la marque de 13 à 2. « Ce n’est pas une statistique dont j’étais au courant, nous confie-t-il, sourire en coin. Dans le coaching, les journées et saisons passent vite. Ça me fait réaliser à quel point les trois dernières années ont déboulé rapidement. Avec un pas de recul, c’est un plateau qui est le fun et intéressant. C’est un travail d’équipe », rappelle l’ancien joueur de la LNH.
Continuer de s’améliorer
« D’année en année, je m’améliore. La beauté dans ce métier, c’est que tu peux toujours apprendre », observe Joël Perrault. Il met de l’avant l’importance de savoir écouter et d’accueillir l’opinion d’autrui. « Il faut être ouvert à parfois changer de philosophie. Tu ne peux pas juste penser que tu as la solution absolue. C’est dans ma personnalité de travailler en équipe et d’aller chercher des réponses quand je ne les ai pas », considère Joël Perrault. Il ajoute également qu’il faut demeurer soi-même. « J’ai des valeurs qui sont extrêmement importantes. On le fait tous par passion, mais, pour moi, respecter les joueurs et les aider à se développer au hockey, mais aussi dans la vie, prend le dessus sur n’importe quel résultat. »
Longue séquence de défaites
Pour atteindre la marque de cent victoires, Joël Perrault soulève « la chance » d’avoir eu des équipes de qualité au fil de deux saisons et demie, « sans rien enlever aux jeunes » de la demi-saison manquante. Lors de ses deux premières saisons, Perrault a présenté un dossier de 37 victoires (V), 26 défaites (D) et 5 défaites en prolongation (DP), suivi de 46 V, 14 D, 2 DP et 2 défaites en fusillade.
Il était attendu que la troisième saison soit plus difficile, en raison de la jeunesse des joueurs. Pourtant, avant les Fêtes, l’équipe allait bien. Cependant, à un certain moment, la chaîne a débarqué. L’équipe a vécu une séquence de 25 défaites. La relation entre le Canada et les États-Unis a eu un rôle à jouer. L’équipe a eu à faire un virage drastique en termes d’effectifs sur la glace.
Il s’agissait pour Perrault d’une première expérience de la sorte, autant à titre de joueur que d’entraîneur. « C’était extrêmement difficile. Je ne m’en suis jamais caché. Tu n’anticipes pas de perdre autant de matches, mais c’est surtout de la façon dont on les perdait », se souvient-il. Le gaillard soutient s’être rabattu sur « l’aspect plaisir » de venir jouer à l’aréna, malgré le contexte. « J’ai trouvé qu’on l’a bien fait, mais ça a été un gros challenge. Tu te remets en question. Tu te demandes si ce que tu fais fonctionne », reconnait l’homme.
Avec le personnel de l’équipe, il a profité de la saison morte pour faire des validations et repartir sur une base solide. « Ça a peut-être même piqué mon orgueil pour revenir encore plus prêt en août. Ça t’emmène à être très résilient dans ton quotidien. C’est le genre d’expérience qui va me servir longtemps, même si je ne la souhaite à personne », convient-il en riant. Son club connait d’ailleurs un départ explosif. L’Océanic affiche 4 V, 1 D et 1 DP, et comptabilise 34 buts. « Ce n’était pas attendu. On a du talent et du gabarit. J’aime où on s’en va, mais on est encore une équipe jeune. Il faut tempérer les attentes et rappeler qu’on a beaucoup de choses à travailler. On garde les pieds sur terre. Il y a une belle naïveté dans ce groupe qui fait en sorte que les gars croient à ce qu’on leur vend et ont embarqué dès la première journée », décrit-il.
Date d’échéance
« C’est fou. J’ai encore l’impression qu’il faut presque que je me pince pour dire que c’est moi l’entraîneur de l’Océanic. C’est une fierté, en espérant que ça dure encore plusieurs saisons », souhaite M. Perrault. Il le sait, un poste d’entraîneur, ça vient avec une date d’échéance que l’on ne connait pas. Il s’exprime sur ce que ça représente que de vivre avec ce couperet. « C’était un peu plus présent dans ma tête lors de ma première année, car je commençais. Je voulais montrer que j’étais de niveau et, quand tu n’as pas encore fait tes preuves dans une ligue, les gens vont t’évaluer encore plus », établit-il.
Lors de sa deuxième saison, sa femme et ses enfants ont quitté Chambly et l’ont rejoint dans le Bas-Saint-Laurent. « Si ça ne fonctionne, l’échec est un peu plus grand, disons ». Les succès de sa deuxième saison lui ont toutefois donné confiance ainsi qu’à l’organisation. Il a même atteint le prestigieux tournoi de la Coupe Memorial. L’an dernier, il a signé une prolongation de contrat d’une durée de quatre ans. « Ça me rend un peu plus confortable dans mes décisions, mais n’en demeure pas moins que c’est une réalité qui existe (congédiement). Ce n’est pas quelque chose que je contrôle. Si éventuellement c’est une situation que je dois vivre, je ne serai pas le premier. Ensuite, je crois en mes moyens et en ce que je fais », mentionne l’homme, d’une humilité teintée de confiance.
Joël Perrault a toujours sa maison à Chambly. Cet été, il est venu passer du temps avec ses parents, aussi à Chambly. Il en profite pour renouer avec ses amis ainsi que la ville qu’il affectionne encore.


