Le 40e anniversaire du Club d'échecs de Chambly

Chambly : les échecs : brûler des calories en étant assis 

Le Club d’échecs de Chambly a tenu son traditionnel tournoi du Gladiateur IV au Pôle culturel de Chambly. L’événement phare de la région a permis notamment à Thomas Roussel-Roozmon de se démarquer. 

Le tournoi du 40e anniversaire du Club d’échecs de Chambly, le Gladiateur IV, a rassemblé pas moins de 87 joueurs. Jeunes et moins jeunes (7 à 77 ans) sont venus d’un peu partout au Québec pour s’affronter dans une ambiance aussi compétitive que conviviale, au Pôle culturel de Chambly.

Aldo Lelièvre, président de l’organisme, soutient que le Grand Maître, Thomas Roussel-Roozmon, les Maîtres internationaux, Olivier-Kenta Chiku-Ratté et Thanh Nha Duong, ainsi que les jeunes maîtres, Hugo Guillemette et Nikita Kraiouckine, ont livré des performances de haut calibre. Dans la Section A – Ouverte, Thomas Roussel-Roozmon (4.5/5) a terminé premier. Il a été suivi d’Olivier-Kenta Chiku-Ratté (4/5) et de Hugo Guillemette (3.5/5). En Section B, la victoire a été partagée entre Ruochong Han et Sébastien Bergeron. En Section C, Cédric Sansfaçon s’est imposé brillamment avec le seul score parfait du tournoi : 5/5. Quelques jours après l’événement, le Club d’échecs de Chambly a reçu de la grande visite en Than Nha Duong, Maître international, qui a offert une conférence.

Est-ce un sport?

Des calories sont brûlées lorsqu’on joue aux échecs. Aldo Lelièvre rappelle toutefois que les échecs ne sont pas reconnus comme un sport olympique. « Le Comité international olympique reconnaît un sport de l’esprit », nuance-t-il. Ici, la Fédération québécoise des échecs est reconnue comme un organisme sportif et bénéficie des mêmes avantages que les autres organismes sportifs, comme des subventions. En France, la Fédération française des échecs a obtenu du Ministère des Sports la reconnaissance du haut niveau pour la première fois de son histoire en décembre 2024. Plusieurs autres pays reconnaissent aussi les échecs comme étant un sport.

Bienfaits de l’entraînement physique

Le président du club soutient que pour les joueurs de compétition, l’entraînement physique est important, surtout pour les compétitions de haut niveau. « Pour le joueur moyen comme moi, l’exercice physique régulier permet une meilleure oxygénation du cerveau », indique-t-il. Certaines parties peuvent durer plus de six heures. « Il faut vraiment avoir une bonne forme pour pouvoir rester alerte et concentré pendant tout ce temps », fait remarquer M. Lelièvre. Il se souvient d’avoir joué un tournoi de cinq parties, à Trois-Rivières, en 2013. « Malgré mon humble niveau de compétition, je jouais dans la section B. Ces cinq parties ont toutes duré plus de six heures chacune. Heureusement, j’étais plus en forme et je m’entraînais plus régulièrement. Ça m’a permis de terminer le tournoi en battant des joueurs plus forts que moi », met en reflet M. Lelièvre. Il donne l’exemple de Magnus Carlsen, champion du monde de 2013 à 2023. « Il ne s’entraîne pas comme un athlète, mais assez pour que son corps ne devienne jamais un handicap. Son approche est utilisée par la plupart des joueurs de sa génération : cardio régulier, entraînement en salle, soccer, tennis, etc. » 

Diverses méthodes d’entraînement

Aldo Lelièvre compare l’entraînement physique d’un joueur d’échecs à un entraînement qui correspond au guide d’activité physique canadien, qui recommande une heure d’activité par jour. « À défaut d’être un joueur de la Ligue nationale de hockey, qui se doit d’avoir un cardio et une alimentation hors pair, un joueur d’échecs se doit d’avoir une forme physique respectable. C’est comme une personne travaillant dans un bureau. Les médecins recommandent de bouger, dans la mesure du possible, afin d’éviter les problèmes de santé. »

Au niveau élite, outre Carlsen, Fabiano Caruana, 3e mondial, utilise passablement la même méthode, soit un entraînement régulier qui met l’accent sur l’endurance. Quant à lui, Hikaru Nakamura, 2e mondial, fait du sport occasionnel mais privilégie surtout le sommeil, l’alimentation et la récupération.

« La nouvelle génération de joueurs préconise un entraînement physique qui est plus structuré et axé cardio-mobilité. Dommaraju Gukesh, 20 ans et actuel champion du monde, adopte un entraînement très encadré. La méditation fait aussi partie de sa routine, elle lui permet de travailler sur son stress », relate Aldo Lelièvre.

De nombreux bienfaits sur le jeu

Si l’on parle strictement d’un point de vue échecs, Aldo Lelièvre affirme que l’entraînement physique permet une meilleure endurance en tournoi. « Le corps se fatigue moins vite. » Il offrira aussi une concentration accrue et une meilleure gestion du stress. « Une bonne forme physique favorise un sommeil de qualité, ce qui est essentiel pour la concentration et la prise de décision rapide », complète-t-il.

Bien qu’être en forme ne rende pas un joueur meilleur en stratégie ou en tactique, cela améliore sa concentration, sa force mentale et sa capacité à prendre de bonnes décisions, notamment sous pression. « J’ajouterais qu’un joueur en meilleure forme est moins enclin à faire des erreurs et, comme le dit l’adage aux échecs, le gagnant est celui qui fait l’avant-dernière erreur », termine Aldo Lelièvre.

Parmi les bienfaits de ce sport, la pratique du jeu d’échecs permet de réduire les risques de développer la maladie d’Alzheimer. Au Québec, très peu de personnes vivent directement des échecs.